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Revue de presse française

A la Une: les patrons jouent-ils le jeu?

Audio 06:32
AFP

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Assurément non, s’indigne Libération ce matin… Avec ce grand titre : « les patrons, ces ingrats ». Libération qui s’agace donc de ces patrons qui ont obtenu beaucoup de la part du gouvernement mais qui ne donnent rien, notamment en matière d’emploi.

« François Hollande a décidé il y a un an, rappelle le journal, de passer un compromis historique avec le secteur privé, sous forme d’un échange de bons procédés : j’allège vos charges, j’assouplis vos contraintes, je simplifie vos tâches administratives et vous embauchez. Mécontentant ses soutiens, mais prenant aussi acte de l’évolution de l’opinion de gauche, bien moins hostile à l’entreprise que naguère, les gouvernements Ayrault et Valls ont aligné les concessions aux demandes patronales. Que reçoit Hollande en contrepartie ? Une gifle, s’insurge Libération. Pierre Gattaz, tête dure et esprit étroit, l’homme qui est au Medef ce qu’Henri Krasucki était naguère à la CGT, lance une mobilisation outrancière contre le gouvernement, refuse toute contrepartie aux mesures dont il bénéficie et se contente de répéter comme un moine tibétain la litanie des revendications patronales les plus éculées. Fait-il de l’économie ou de la politique ? La question se pose, fulmine encore Libération. Il voudrait se mettre au service de l’UMP pour servir de supplétif dans la reconquête programmée par la droite, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. »

Analyse différente pour Le Figaro… « L’exécutif, qui estime prendre des risques en allégeant de 40 milliards les prélèvements des sociétés et en tenant un discours pro-entreprises, se sent lâché. De fait, reconnaît le quotidien d’opposition, jamais un gouvernement n’a fait un tel effort. Et il est vrai que seules trois branches – chimie, métallurgie et matériaux de construction – ont négocié des contreparties au pacte de solidarité. Néanmoins, relève Le Figaro, les entreprises n’ont perçu en 2014 qu’un début de crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) : les baisses de charges et d’impôts s’étaleront jusqu’en 2017. En parallèle, la majorité a voté le compte pénibilité ou l’obligation d’informer les salariés en cas de cession de l’entreprise. D’où la colère des chefs d’entreprise, que Pierre Gattaz ne peut ignorer. […] Ni le Medef ni le gouvernement n’ont intérêt à la rupture, estime encore Le Figaro. La pression devrait donc retomber. »

Retour à la IVe République ?

On reste avec Le Figaro et ce sondage sur d’éventuelles législatives… « La gauche serait laminée », s’exclame le journal. En effet, « selon ce sondage CSA, si l’Assemblée devait être renouvelée aujourd’hui, l’opposition UMP-UDI y décrocherait près de 500 sièges sur 577. En revanche, l’instauration de la proportionnelle ferait entrer massivement le FN à l’Assemblée et, estime Le Figaro, mènerait tout droit au blocage institutionnel. »

Alors attention, prévient le quotidien d’opposition : « on sait que des proches de François Hollande lui conseillent un tel stratagème. Il est clair qu’il s’agirait de la politique du pire. La proportionnelle ? Ce serait un retour à la IVe République et à tous ses errements. Les médiocres jeux politiciens, les alliances d’intérêt ou de circonstance, les petites compromissions, le barnum au quotidien. Dans une France qui compte plus de 3,5 millions de chômeurs. Cocktail détonnant. »

Coup d’épée dans l’eau ou impulsion ?

Dans les journaux également, l’appel des députés au gouvernement à reconnaître l’Etat palestinien… « Une reconnaissance à pas comptés », s’exclame La Croix en première page. La Croix qui estime que « cette résolution se veut plus symbolique qu’effective. […] Ces démarches de reconnaissance de la Palestine, venues de France ou d’ailleurs, sont le signe de l’exaspération de pays pourtant traditionnels soutiens d’Israël devant l’enlisement de la situation et la poursuite des colonisations par le gouvernement israélien, relève le quotidien catholique. Malgré les responsabilités du Hamas dans les violences, la brutalité de la riposte israélienne, cet été, à Gaza et le nombre de victimes civiles, comme l’échec des longs pourparlers menés sous l’égide du secrétaire d’État américain John Kerry, découragent les Européens. Sous l’impulsion de la France, ils devraient présenter un projet de résolution à l’ONU pour relancer les négociations de paix, en fixant un délai et une nouvelle date limite pour la création d’un État palestinien. Cette procédure-là, estime La Croix, si elle pouvait obtenir le soutien des États-Unis, serait d’une autre portée et, souhaitons-le, plus incitative que le signal envoyé hier, mardi 2 décembre par une partie des députés français. »

Plus encore, pour certains éditorialistes, ce vote serait contre-productif… C’est ce qu’estime notamment La Voix du Nord, « le vote du parlement français après celui d’autres parlements européens, aura plutôt pour effet de crisper un peu plus les positions car cette résolution pèche par omission. Elle reste très floue sur la réciprocité attendue côté palestinien, et ne dit rien de la présence d’une organisation, le Hamas, pour qui il n’y aura de solution à la cause palestinienne que par le “jihad” et la disparition d’Israël. »

« Ce vote est un écran de fumée, renchérit L’Alsace, qui cache une réalité : ni la France ni l’Europe ne sont capables d’imposer l’arrêt de la colonisation israélienne, ni de faire cesser les attentats palestiniens en Israël. »

L’Humanité, pour sa part, veut y croire : « la construction d’un Etat palestinien a commencé », lance le quotidien communiste. « Cet acte est un geste fort, tout autant à destination des Palestiniens que des Israéliens, dont il appuie les plus lucides et qui signifie pour tous : ne vous laissez pas enfermer derrière vos propres murs, ne vous remparez pas dans la peur et la brutalité, choisissez enfin la sécurité et une paix durable. Il affaiblit à Tel-Aviv les fanatiques de la terreur et des représailles, les colons usurpateurs de terre et les amateurs de choc de civilisation, parce qu’il renforce à Ramallah et à Gaza les hommes de paix. Tout ou presque reste à faire, reconnaît l’Humanité. Il faudra encore des négociations et peut-être des pierres lancées, des prisonniers palestiniens libérés et des pressions internationales. Mais ce qui a germé à Paris fleurira en Palestine. »

Priorités…

Enfin, la polémique se poursuit sur la réforme scolaire… « Un décret prévoit de supprimer le redoublement imposé et le système de notation est revu. Mais, pointe Le Parisien, les véritables solutions pour revaloriser le métier de professeur et tirer les élèves vers le haut se font toujours attendre. » En effet, précise le journal, la réalité de l’école d’aujourd’hui, « ce sont ces 69 % de Français des classes moyennes qui pensent que l’institution ne garantit plus l’égalité des chances pour leurs enfants. Ce sont ces 25 % d’élèves à la traîne que le système ne parvient pas à faire revenir dans le rang. »

Et Le Parisien de s’interroger donc : « est-ce vraiment par la réforme de la notation, que doit boucler cet hiver le ministère de l’Education nationale, ou par la quasi-suppression du redoublement, entérinée par décret le 20 novembre, que l’école s’en sortira ? »

 

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