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Revue de presse Afrique

A la Une: la présidentielle en Tunisie

Audio 04:29
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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On s’achemine vers un deuxième tour, avec un face à face attendu : Beji Caid Essebsi contre Moncef Marzouki. Selon plusieurs sondages de sorties des urnes publiés hier soir par les télévisions tunisiennes, et rapportés ce matin, par les médias tunisiens, notamment le site d’information Webdo, Beji Caid Essebsi, le candidat de Nidaa Tounes occuperait la première place, avec un score compris entre 42,2 et 47,8% des suffrages. Moncef Marzouki, le président sortant, obtiendrait lui entre 26,9 et 32,6% des voix.

Par ailleurs, le quotidien La Presse annonce un taux de participation de 64,4%.

Et dès hier soir, la campagne est repartie sur des chapeaux de roues… « Marzouki se voit déjà au deuxième tour, rapporte le site d’information Tunisie Numérique, et il a l’intention de commencer le travail le plus tôt possible. » En effet, « échaudé par le deuxième classement qu’il a pu obtenir, bien que son directeur de campagne parle de premier rang, le président sortant a tenu à reprendre la compétition illico-presto, en défiant, dans sa première intervention après le scrutin, son rival du deuxième tour, Béji Caid Essebsi, en l’invitant à travers les réseaux sociaux, à un débat télévisé, poussant la délicatesse jusqu’à l’inviter à ne pas se dérober devant cette proposition. Sous cet angle, relève Tunisie Numérique, les débats s’annoncent plutôt chauds par rapport à ceux du premier tour. »

Dans le sens de l’Histoire

Alors quel que soit le vainqueur, le futur président devra « placer son fauteuil dans le sens de l’Histoire », estime le quotidien Le Temps. Le Temps qui se pose beaucoup de questions… « Dans la situation du pays, le futur président sera-t-il appelé à aller plus loin que les limites techniques qui lui sont imposées par la Constitution, pour jouer un rôle plus grand en tant que dépositaire d’une vision pour la Tunisie ? Avec une Chambre des députés du peuple dont la composition n’accorde pas de majorité confortable au premier parti, que doit-il faire, qu’il soit de la même famille de ce parti ou de la famille opposée ? Les scénarios ne sont pas nombreux, mais la conjoncture et les attentes des électeurs, ne devront-elles pas imposer au futur président de chercher une majorité présidentielle ? Saura-t-il épargner le pays de certaines crises ? »

Tour de force démocratique

En tout cas, les journaux des pays voisins saluent cette élection tunisienne, à commencer par le quotidien Liberté en Algérie : « Pratiquement à genoux sur tous les plans au lendemain de la chute du régime totalitaire de Zine El-Abidine Benali, la Tunisie aura réussi le tour de force de mettre en place les outils permettant d’aboutir à un système démocratique, pointe le quotidien algérien, en témoigne la mise en place de l’Instance supérieure indépendante des élections, qui garantit une neutralité vis-à-vis des candidats à la magistrature suprême. Il faut croire que son rôle aura été déterminant dans le déroulement dans de bonnes conditions des élections législatives, au point que même les islamistes d’Ennahdha, donnés pourtant favoris mais grands perdants du scrutin, n’ont pas trouvé à redire sur la gestion de l’opération. Le résultat, relève encore Liberté, est que la Tunisie s’est dotée d’une véritable démocratie permettant aux Tunisiens de voter librement depuis l’indépendance de leur pays en 1956. »

En effet, complète La Tribune, toujours en Algérie, « les Tunisiens ont pris des garanties afin d’éviter un retour à la dictature puisque la nouvelle Constitution n’accorde que des prérogatives assez limitées au président. […] Le vainqueur sera appelé à présider la Tunisie pendant cinq ans, un mandat renouvelable une seule fois. Durant son mandat, le prochain président tunisien aura du pain sur la planche. Ce dernier devra être garant de l’unité nationale, capable de mettre de côté les différends politiques pour garantir les équilibres entre les différents courants et de faire face aux défis socio-économiques et sécuritaires que connaît la Tunisie. »

A quand la relève ?

Enfin, cette remarque du site d’information burkinabé Fasozine : « ce n’est pas encore le temps d’une nouvelle génération de politiques en Tunisie et pour cause. Le grand favori du scrutin n’est autre qu’un vieux de la vieille, un ancien cadre des régimes d’Habib Bourguiba et de Ben Ali. Agé qui plus est de 88 ans. S’il venait à remporter la présidentielle, il ne risque pas de faire plus d’un mandat à la tête de l’Etat. Le choix de Beji Caïd Essebsi, alias “Beji” apparaîtra aux Tunisiens comme une manière de tirer du nouveau vin dans de vieilles outres. » En tout cas, conclut Fasozine, en attendant une nouvelle génération, « c’est toute la Tunisie qui reprend goût à la politique. Et cela est nécessairement une bonne nouvelle qui devrait donner à la démocratie ses lettres de noblesse dans ce pays qui s’ouvre désormais à tous les possibles. »

 

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