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Chronique des médias

L’Espagne en plein bras de fer avec l’arrêt de Google Noticias

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Google a pris une décision radicale en Espagne : celle de fermer son service d’actualité Google News.

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Cette fois, il n'est plus question de déréférencer des articles comme en Allemagne mais carrément de fermer un service. Google a annoncé qu’il fermera le 16 décembre son portail d’actualité Google Noticias en Espagne à la suite d’une loi qui entrera en vigueur le 1er janvier et qui prévoit une rétribution obligatoire en faveur des médias. A travers Google Actualités, le moteur utilise en effet de courts extraits d’articles dont il reproduit le titre, une photo et trois lignes de texte. Jusqu’à présent, aucune contrepartie financière n’est versée aux médias. Avec son agrégateur d’actualités sans publicité, et à condition que les internautes ne se contentent pas des trois lignes de texte, Google oriente l’audience vers les sites de presse. Faut-il lui tenir tête au risque d’être écarté ? Le moteur de recherche, au total, apporterait 25 à 40% des audiences des sites de presse. Pour éviter aux éditeurs tout dilemme, le législateur espagnol a choisi de soumettre Google, comme tous les agrégateurs, à l’obligation de rémunérer les contenus.

La question qui se pose maintenant est de savoir si l’on peut exiger une contribution de ce géant mondialisé, ou s’il ne peut pas y avoir de réponse nationale. La France a fait le choix de pactiser en 2013 en bénéficiant d’un fonds Google relativement modeste de 60 millions d’euros pour soutenir des projets de presse innovants. Elle a de même renoncé à taxer les géants du Web pour leur optimisation fiscale, à la différence du Royaume Uni qui vient d’annoncer une taxe Google à ce sujet. Mais s’agissant de la propriété intellectuelle, la tendance est plutôt d’en passer par le législateur.

En Italie, où un recours a été déposé pour connaître les revenus publicitaires de Google, la préférence va ainsi à une loi ad hoc. En Allemagne, la loi a été votée cet été et Google a réagi en pénalisant plus de 200 médias dont il ne fait plus apparaître que les titres des articles. Le groupe Axel Springer, chef de file de cette coalition, a dû faire machine arrière après avoir perdu 40% de ses audiences. En Belgique, les éditeurs ont été les premiers à engager un bras de fer en portant plainte. Ils ont obtenu gain de cause en 2011, ce qui a amené Google à déréférencer les éditeurs belges.. qui ont finalement transigé avec un accord commercial. On le voit, le rapport de forces est toujours déséquilibré. Seuls les éditeurs de presse brésiliens se félicitent : ils estiment qu’ils n’auraient perdu que 5% de leur audience après avoir été déréférencés et que les extraits d’articles réduisaient leurs chances d’augmenter le trafic sur leur propre site.

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