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Revue de presse française

A la Une : le discours de François Hollande sur l’immigration

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AFP

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Avec cette question : ce discours très attendu est-il fondateur ou bien seulement incantatoire ? Pour Libération, la réponse est claire… « Hollande, l’homme du compromis, de la finasserie et du juste milieu, a cette fois choisi son camp. Ils sont renvoyés à leurs peurs, à leurs ratiocinations ou à leurs éructations, les Zemmour, les Le Pen, les Sarkozy, les Guéant, les Millet et tous les angoissés de l’identité : la République sera ouverte ou ne sera pas. Non à la France 'en petit', la France 'du dépit', la France 'du repli'. (…) Dans un de ses discours les plus marqués à gauche depuis le début du quinquennat, François Hollande a tracé une nette ligne de partage, pointe Libération, avec cette droite de plus en plus tentée par les politiques identitaires et de fermeture. La France est un pays d’immigration depuis près de deux siècles, les apports étrangers lui ont été massivement bénéfiques, il est hors de question de revenir sur Schengen, l’invasion dont on parle parfois est un mythe, on accueillera mieux les étrangers, on jouera l’intégration, qui n’est pas l’assimilation et on pariera sur le creuset français pour garantir l’unité de la nation. »

Finalement, renchérit Le Courrier Picard, « François Hollande avait préparé un joli discours de riposte à Nicolas Sarkozy, qu’il accuse de 'prospérer sur le déclin'. Le chef de l’État a notamment voulu s’ancrer à gauche en envisageant le droit de vote des étrangers aux élections locales ou l’accueil des migrants au sein de l'espace Schengen. Une stratégie claire pour s’opposer au nouveau président de l’UMP et au FN, qui font de l’immigration un fonds de commerce politique. Parce qu’elle est une préoccupation, souvent mal définie, de nombreux Français. »

Mais attention, tempère L’Alsace, ce discours de François Hollande est « bien tardif pour ne pas apparaître comme une tentative de rebond politique. Le président rappelle ce qu’a apporté l’immigration à la France au moment où son meilleur adversaire, Nicolas Sarkozy, adepte des sujets clivants et de la chasse aux idées sur les terres du FN, signe son retour. (…) Mais en matière d’immigration comme en toutes choses, les incantations ne suffisent pas, affirme L’Alsace. Les Français jugent aux résultats, et non plus aux paroles. »

D’abord, redresser le pays…

En effet, s’interroge Le Figaro, « le discours prononcé à l’occasion de l’inauguration du Musée de l’histoire de l’immigration suffira-t-il pour que François Hollande soit entendu ? Rien n’est moins sûr, répond le quotidien d’opposition. Car 'comprendre notre histoire', exalter le passé de notre ' vieux pays d’immigration', témoigner 'la reconnaissance' de la France pour 'l’apport' des étrangers : tout cela n’apporte pas de réponse concrète aux questions que se posent aujourd’hui les Français sur les difficultés économiques du pays, sur les craquements de son modèle d’intégration, sur la transposition sur le territoire national du conflit au Proche-Orient ou encore sur la montée d’un radicalisme inquiétant. »

Et Le Figaro de conclure : « la volonté légitime rappelée par François Hollande d’une approche 'sereine et apaisée' de la question de l’immigration restera vaine si le chef de l’État ne parvient pas à redresser le pays, condition préalable de la réconciliation d’une société divisée parce que malmenée. »

Certes, reconnait Sud-Ouest, « hier, les réponses suggérées par Hollande pouvaient paraître un tantinet incantatoires, de la laïcité au rôle de l’école en passant par la valorisation des succès de l’intégration, incontestables même s’ils sont moins médiatisés. Mais que le président s’empare du sujet pour faire entendre un autre son de cloche que l’inquiétude est tout de même bénéfique. »
Et « ce faisant, remarque Le Journal de la Haute-Marne, il remet le curseur plus à gauche dans son propre camp au moment où certains, notamment les frondeurs du Parti socialiste, lui reprochent une politique économique trop imbibée de libéralisme. Une manière de ménager la chèvre et le chou. »

Trop tard ?

Malheureusement, soupire La République des Pyrénées, tout cela arrive un peu tard… « C’est dès son entrée à l’Elysée que François Hollande aurait dû parler de la sorte de l’immigration, avant que les 'zemmouriens' de tous poils en fassent commerce. En 2012, sa promesse du droit de vote des étrangers non communautaires pouvait avoir une toute petite chance d’être votée par le Parlement réuni en Congrès, quand le Sénat était encore à gauche et que des hommes d’ouverture à droite et au centre auraient pu faire l’appoint. Aujourd’hui c’est politiquement trop tard et cela passe pour une défausse, que d’en appeler à la responsabilité des 'forces républicaines' alors que l’opinion s'est raidie sur le sujet. »

Quant à Nicolas Sarkozy, dans ce débat sur l’immigration, c’est « virage à droite toute ! » : c’est l’expression du Parisien. « Convaincu que Marine Le Pen peut se qualifier au second tour de la présidentielle, le patron de l’UMP, relève Le Parisien, a nettement durci ces dernières semaines son discours sur l’immigration, dont il avait déjà fait un morceau de choix de sa campagne de 2012. Lui qui considérait encore il y a deux ans que l’immigration pouvait être un atout juge désormais qu’elle 'met en cause rien moins que notre façon de vivre'. »

Dans le mur ?

A la Une également, le problème des retraites… En écho au Parisien hier, Le Figaro s’inquiète ce matin. « Retraites : l’alerte rouge », titre le journal. « Deux rapports distincts, rédigés par le Conseil d’orientation des retraites et la Cour des comptes, s’inquiètent de la situation financière de l’ensemble des régimes de retraite. La question d’un report de l’âge légal de départ pourrait faire son retour dans le débat politique. »
Commentaire du Figaro : « le mur approche, il y a urgence. Il ne faut malheureusement pas compter sur ce gouvernement socialiste pour prendre les mesures qui s’imposent. Il choisira d’attendre encore et encore, comme il l’a toujours fait. Mais un jour, il sera trop tard. »

« En France, parler des retraites est un sujet tabou parce qu’inévitablement conflictuel entre public et privé, déplore La Montagne. Voilà pourquoi, depuis des décennies, partenaires sociaux et gouvernements successifs ont préféré les palliatifs de réformettes qui fâchaient le moins possible aux courageuses réformes de fond. Et voilà pourquoi notre régime de retraite, à force de replâtrages, est au bord du gouffre. (…) Pauvres générations futures, s’exclame La Montagne, condamnées à travailler et cotiser plus pour toucher moins ! L’aveuglement général de la société devant cette catastrophe programmée est affligeant. »

Le grand embouteillage à Paris…

Pleine page dans Le Parisien qui nous raconte comment et pourquoi la portion sud-est du boulevard périphérique, voie expresse la plus fréquentée d’Europe, a été fermée hier soir à la circulation provoquant un embouteillage monstre. La cause : une inondation qui a rendu impraticable le tunnel du Parc des Princes. « A l’origine de ce déversement, précise Le Parisien : une canalisation d’eau potable qui a explosé à une dizaine de mètres sous la Seine, au niveau de la porte de Sèvres. Cette canalisation crache 20 000 m3 par heure et alimente les XVe et XVIe arrondissements de Paris. »
Résultat : des heures d’attente pour certains automobilistes et ça n’est peut-être pas encore terminé, car les opérations de pompage se poursuivaient en ce début de matinée.
 

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