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Aujourd'hui l'économie

Le rouble chute, la banque centrale impuissante

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En un an, la monnaie russe a perdu la moitié de sa valeur et aucun barrage ne semble en mesure d'endiguer cette débâcle.
En un an, la monnaie russe a perdu la moitié de sa valeur et aucun barrage ne semble en mesure d'endiguer cette débâcle. REUTERS/Maxim Zmeyev

Malgré l'intervention coup-de-poing de la banque centrale de Russie annoncée la nuit dernière, le rouble poursuit sa débâcle.

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Le rouble est littéralement aspiré vers le bas et ça a commencé il y a un an. Hier, le seuil psychologique des 60 roubles pour un dollar a été dépassé, aujourd'hui c'est la barre des 80 qui a été franchie. En un an, la monnaie russe a perdu la moitié de sa valeur et aucun barrage ne semble en mesure d'endiguer cette débâcle. Pour éviter de brusquer une économie faiblarde, la banque centrale russe avait d'abord privilégié l'homéopathie en relevant précautionneusement ses taux 5 fois de suite, et surtout en dépensant des dizaines de milliards de dollars pour soutenir le rouble. Sans résultat.

En faisant passer ses taux de 10 et demi à 17 %, un bond considérable, elle a cru calmer la tempête cette nuit et parvenir une fois pour toutes à retenir les capitaux en leur offrant une meilleure rémunération. Mais sur les marchés une autre tornade fait des ravages, celle qui fait plonger le baril de pétrole. C'est un élément clé dans l'économie d'un pays totalement dopé aux hydrocarbures. Le pétrole et le gaz fournissent à la Russie les deux tiers de ses recettes à l'export, le budget de l'État est entièrement basé sur le cours de l'or noir. Ces deux spirales baissières qui entrainent le pétrole et le rouble sont dévastatrices pour la Russie : les revenus chutent et les prix grimpent de plus en plus dangereusement.

 
Les Russes redoutent maintenant une nouvelle crise financière, comme en 98

Pas mal d'ingrédients sont réunis pour que le scénario du pire se reproduise. Et d'ailleurs la population commence à prendre peur, on a vu aujourd'hui se former à nouveau des queues aux guichets des banques moscovites. L'heure de vérité arrivera quand les entreprises seront priées de rembourser les emprunts libellés en dollars, les défauts pourraient alors se déclarer en cascade et précipiter le pays dans la crise. Mais la Russie conserve quelques atouts qui la protègent : des réserves encore robustes, correspondant environ à 10 mois d'importation. Et une dette publique maitrisée, ce qui n'était pas du tout le cas en 1998.

Quel rôle ont joué les sanctions occidentales dans les déboires actuels du rouble ?

En privant la Russie d'un accès aux marchés de capitaux, elles ont mis en relief les failles de son économie. Les investisseurs déjà fébriles en 2013 à cause d'un environnement économique déprimé ont accéléré leurs retraits en raison du durcissement des relations entre le kremlin et l'occident. Moscou a aggravé l'effet des sanctions en bannissant certains produits d'importation en représailles.

Du coup, les Russes sont contraints de s'approvisionner ailleurs à un prix plus élevé. Sur la politique du kremlin en Ukraine comme sur le marché du pétrole, la banque centrale n'a pas prise, c'est donc du Kremlin qu'on attend aujourd'hui un signal. Vladimir Poutine pourrait instaurer un contrôle des capitaux, une arme lourde du plus mauvais effet sur la communauté des investisseurs. Mais pour le moment, le Kremlin se refuse à commenter le krach en cours qu'il qualifie de « question économique ».
 


 
♦ En bref dans l'actualité économique :

La compagnie Chevron se désengage du gaz de schiste en Ukraine

C'est un coup dur pour Kiev. Après le gel des investissements de Shell en raison du conflit, le retrait de la compagnie pétrolière américaine brise le rêve ukrainien de se passer du gaz russe grâce au schiste. Le projet chiffré à 10 milliards de dollars en est encore au premier stade de la phase exploratoire.

Le Danemark réclame sa part du Pôle Nord

Copenhague a officiellement présenté sa revendication sur un large territoire situé tout autour du pôle parce qu'il est relié au Groenland sous le contrôle du royaume danois. Cette région est déjà convoitée par la Russie, la Chine et les États-Unis à cause des hydrocarbures enfouis dans les profondeurs.

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