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Aujourd'hui l'économie

La loi Macron, un chèque à la Commission?

Audio 03:10
La loi Macron sera votée en France en janvier 2015.
La loi Macron sera votée en France en janvier 2015. REUTERS/Charles Platiau

La loi Macron a été présentée aujourd’hui au Conseil des ministres. Son objectif initial : la relance de la croissance. Le gouvernement veut aussi avec ce texte convaincre Bruxelles de ses bonnes intentions réformatrices.

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Cette loi Macron est une aubaine dans les relations compliquées entre Bercy et la Commission de Bruxelles, avec l'Allemagne en embuscade. Hier encore, Angela Merkel a vertement rappelé à ses partenaires de la zone euro qu'il fallait respecter la discipline budgétaire.

Or, la France est aujourd'hui incapable de contenir ses déficits publics dans les limites fixées par les traités européens. Elle s'expose à des sanctions financières si elle ne montre pas patte blanche. La loi Macron est donc devenue l'étendard d'une France enfin convertie aux réformes, c'est le récit que présente maintenant Bercy aux commissaires européens. Faute de grive, la commission toutefois ne mangera pas du merle. Elle a besoin d'être convaincue des bienfaits du texte fourre-tout présenté ce matin par le ministre de l'Economie.

Elle regardera donc de près le contenu, et elle analysera surtout ce qu'il en restera une fois les amendements adoptés. Le calendrier de la loi Macron et celui de la Commission sont étroitement liés. La loi sera votée en janvier et la Commission rendra son avis sur la trajectoire budgétaire française en mars. Elle aura alors tous les éléments en main pour évaluer si oui ou non Paris avance dans la bonne direction.

La loi Macron, censée doper la croissance, est donc devenue un outil pour moderniser l'économie ?

C'est un tremplin pour ouvrir l'économie française, trop figée aux yeux de la Commission comme à ceux des experts de l'OCDE. En s'attaquant aux professions réglementées, en libéralisant le transport par autocar, Emmanuel Macron donne de l'air aux marchés de biens et de services. En étendant l'ouverture des commerces à certains dimanches, en réformant les prud'hommes, c'est le marché du travail qu'il veut rendre plus fluide. En favorisant l'épargne salariale, c'est le financement de l'économie qu'il va optimiser.

Bref, un volant de mesures qui ne se traduiront pas spontanément en emplois ou en point de croissance supplémentaire mais qui indique que la France est maintenant prête à mener les réformes structurelles que l'Allemagne a faites il y a dix ans. Que l'Espagne a décidé dans l'urgence de la crise de la dette, et que l'Italie elle aussi est en train de mettre en route.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, estime déjà que la France n'en fait pas assez comparée à l'Italie

Pour réformer le marché du travail, Matteo Renzi a pris une mesure forte, qui a frappé les esprits. Il a aboli l'article 18 du code du travail prévoyant un recours systématique en cas de licenciement. Et c'est ce genre de texte phare qui manque à la loi Macron, reconnaît-on dans les couloirs de Bercy. Si la loi Macron est la dernière carte aux mains du gouvernement pour négocier avec Bruxelles, pas question non plus de braquer les syndicats et les députés socialistes, très remontés contre ce texte, avec une mesure choc.



EN BREF DANS L’ECONOMIE

Après l'Inde, l'Espagne a décidé hier d'interdire Uber, la société qui propose en ligne des voitures avec chauffeur

La liste des pays ou des villes où la start up est indésirable est de plus en plus longue. C'est une publicité négative, mais la société y voit un moyen comme un autre de gagner en notoriété. Ces mesures de bannissement n'entament pas son crédit auprès des investisseurs. La semaine dernière, Uber a été estimée à 40 milliards de dollars, alors que son chiffre d'affaires est de 2 milliards seulement.
 

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