Accéder au contenu principal
Revue de presse française

A la Une : 2015…

Audio 06:04
AFP

Publicité

Une nouvelle année qui démarre, porteuse d’espoirs et de rêves, pourquoi pas ? Mais, pour les Français, le moral est toujours en berne. C’est du moins ce qu’affirme Le Parisien qui s’appuie sur un sondage… « Les vœux de François Hollande, optimistes, forcément optimistes, ne suffiront pas à les convaincre. Année après année, les Français affichent un pessimisme à toute épreuve, relève donc Le Parisien. Et 2015 ne sacrifiera pas à la règle, comme si le pire était toujours possible, voire probable… Certes, constate le journal, ce sondage a cru détecter un léger mieux, puisque le moral de nos compatriotes est le moins bas depuis quatre ans. Mais pas de quoi espérer de la part de ceux qui comptent parmi les plus gros consommateurs de psychotropes au monde une conversion radicale à un optimisme béat. »

Alors qu’est-ce qui coince ? « Loin devant l’insécurité, la délinquance et l’immigration clandestine, le chômage, les impôts et la baisse du pouvoir d’achat continuent de nourrir le blues des moins jeunes et même des jeunes… »

Commentaire de l’historien et économiste Nicolas Baverez, interrogé par Le Parisien : « 'les Français sont paralysés par un Etat impuissant à conduire le changement'. De fait, enchaîne le journal, près des deux tiers des sondés souhaitent un renouvellement du personnel politique, ainsi que moins d’affaires. De Bygmalion à Thévenoud, ces scandales ont creusé le fossé entre les Français et leurs dirigeants. Sans parler des promesses maintes fois réitérées et jamais tenues. »

Du coup, pointe Le Parisien, « le vote en faveur des extrêmes tente les citoyens français. Le FN, qui n’a jamais gouverné et n’a donc jamais déçu, risque d’être le grand gagnant de ce désarroi national. Aux partis traditionnels de relever le défi, de faire en sorte que les électeurs retrouvent le chemin des urnes et des raisons d’espérer. »
Et le journal de conclure : « la confiance ne se décrète pas, elle s’instaure ou se restaure. Alors souhaitons que nos politiques soient en capacité, cette année, d’exaucer ce vœu. »

Un monde meilleur ?

Pour ce qui est de la France et au-delà, le quotidien Le Monde prend le risque assumé de la naïveté en ne s’interdisant pas de souhaiter « un monde meilleur en 2015. »
« Un monde meilleur ? Cela suppose, d’abord, l’intensification de la lutte contre l’ 'Etat islamique' et sa barbarie aveugle, estime le quotidien du soir. Cette organisation terroriste ne ravage pas seulement une Syrie déjà dévastée par trois ans de guerre civile et un Irak chancelant. Elle déstabilise le Moyen-Orient, essaime en Afrique et en Asie du Sud, vient recruter jusqu’en Europe. (…) Pour l’Europe, poursuit Le Monde, l’urgence n’est pas seulement au sud, elle est aussi à l’est. L’Union européenne, unie, doit continuer à contrecarrer les menées du président Poutine à l’égard de ses voisins et en particulier de l’Ukraine. Les sanctions sont efficaces. Mais il faudra éviter que, sous l’effet de la baisse des prix du pétrole, l’économie russe ne s’effondre et déstabilise, par ricochet, les économies européennes. (…) L’autre priorité des Européens est de conjurer la déflation-stagnation. Comme un gros nuage noir sur 2015, cette menace doit mobiliser tous les leviers économiques, pour éviter à l’Union le sort de la "décennie perdue" du Japon. »

Enfin, Le Monde pointe également le mal-être des Français… « Pour sortir de cette dépression, les remèdes sont connus, estime le journal : dépasser la guerre civile froide et stérile qui tétanise le jeu politique et alimente la défiance des citoyens, surmonter les corporatismes qui paralysent le pays, confortent les rentes, creusent les inégalités et empêchent la réforme, sortir de l’illusion périlleuse que la France pourrait échapper, seule, de la crise, permettre au pays de se situer et de s’engager avec confiance dans le monde actuel. »

Qui aurait…

Sud-Ouest, pour sa part, veut rester optimiste… « Malgré son cortège de drames, 2014 a laissé en partant des promesses en germe. (…) Dans le monde, devant la monstruosité d’un islam de sang et de fureur dont l’objectif était d’étendre un califat issu de temps obscurs entre Irak et Syrie, il s’est trouvé des hommes et des femmes pour dire non, au mépris de leur vie. Qui aurait parié sur la résistance acharnée de Kobané, cette ville kurde aux confins de la Syrie et de la Turquie, et sur l’aide apportée par les avions de l’Otan ? Et sous les tropiques, de l’autre côté de la planète, relève encore Sud Ouest, quel devin aurait imaginé les mains tendues de Barack Obama et Raul Castro pour en finir avec le dernier avatar de la guerre froide ? Qui attendait cette voix forte d’un pape argentin qui admoneste les siens, ravive la diplomatie des couloirs du Vatican et s’engage pour les chrétiens d’Orient abandonnés ignominieusement à l’oubli et la disparition ? Qui aurait cru l’Europe capable d’envoyer au fond de l’espace une sonde au nom de divinité égyptienne sur une comète spongieuse, à la rencontre des débuts de notre galaxie ? Enfin, conclut Sud-Ouest, notre pays dont nous aimons tant nous moquer a reçu cette année deux prix Nobel, dont l’un a été décerné au plus discret des écrivains, acharné à retourner l’histoire pour la rendre universelle. »

Signes ténus…

Enfin, Les Dernières Nouvelles d’Alsace tentent la synthèse… « En France, le chômage s’incruste. La guerre continue au Proche-Orient (…). En Ukraine, Vladimir Poutine persiste à se prendre pour un grand stratège. On reste sans nouvelles des lycéennes enlevées au Nigeria (…) Heureusement, tout n’est pas de la même triste farine. Jean Tirole et Patrick Modiano vont continuer sur la lancée de leur prix Nobel. Les scientifiques européens ont des mois de travail pour décortiquer l’étonnant voyage du robot Philae (…) Des médecins avancent dans la lutte contre le virus Ebola et le paludisme. Les habitants de Hong Kong épris de démocratie ont trouvé espoir dans les manifestations géantes de l’automne. »

Certes, reconnaît le quotidien alsacien, « ce ne sont pas des révolutions, seulement des évolutions, mais elles donnent la mesure du possible (…). Il y a autour de nous, jusque dans nos modestes vies quotidiennes, des signes parfois ténus qu’il faut savoir repérer car ce sont d’excellents antidotes à l’accablement ambiant. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.