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Chronique des matières premières

Pourquoi les surplus de matières premières vont subsister

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Un camion transportant du fer extrait d'une mine à ciel ouvert.
Un camion transportant du fer extrait d'une mine à ciel ouvert. Getty Images/John W Banagan

Absence de solidarité des producteurs, facteurs monétaires... pourquoi les surplus de pétrole, de fer ou de caoutchouc seront très lents à disparaître.

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Les surplus de matières premières sont en ce début 2015 le principal facteur de baisse des prix. On pourrait alors se dire qu'il suffit de diminuer la production, pour que l'équilibre se rétablisse par rapport à la demande, ralentie, en produits de base. Plus facile à dire qu'à faire. Il y a l'inertie de l'économie minière et pétrolière. On ne peut plus revenir sur certains investissements décidés il y a dix ans dans les mines de cuivre, de l'Australie au Chili.

Il faut aussi compter avec l'égoïsme des producteurs. À l'heure des vaches maigres, chacun voit son intérêt. Les États ont pris pendant dix ans l'habitude de construire leurs budgets sur la base de revenus d'exportation, confortables comme jamais dans l'histoire. Si l'OPEP a refusé de réduire sa production de brut, c'est que l'Arabie saoudite ne voulait absolument pas céder ses parts d'un marché pétrolier déjà rétréci, ni à ses collègues du cartel, ni aux producteurs hors OPEP, qui se seraient empressés de remplacer les barils saoudiens manquants. Le pétrole du Moyen-Orient et le pétrole africain se disputent comme jamais le marché asiatique, depuis que le marché américain s'est rétréci.

Le minerai de fer a lui aussi perdu la moitié de sa valeur. Qu'à cela ne tienne, Rio Tinto, BHP, Vale, les grandes compagnies produisent comme jamais, elles rattrapent en volume ce qu'elles perdent en valeur, sur des gisements encore très rentables, tuant au passage les concurrents plus fragiles ! Les productions agricoles réagissent plus vite à la fluctuation des prix : on sait déjà que les « farmers » américains diminueront les surfaces de céréales et de soja cette année. Mais il est beaucoup plus difficile pour les producteurs de caoutchouc, Malaisie ou Thaïlande, de ralentir la saignée des hévéas sans l'accord du Vietnam, franc-tireur du marché. Enfin, la chute des prix des matières premières est amortie pour certains pays émergents par la hausse du dollar. La valeur de l'or produit en Afrique du Sud, par exemple, a baissé de 5 % en dollar, mais en monnaie locale, le rand, les revenus aurifères ont augmenté de 3 %, ce qui n'encourage pas à diminuer fortement la production.

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