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Revue de presse Afrique

A la Une: procès Gbagbo, un défi pour la justice ivoirienne

Audio 04:24
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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A l'heure où doit s'ouvrir le procès de 83 proches de l'ancien président Laurent Gbagbo, dont son épouse Simone, la justice de Côte d'Ivoire et le chef de l'Etat Alassane Ouattara font face à un « véritable casse-tête chinois », selon le journal burkinabè Le Pays. Car « au-delà de l’impartialité dont [les juges] doivent faire montre aux yeux de l’opinion ivoirienne et internationale [...] ce procès doit être une leçon pour toute la société ivoirienne, afin que plus jamais dans ce pays, des hommes ou des femmes ne soient plus capables de telles horreurs à cause du pouvoir. »

Le Pays doute de l'efficacité de ce procès « ivoirien » sur les violences post-électorales de 2010-2011. « Le camp du régime déchu doit-il, à lui tout seul, porter toute la responsabilité de ces 3 000 morts ? s'interroge le quotidien. Assurément, non. Et c’est pourquoi le camp présidentiel devra trouver les mots justes pour expliquer les critères sur lesquels Simone Gbagbo et ses 82 autres compagnons d’infortune ont été 'sélectionnés' pour être à la barre ce vendredi 26 décembre 2014. »

Un nouveau report décrédibiliserait la présidence Ouattara

Le quotidien ouagalais espère surtout qu'après de multiples reports, le procès se tiendra : « Un nouveau report apporterait sans aucun doute du grain au moulin de tous ceux qui ont toujours soutenu que ce procès n’aurait jamais lieu, en tout cas, pas sous le régime d’Alassane Ouattara. Et cela, pour la simple raison que ce qui a depuis toujours été annoncé comme le grand procès de la crise post- électorale, risque de se révéler comme un pseudo-procès, sur fond d’acharnement d’un homme contre ses adversaires politiques d’hier. Un scénario qui ne manquera pas d’entamer sérieusement l’image de démocrate intègre que Alassane Dramane Ouattara s’est construite depuis son accession à la magistrature suprême de la Côte d’Ivoire. »

Le jugement du Pays sur son voisin du sud est particulièrement sévère : « On est bien tenté de dire que le plus dur est de pouvoir gérer l’après-procès » reprend le journal. « Car personne ne peut prévoir jusqu’où iront les conséquences d’un tel procès. Alassane Ouattara aurait peut-être mieux fait de refiler la patate chaude à Fatou Bensouda de la Cour pénale internationale. En ne voulant pas livrer la femme après avoir livré le mari, ADO a certainement manqué de cran, celui-là même qui caractérise tous les grands hommes d’Etat. ADO saura-t-il se rattraper ? » questionne le journal.

Abidjan.net de son côté rappelle que si « le procès de Simone Gbagbo constitue le premier grand défi judiciaire de la Côte d'Ivoire d'après-crise, son annonce mercredi par la défense s'est pourtant à nouveau faite dans la cacophonie généralisée ».
Les accusés assisteront à l'audience vendredi, qui devrait servir à désigner « de nouveaux jurés ». Mais le procès débutera « effectivement le 5 janvier » avec les premières auditions rapporte le site internet.

« Ce n'est pas un procès de droits de l'Homme », rappelle à Abidjan.net Yacouba Doumbia, le président du Mouvement ivoirien pour les droits de l'Homme. « Dans les débats à venir, 'la seule victime (sera) l'Etat', explique-t-il, notant que les audiences interviennent dans le cadre d' "un agenda plus ou moins politique" ».

« En Afrique, quand on accuse les gens d'+atteinte à la sécurité de l'Etat », on plonge dans le débat politique mais on ne fait pas de justice" conclut Abidjan.net

Justice « à deux vitesses » au Gabon ?

Au Gabon, 42 personnes interpellées lors du meeting du 20 décembre resteront en prison jusqu'à leur jugement.

Elles ont été transférées dans la nuit de mercredi à jeudi à la prison centrale de Libreville aussi appelée « Sans famille » explique Gabon Actu.

« Jeudi à la mi-journée, une information sur une libération collective a circulé dans la ville » rapporte le site. « Les familles ont couru vers le palais de justice. Déception ! Finalement 5 mineurs seulement ont été relaxés. Les autres restent en prison où il est probable qu’ils passeront le réveillon de fin d’année. »

Le procès pourrait avoir lieu le 5 janvier 2015 selon Gabon Actu, qui rappelle que mercredi, les dirigeants du Front de l’opposition pour l’alternance, organisateurs du meeting du quartier Rio, avaient été convoqués au siège de la police judiciaire et en étaient ressorti libres après « avoir refusé de coopérer avec les enquêteurs qui tentaient de les interroger » explique le site, qui donne la parole à la sœur d’un détenu: « C’est une justice à deux vitesses. Les dirigeants qui ont organisé le meeting sont dehors et la justice s’acharne contre les faibles » déplore-t-elle à Gabon Actu.

 

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