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Les mots de l'actualité

ROUBLE - 17/12/2014

Audio 03:02

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La chute du rouble inquiète et pénalise les Russes qui forcément pâtissent de ce cours très bas de leur monnaie. Le rouble, c’est leur monnaie.

C’est un mot qui est lié à la Russie, presque comme un symbole. Et depuis longtemps : cette monnaie a de loin précédé le communisme. Elle apparait déjà au XIVe siècle, et elle a traversé les systèmes politiques sans changer de nom. Son origine est assez incertaine, mais le mot a été transcrit en français depuis longtemps aussi. Comme celui du kopeck d’ailleurs, la centième partie du rouble.

Pourquoi kopeck ? Là aussi on n’est sûr de rien. Peut être parce que le mot se rattache à un verbe qui – en vieux russe – signifie frapper. Et sur les premières pièces d’un kopeck qu’on connait, au XVIe siècle, le premier Tsar de Russie, Ivan le Terrible, était à cheval, armé d’une lance, menaçant. Donc une image de celui qui punit ou tout au moins qui peut frapper !

Mais il se trouve que  cette centième partie du rouble est passée en français plus peut-être que le rouble, son illustre centuple. Un kopeck, c’est un centime. Et en plus, un centime qui vient de loin. Donc pas grand choses. De là l’expression courante et familière : « Ça ne vaut pas un kopeck ! » c'est-à-dire ça ne vaut pas cher, ça ne vaut même rien du tout. Une formule encore bien vivante en français d’aujourd’hui, utilisée à la fois dans un sens financier et dans un emploi bien plus large. Mais souvent le rapport à l’argent est clairement perçu : cette maison, elle ne vaut pas un kopeck ! Et de façon plus abstraite, on peut dire « ce roman, cette chanson ne valent pas un kopeck ».

Et cette façon d’utiliser une toute petite monnaie pour commenter ce qui ne vaut pas cher, elle se place dans le fil d’une tradition assez ancienne : ça ne vaut pas un kopeck est une façon pittoresque de dire que ça ne vaut pas un sou. Et si le sou est utilisé, c’est d’abord parce que ça n’a jamais valu grand-chose, mais aussi parce que ça ne vaut plus rien. C’est une monnaie du passé même si elle est française.

Alors il faut aussi savoir de combien de sou on parle, pour dire que ça ne vaut rien. On commence souvent par la quantité zéro : « Je n’ai pas un sou », « je suis sans le sou ». Ou même « je suis un sans le sou ». « Je n’ai pas le premier sou » : une façon très imagée de dire qu’il n’y en a pas ! Un sou est également expressif ! « Ça ne vaut pas un sou ». Ou même deux : une blague à deux sous, ou trois ou quatre. Les expressions sont à peu près équivalentes.

Pourtant on préfère parfois un nombre à un autre : on parle en français de l’opéra de quat’ sous. Ce qui est une traduction de l’anglais three penny opera, ou même de l’allemand drei groschen. C'est-à-dire trois, pour les penny, trois pour la monnaie allemande, trois malheureux sous, trois malheureux liards.

En revanche, en français, on dit qu’on s’ennuie à cent sous de l’heure.


Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Coproduction du réseau CANOPÉ.
http://www.reseau-canope.fr/

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