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Aujourd'hui l'économie

La crise grecque, une nouvelle épreuve pour la zone euro?

Audio 03:42
Alexis Tsipras, le leader du parti grec anti-austérité Syriza.
Alexis Tsipras, le leader du parti grec anti-austérité Syriza. Reuters/Tobias Schwarz

Les Grecs sont appelés aux urnes le 25 janvier prochain pour élire un nouveau Parlement, et ils pourraient porter au pouvoir le parti anti-austérité Syriza. C'est un test politique majeur pour la Grèce, et pour la zone euro une nouvelle épreuve.

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Quand la crise de la dette a commencé, le moindre événement sur la scène grecque prenait des allures de tragédie pour la zone euro. En 2012 le « grexit », l’hypothèse d’une sortie de la Grèce de la zone euro, faisait même craindre la disparition de la monnaie unique. C'est alors que Mario Draghi, le patron de la Banque centrale européenne, a maté la spéculation en déclarant que la BCE ferait tout pour protéger l'euro.

Ces mots magiques sont encore dans toutes les têtes. Et puis il y a aussi les nouveaux outils à la disposition des Européens : le mécanisme européen de stabilité, un fonds pour agir en cas d'urgence. Enfin, en deux ans, la situation de ceux qu'on surnommait alors les maillons faibles s'est complètement retournée.

Cette année, l'Irlande et le Portugal sont sortis des procédures d'assistance mises en place par la troïka, l'Espagne est sur la voie de la reprise. Quant à la Grèce, même si sa santé économique est encore précaire, avec une dette qui pèse presque deux fois son Produit intérieur brut, il y a une différence de taille : ses principaux créanciers ne sont plus des investisseurs privés mais essentiellement les Etats de la zone euro.

Cela veut dire que la Grèce est à l'abri d'une attaque sur le marché de la dette. On voit d'ailleurs que les marchés de la dette ont modérément réagi. Les taux italiens, espagnols et portugais se sont légèrement tendus hier, mais sans paniquer. Quant à l'euro, il a plongé ce matin à son plus bas niveau depuis deux ans, mais dans une Europe à la recherche d'un nouveau souffle qui va s'en plaindre ?

Le calendrier politique de la Grèce remet-il en cause les plans de Bruxelles et Francfort pour relancer la croissance ?

Les élections anticipées sont organisées parce que les Grecs ne veulent plus de l'austérité. Ce rejet valide le plan d'investissement de la Commission Juncker. C'est un plan de relance qui passe par des dépenses, qu'on espère financer par le secteur privé et non pas de nouvelles économies. Cela conforte aussi le bien fondé des mesures d'assouplissement monétaire que la BCE veut mettre en œuvre courant 2015. 

Sauf que, et c'est là où le bât blesse, annoncer qu'elle rachète à tout va de la dette européenne à son prochain conseil le 22 janvier, c'est-à-dire quelques jours avant l'élection grecque, quand le parti Syriza promet à ses électeurs d'obtenir un nouveau coup de rabot sur sa montagne de dettes, serait du plus mauvais effet. La trajectoire européenne devra tenir compte des élections grecques, mais elle n'est pas remise en cause pour autant.

Le programme de Syriza, contre l'austérité et pour la renégociation de la dette, est-il acceptable pour Bruxelles ?

Pour la Commission, comme pour la BCE, c'est très compliqué. Athènes a trouvé auprès de l'Europe un créancier certes exigeant, mais aussi très avantageux. Qui prête sur 30 ans à des taux défiants toute concurrence ? Une renégociation équivaut donc à faire payer le contribuable européen. Impensable pour les Allemands.

Mais s'y refuser présente un risque politique, c'est celui de la montée des extrêmes de droite comme de gauche. Un risque qui sera certainement pris en compte au moment où des scrutins décisifs sont prévus dans trois autres pays fatigués par des années d'austérité : l'Espagne, l'Italie et le Portugal.
 


 
EN BREF DANS L’ECONOMIE

L’Ukraine a connu en 2014 sa pire année depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale

C'est l'avis de la présidente de la Banque centrale, qui a annoncé le recul de 7,5 % du Produit intérieur brut sur l'ensemble de l'année 2014. Kiev a adopté hier un plan d'austérité qui doit lui permettre de recevoir une nouvelle tranche d'aide massive du FMI.

 

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