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Chronique des médias

Eric Zemmour censuré d'i-Télé?

Audio 02:34
Eric Zemmour a fait une nouvelle fois parler de lui avec une interview donnée récemment au «Corriere Della Sera».
Eric Zemmour a fait une nouvelle fois parler de lui avec une interview donnée récemment au «Corriere Della Sera». AFP PHOTO JACQUES DEMARTHON

Cette fin 2014 a été marquée dans les médias français par une polémique autour des propos tenus par le journaliste Éric Zemmour, auteur de l’essai Le suicide français. Il a été écarté de la chaîne de télévision I-Télé. Ses partisans crient à la censure...

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Il n'y a pas que Marine Le Pen ou l'intellectuel Alain Finkelkraut qui parlent de censure. Le journaliste Jean-François Kahn ou le chef de file des députés UMP Christian Jacob se disent aussi choqués. Et même à gauche, au nom de la liberté d'expression, Daniel Cohn Bendit ou Jean-Luc Melenchon contestent cette décision d'i-Télé. Pour autant, peut-on parler de censure ? Ce serait oublier un peu vite qu'Eric Zemmour dispose de nombreuses antennes pour faire la promotion de ses livres - son dernier s'est vendu à 400 000 exemplaires - ou même pour exercer sa verve de polémiste que ce soit sur RTL, Paris Première ou au Figaro.

En réalité, la décision d'i-Télé a été longuement mûrie et elle ne résulte pas seulement des propos tenus au Corriere della Sera. Dans ce journal, on le sait, Éric Zemmour n'a pas prononcé le mot déportation mais il a fait un parallèle entre le retour des français d'Algérie en 1962 et l'expulsion « irréaliste » mais malgré tout envisagée de 5 millions d'immigrés musulmans. Les associations antiracistes ont alors vivement réagi. Mais ce n'est pas la première fois que ce journaliste qui s'apparente de plus en plus à un idéologue livre le fond de sa pensée. Sur i-Télé, cette année, on a pu l'entendre dire que les réfugiés de Lampedusa qui fuyaient la guerre ou la misère étaient des « envahisseurs ». Qu'il ne fallait « plus d'immigration, même régulée » ou que l'Allemagne n'allait pas gagner la coupe du monde car elle ne gagnait que quand elle avait pour joueurs des « dolichocéphales blonds ». On sait ce qu'il en a été de cette prédiction raciale.

Que ce soit sur l'immigration ou sur Vichy, Zemmour semble aller toujours plus loin, ce qui assure, certes, de belles audiences aux médias qui le reçoivent mais colle mal à la ligne éditoriale d'une chaîne comme i-Télé, dont la maison mère Canal+ se développe en Afrique, et qui entend être selon sa directrice « une chaîne du monde qui avance et non du repli sur soi ». Alors, certes, la démocratie ne vit que de la confrontation d'idées et dans un sens, Zemmour la vivifie en réinterrogeant certaines vérités établies. Mais il n'en demeure pas moins que ses provocations posent problème. Un peu comme celles de Robert Ménard, avant lui, sur I-Télé aussi, avant qu'on ne le découvre allié du FN puis maire de Béziers. Aujourd'hui Zemmour prédit une guerre civile entre les musulmans et les Français de souche au prétexte que certaines banlieues sont désertées par leur population d'origine. Difficile de ne pas voir que ce type de propos fait de l'immigré un ennemi en puissance et légitime la haine de l'étranger.

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