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Aujourd'hui l'économie

France-Travail: le rapport Pisani-Enderlein prône plus de flexibilité

Audio 03:22
Jean Pisani Ferry.
Jean Pisani Ferry. Reuters

Le rapport Pisani-Enderlein pour relancer la croissance prône plus de flexibilité du travail en France. Il y a quelques semaines les ministres français et allemand de l'Economie ont commandé un rapport à deux économistes - le Français Jean Pisani Ferry et l'Allemand Henrik Enderlein - un rapport sur les moyens de relancer la croissance en Europe.

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Avant même sa remise officielle, les fuites parues dans la presse ont fait bondir. On ne touche pas aux 35 heures, ont entonné en chœur plusieurs ténors du Parti socialiste après les fuites parues dans la presse sur le rapport Pisani-Enderlein. Les 35 heures ne seront pas remises en cause, pas même assouplies, assure Jean-Christophe Cambadélis, le Premier secrétaire du PS, la porte est fermée, et il vaudrait mieux que l'on se concentre sur la relance européenne plutôt que de rogner les acquis !

Selon les informations parues dans le magazine allemand Der Spiegel, le rapport des deux économistes bousculerait les tabous et proposerait des mesures-choc, en France notamment : un gel des salaires sur 3 ans pour rendre les entreprises plus compétitives ; une plus grande flexibilité du travail ; et un assouplissement des 35 heures, la sacro-sainte réduction du temps de travail mise en place il y a plus de 10 ans avec les lois Aubry de 1998 et 2000. Intouchable officiellement, cela fait des années que certains à gauche, des ténors de la droite, et de grandes voix du patronat, présentent cette réforme comme un des fardeaux de l'économie française. Un handicap à sa compétitivité et à sa croissance. Elle a aussi donné à la France l'image d'un pays où l'on n’aime pas travailler.

L’assouplissement des 35 heures, c'est un cheval de bataille d'Emmanuel Macron

Rien que la semaine dernière devant les députés, le ministre de l'Economie déclarait : les 35 heures ont été un progrès qu'il faut faire respirer aujourd’hui vers plus de flexibilité. C’est sa marotte, libérer l'activité, et il n'est pas le seul au sein du gouvernement sur cette ligne-là. François Rebsamen, le ministre du Travail aussi plaide pour plus de souplesse. Quand à Manuel Valls, le Premier ministre, dès janvier 2011 puis pendant la campagne des primaires socialistes pour la présidentielle, il avait estimé que si la gauche revenait au pouvoir, il lui faudrait déverrouiller les 35 heures.

Au-delà du courage politique indéniable qu'il faudrait pour abroger les 35 heures, il faut aussi garder à l'esprit que son introduction a été l'occasion pour les entreprises de négocier en contrepartie une organisation du temps de travail plus flexible, avec des semaines à 32 heures, d'autres à 39 Heures, des RTT imposées, qui se substituent aux jours de congés traditionnellement posés en période de fête par exemple. Y renoncer obligerait à recommencer des négociations, difficiles, épineuses, et dont l'issue est pour le moins incertaine. Ce rapport c'est peut-être l'occasion d'arrêter de parler d'une suppression des 35 heures pour se concentrer sur un réaménagement en profondeur de la réduction du temps de travail.

Plus de flexibilité du travail, et surtout plus d'investissement tant en France qu'en Allemagne

Le rapport encouragerait Berlin à doubler ses investissements en Allemagne, dans les infrastructures notamment. Un effort supplémentaire de 20 milliards d'euros d'ici 2018 pourrait être annoncé, au lieu des dix milliards prévus jusqu'à présent. Problème : l'investissement s'il est bon a priori pour la croissance ne l'est pas pour les finances publiques. Or la CDU, le parti de la chancelière allemande Angela Merkel, est très attachée à l'équilibre budgétaire. Preuve en est, s'il en fallait encore une, lundi Wolfgang Schäuble le ministre allemand de l'Economie, CDU, a suggéré d'accorder à Bruxelles un droit de veto sur les budgets qui ne respectent pas les critères de stabilité européens, parmi lesquels le budget français.

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