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Revue de presse française

A la Une: Tunisie, le retour de la sagesse

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AFP

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Les journaux français ont attendu la confirmation des résultats en Tunisie pour y consacrer leur Une respective. « Essebsi, le nouveau visage de la Tunisie », titre dans ses pages Le Parisien-Aujourd'hui en France, qui semble légèrement ironique à l'heure de rappeler son âge : 88 ans. Le quotidien lâche même le mot de « vétéran ». Mais de toute façon, « face aux attaques sur son âge, Bajbouj, comme le surnomment ses sympathisants », relève Le Parisien, n’a cessé de répéter que « la jeunesse n’est pas un état civil mais un état d’esprit », tout en se disant encore et toujours « en bonne santé ».

L'humanité se réjouit pour sa part de la nette victoire de l'ancien ministre et compagnon d'Habib Bourguiba, le père de l'indépendance. Laurent Bodin, dans le journal L'Alsace,est néanmoins plus septique à l'heure de poser cette question : « Les Tunisiens ont-ils fait le choix de la démocratie ou ont-ils ouvert la porte à un retour de l'ancien régime? »

Peur sur Noël

Les trois attaques isolées de ces derniers jours en France, dont certaines au nom d'Allah, sont aussi à la Une. Nice Matin parle de contagion jihadiste, en publiant pleine page une photo d'Hervé Gourdel, l'otage décapité par des proches du groupe Etat islamique en Algérie. Avec ce titre en Une : « On pense à toi ! » Pourtant, a priori, l'attaque à la voiture bélier de Nantes, qui a fait 11 blessés hier, ne l'a pas été au nom d'Allah.

Dans Le Figaro, Paul-Henri Du Limbert reprend à son compte les termes du Premier ministre Manuel Valls hier, kes « ennemis de l’intérieur » dans son éditorial. « Sidérés, écrit-il, les Français découvrent une vérité qu’ils pressentaient mais n’osaient pas s’avouer. Oui, des « fous d’Allah », hélas de nationalité française, peuvent frapper à tout moment sur le sol national, animés par un fanatisme mortifère et la détestation de ce que nous sommes. »

Et Pascal Coquis semble répondre, dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, lorsqu'il écrit pour sa part dans son éditorial : « Chercher à donner systématiquement un sens ou une motivation à l'acte monstrueux d'un déséquilibré est toujours un exercice hasardeux. L'amalgame et le raccourci n'ont jamais constitué une méthode d'analyse satisfaisante. »

Alors justement, La Croix revient sur cette formule rituelle de l'appel à la prière « Allah Akbar », qui veut dire en français : « Dieu est plus grand », et non « Dieu est grand », ou « le plus grand », ce qui le mettrait en concurrence avec les êtres créés. Dans l’optique religieuse, Dieu est plus grand que la souffrance, Dieu est plus grand que l'ennemi.

Cette expression est surtout usitée lors de l'appel à la prière, l'équivalent des cloches catholiques. Il a aujourd'hui été détourné par les combattants jihadistes qui en ont fait un slogan de guerre, peut-être, explique l'islamologue, pour bénir leurs actes ou conjurer le danger.

Les médecins contre l’urgence des réformes

Après la grève des médecins urgentistes hier, « commence la grève des médecins généralistes, constate Libération, puis mercredi celle des spécialistes ». C'est le signe du divorce entre les professionnels de la santé et le gouvernement, constate le journal qui en fait sa Une. « La généralisation du tiers-payant, la quasi gratuité des soins, une mesure aussi nécessaire que banale, est perçue comme la preuve de la mainmise de l’Etat sur la santé, lit-on. Et la loi de santé publique, qui devrait être débattue au printemps, est cataloguée comme " une loi bureaucratique et liberticide " », constate Libération ».

Laurent Joffrin, dans ses pages, se demande si c'était vraiment le moment approprié pour faire une réforme, même si celle prévue par la ministre Marisol Touraine « va dans le bon sens » selon lui.

Le Journal Les Echos tente de comprendre en profondeur « pourquoi les médecins défient le gouvernement », pour reprendre son titre en Une. Les médecins craignent que la gratuité des soins n'entraîne une dévalorisation de leur profession aux yeux du public. Le journal Les Echos avancent aussi une autre raison, plus secrète celle-là. « Les médecins spécialistes n'ont pas intérêt à ce que le tiers payant généralisé soit mis en place car il sera un redoutable révélateur des dépassements d'honoraires », peut-on lire.

Alors Plantu, dans Le Monde, fait le grand écart pour résumer l'actualité. Dans le dessin du caricaturiste, on voit dans une salle d'hôpital des urgences, un auteur des attaques à la voiture bélier, à Nantes ou Dijon, sur un brancard à moitié mourant, entouré de victimes, qui s’écrie « Allah Akbar », lorsqu'un médecin - pas en grève celui-ci - entre dans la salle en s'écriant : « Noël, hein, ça va être dur ».

Et puis cette autre note d'humour dans Le Canard enchainé, celle-ci. « Pendant ce temps, François Hollande est à Saint-Pierre Noël et Miquelon », lit-on en Une du journal satyrique. Un président fort éloigné du reste du pays qui se remet à croire au père Noël, selon Le Canard enchainé, alors qu'il remonte dans les sondages et que les économistes semblent plus optimistes pour 2015. C'est plus facile d'y croire, « en mettant un océan entre les rêves et la réalité », écrit Erik Emptaz, sarcastique, dans Le Canard enchainé.

Noël : la solidarité familiale

Et puisqu'on évoque Noël, L'Express nous annonce cette semaine le triomphe de la famille. « En ces temps tourmentés », lit-on dans L'Express, de souffrance aussi notamment chez ces gens frappés directement par ces attaques meurtrières à Nantes, Dijon ou Joué-les-Tours, la famille reste un repère, un refuge selon l'hebdomadaire qui publie quelques chiffres. Il y a 17 millions de familles en France, un enfant sur 10 vit dans une famille recomposée. Autrefois, la famille était vue comme une valeur bourgeoise. « Famille je te hais » était le slogan des soixante-huitards. Aujourd'hui, c'est tout le contraire dans une société fâchée justement avec les idéaux. 96% des français passent Noël en famille.

Face au chômage, à la baisse des niveaux de vie, l'entraide familiale n'a jamais autant compté. On voit même un nouveau phénomène apparaitre : « Des quinquagénaires, poussées dehors par leurs entreprises, retournent chez leurs parents. » Reste que certains parents et grands-parents se rebiffent, selon L’Express : « Je suis ravie de voir mes petits-enfants de temps à autres, mais attention, prévient Elyette, 72 ans, que l'on découvre en photo, tout sourire, avec l'un d'eux dans les bras », je tiens à conserver des activités personnelles, à vivre ma propre vie, s'exclame-t-elle. « Vivre sa propre vie », c’est presque un privilège aujourd’hui.

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