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Revue de presse Afrique

A la Une: le nouveau gouvernement en RDC

Audio 04:17
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Alors que les massacres de civils se succédaient ce week-end dans le Nord-Kivu, le président Kabila annonçait dimanche dans la soirée un nouveau gouvernement. Un gouvernement de « cohésion nationale, annonceLe Potentiel, issu des Concertations nationales d’octobre 2013 et dirigé par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo maintenu à son poste. »

« Le très long suspense est enfin levé, s’exclame le site d’information congolais 7 sur 7. Attendu depuis plus d’une année, le gouvernement de cohésion nationale est là. Il s’agit en fait de Matata II. Le Premier ministre ayant survécu à la “mort” de son gouvernement en place depuis avril 2012. Première nouveauté, la nouvelle équipe comprend trois vice-Premiers ministres. Trois poids lourds provenant du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), du Mouvement de libération du Congo (MLC) et du Palu. Le parti présidentiel sera représenté dans ce saint des saints du Gouvernement par le kabiliste en chef, Evariste Boshab en personne. Idem pour le parti bembiste aux premières loges avec la présence de son secrétaire général Thomas Luhaka. »

Alors s’agit-il vraiment d’un gouvernement d’ouverture ? Pas vraiment… « A peine sept membres de l’opposition ont fait leur entrée dans la nouvelle équipe gouvernementale, relève l’édition kinoise des Dépêches de Brazzaville, sans recueillir l’aval de leurs partis respectifs. En lieu et place de gros calibres, Joseph Kabila devra composer avec ceux que d’aucuns qualifient de “pseudo opposants” relativisant ainsi la portée de leur combat politique. En outre, avec l’arrivée de plusieurs chefs des principales mouvances de la majorité présidentielle, le gouvernement jusque-là réputé essentiellement technocrate redevient politique sur fond du renforcement de l’emprise présidentielle sur des postes stratégiques. »

Le site d’opposition Kongo Times dénonce, quant à lui, un gouvernement de conspiration nationale : « pendant que le festival des massacres se poursuit à Beni, à Kinshasa, Kabila publie la liste des nouveaux vampires […]. Et la rumeur de tentative de modification de la Constitution circule dans les oreilles des Congolais, à quelques heures de la clôture de la session parlementaire, c’est la confusion qui règne dans les esprits des Congolais avec ce coup d’Etat contre la République, violation sanglante de l’accord-cadre d’Addis-Abeba : il n’y aura donc pas de dialogue national tel que demandé par Étienne Tshisekedi depuis Bruxelles… »

Noyer le débat sur l’alternance…

Les critiques fusent également dans la presse ouest-africaine… Et en premier lieu dans la presse burkinabè avec cette charge du site d’information Fasozine : « Sacré Joseph Kabila ! Malgré les vents d’insurrection populaire qui ont emporté le régime de Compaoré et dont l’onde de choc a été ressentie jusqu’à Kinshasa, le président congolais persiste dans sa logique de se maintenir au pouvoir, coûte que coûte. Pour ce faire, il ne s’embarrasse d’aucune manœuvre pour ratisser large autour de son projet de “pouvoir sans fin”. Sa dernière trouvaille, un gouvernement dit d’union nationale. […] Un gouvernement pléthorique de 48 membres, poursuit Fasozine, au sein duquel le président a taillé des portefeuilles pour contenter des soi-disant opposants à sa solde, on a déjà trop vu ça sur le continent. Et comme si cette comédie ne suffisait, Kabila crée aussi trois postes de vice-Premier ministre alors qu’il est pratiquement à la veille de son ultime mandat. A quoi rime tout ça ? Bien évidemment, c’est pour noyer le débat sur l’alternance qui enfle chaque jour un peu plus en RDC. »

Le site d’information Guinée Conakry Infos ne ménage pas non plus ses critiques… Guinée Conakry Infos qui parle de « Pseudo-Concession » de la part de Kabila. « Le président congolais, qui semble plus préoccupé par les futures échéances électorales que par l’insécurité qui mine l’est du pays, ne fait que consolider son emprise sur les principaux leviers, estime le site guinéen.[…] Craignant que le malaise sociopolitique dans lequel baigne son pays ne finisse par se muer en insurrection populaire pouvant le balayer à son tour, l’hériter de Laurent Désiré Kabila a cru devoir sortir ce pseudo-gouvernement d’ouverture de son chapeau. Il espère ainsi réduire les frustrations et les clameurs que ses détracteurs peuvent capitaliser. […] De la chute de Blaise Compaoré, il ne semble pas pour autant avoir tiré toutes les leçons, estime encore Guinée ConakryInfos. […] Joseph Kabila devrait avoir la clairvoyance d’admettre qu’une frange importante de ses compatriotes souhaite qu’il passe le relais à quelqu’un d’autre. N’ayant pas nécessairement vu leur situation évoluer en treize ans de gestion du pays par Joseph Kabila, les Congolais ont envie de tourner cette page pour en écrire une autre. »

 

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