Accéder au contenu principal
Aujourd'hui l'économie

Plan Juncker: les Etats disent oui mais…

Audio 03:27
Le président de la Comission européenne Jean-Claude Juncker, à Strasbourg le 26 novembre 2014.
Le président de la Comission européenne Jean-Claude Juncker, à Strasbourg le 26 novembre 2014. REUTERS/Vincent Kessler

Les chefs d'Etat et de gouvernement réunis hier soir à Bruxelles, pour le dernier sommet de l'année, ont donné leur feu vert au plan d'investissement proposé par Jean-Claude Juncker. C'est le principal outil aux mains de la Commission pour relancer la croissance.

Publicité

Jean-Claude Juncker en a fait l'étendard de son mandat. Dès sa prise de fonction, le nouveau patron de l'exécutif européen a sorti de son chapeau ce plan à 315 milliards d'euros censés insuffler un nouvel élan dans une zone amorphe. Un plan salué quasiment à travers toute l'Union, hormis en Allemagne, un pays toujours réticent sur le bon usage des deniers publics.

C'est justement pour ne pas froisser Berlin que la mise de départ est minimale : elle est de 21 milliards d'euros seulement, prélevés sur le budget européen et les réserves, les « noisettes » de la Banque européenne d'investissement. Cet argent public doit attirer les fonds privés, c'est comme ça qu'on arrive aux 315 milliards. Plus la mise initiale sera forte, plus le montant total sera élevé, d'où l'appel à la contribution des Etats.

A ce stade, l'enthousiasme des Etats membres commence à refluer

La plupart d'entre eux étant déjà très endettés, sous la surveillance pointilleuse de la Commission pour établir leur budget, ils hésitent avant d'envisager des dépenses supplémentaires. Leurs craintes ont été en partie entendues. Les sommes versées ne seront pas comptabilisées dans leur déficit, a promis Jean-Claude Juncker.

L'autre aspect du plan qui fait tiquer les Etats, c'est le manque de visibilité sur la destination des fonds. Dans un souci d'efficacité et de rapidité, la Commission souhaite sélectionner elle-même les projets éligibles. Elle veut éviter de faire du saupoudrage, la répartition ne sera donc pas forcément équitable au regard du poids économique des Etats membres et de leur éventuelle participation.

Mais dans la tête des gouvernants, charité bien ordonnée commence par soi-même. La Commission devra donc leur donner des assurances, avant le prochain sommet fixé en février, pour obtenir leur participation sonnante et trébuchante.

Les réserves des Etats membres mettent en péril le succès du plan ?

Chacun évidemment cherche à tirer la couverture à soi. Mais au fond, toute l'Europe a intérêt à ce que le dispositif soit opérationnel au plus vite. La position du président français illustre assez bien ce grand écart : François Hollande estime que le plan Juncker « peut avoir un effet beaucoup plus grand qu’on ne l’imagine ». Il souhaite que des projets concrets soient lancés dès janvier grâce à des pré-financements, mais le chef de l'Etat précise bien qu'il attend de ce plan « davantage d'investissement, davantage de soutien à la croissance, dans notre propre pays ».

La France va proposer des projets conjoints avec l'Espagne et le Portugal, ça tombe bien ce sont les pays du Sud qui devraient être les premiers bénéficiaires de ce coup de pouce à la croissance.

 


EN BREF DANS L’ECONOMIE

Trois ans de guerre en Syrie ont fait perdre un potentiel de 35 milliards de dollars à la région

C'est ce qui ressort d'une étude publiée par la Banque mondiale basée sur les perspectives de croissance avant le début du conflit. En données brutes, la richesse de la Syrie a reculé de 16 %, celle de l'Irak de 14 % et enfin celle du Liban de 11 %.

Le Nigeria renforce le contrôle des changes pour protéger sa monnaie

Le Nigeria comme la Russie, comme d'autres pays producteurs de pétrole, voit sa monnaie sombrer avec le cours du pétrole. Pour empêcher la spéculation contre le naira, les acheteurs de devises devront désormais les restituer à la banque centrale s'ils ne les utilisent pas dans les 48 heures.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.