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Revue de presse Afrique

A la Une: Lazarevic libre!

Audio 04:18
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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La rumeur courrait depuis dimanche dans les médias maliens, avec la récente libération de plusieurs terroristes emprisonnés à Bamako, dont Mohamed Ali ag Wadoussène et trois de ses complices. C’est ce même groupe qui avait organisé l’enlèvement des deux Français, Serge Lazarevic et Philippe Verdon, le 24 novembre 2011 à Hombori. Hier encore, le quotidien L’Indépendant annonçait la libération imminente de l’otage français. C’est donc désormais chose faite.

Alors, « qui peut ne pas se réjouir pour Diane, la fille de Lazarevic, qui passera Noël avec son père ? », s’exclame Le Républicain, toujours à Bamako. « Le dernier otage français au Sahel et dans le monde est donc libre, poursuit le quotidien malien. C’est heureux qu’il n’ait pas été exécuté comme le Britannique Dwyer et les Français Verdon, Germaneau et Rodriguez, victimes injustes du narco-jihad. Mais, relève Le Républicain, Iyad ag Ghali ou Abdelkrim ne l’ont pas libéré pour faire plaisir à Abdourahmane Sissako, le procureur d’Aqmi dans le tout nouveau film Timbuktu. On ne parle pas encore de rançon, mais ce serait dramatiquement naïf de l’exclure. […] Et la manne sera investie […], déplore le quotidien bamakois, dans l’idéologie meurtrière d’un intégrisme qui viole, vole et asservit des musulmans. La volonté de puissance ainsi mieux armée pourrait faire de nouveaux Ghislaine, Claude, Germaneau, Dwyer. Ou tuer encore plus de soldats maliens, nigériens, onusiens ou français. Tant qu’à faire, soupire encore Le Républicain, pourquoi refuse-t-on de dialoguer avec les mouvements jihadistes d’un côté alors qu’on les renforce de l’autre ? »

Alors y a-t-il eu rançon ? « Pour le moment, aucune source ne soutient une telle hypothèse, remarque le site d’informationGuinée Conakry Infos. Mais vu qu’avec les otages d’Arlit, quelque 20 à 25 millions d’euros avaient été versés, les supputations vont bon train. »

Duplicité et double jeu de Paris ?

Pour la presse algérienne, particulièrement pour le quotidien La Tribune, il ne fait guère de doute que Serge Lazarevic a été libéré contre des libérations de terroristes et une rançon… La Tribune dénonce la « duplicité et le double jeu de Paris ». « Le paiement de rançon et la libération, parfois concomitante de prisonniers d’Aqmi, révèle le double jeu des pouvoirs publics français et européens dans le dossier des otages des terroristes, affirme ainsi le quotidien algérien. Duplicité qui avait fait sortir le président Barack Obama de sa réserve diplomatique pour reprocher à la France en septembre dernier, sur un ton sévère, de payer finalement les rançons tout en affirmant systématiquement le contraire. […] En vérité, poursuit La Tribune, aucune libération d’otage ne se réalise sans contrepartie concrète. Paiement d’une rançon ou libération de détenus ou bien les deux à la fois. Mais c’est surtout le versement de rançon qui pose le plus problème, dénonce le quotidien algérien. Il contribue à transformer la prise d’otage en véritable industrie. Il favorise la surenchère financière qui contribue à la création d’une bourse des otages, où certains ressortissants de pays donnés valent financièrement plus que d’autres. Et ce sont toujours les kidnappés les mieux cotés, à savoir les Français et les autres Européens qui sont détenus le plus longtemps et libérés ensuite moyennant notamment paiement. Les autres, comme les Algériens, les Américains et les Britanniques, par exemple, sont généralement exécutés, du fait même que leurs pays respectifs ne paient pas de rançon, conformément aux résolutions de l’ONU. »

« Une rançon a-t-elle été payée ?, s’interroge en écho le quotidienAujourd’hui à Ouagadougou. C’est la question taboue, la question qui tue. Aucune thune n’a été déboursée, vous répondra-t-on du côté de la France, tant ce côté vénal non seulement rebute moralement, mais encourage et entretient le fonds de commerce des jihadistes qui ne vivent que de ça. »

En tout cas, relève par ailleurs le quotidien burkinabè, « avec la libération de Serge Lazarevic, l’Hexagone n’a certes plus d’otages dans le monde, mais cela ne signifie pas qu’il y en aura pas, d’autant que le rapt d’otages européens est la principale marque de fabrique des katiba d’Aqmi. Elles se nourrissent de cela, c’est un commerce très florissant. Ensuite, même si les trois régions du nord, Kidal, Gao et Tombouctou, ne sont plus sous coupe réglée d’Aqmi, la guerre asymétrique que les katiba y mènent et la relative tolérance de la France envers le MNLA compliquent les choses et ne la met nullement à l’abri d’une prise d’otage d’un des siens. »

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