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Invité Afrique

RDC: «Le recensement vise la bonne tenue des élections» selon la majorité

Audio 05:27
Sebastien Luzanga Shamandevu, porte-parole de la majorité présidentielle congolaise.
Sebastien Luzanga Shamandevu, porte-parole de la majorité présidentielle congolaise. radiookapi.net

Le président congolais Joseph Kabila a annoncé l'organisation d'élections locales provinciales et municipales en 2015, ainsi qu'un recensement général de la population au cours de l'année. Un message dans lequel il n'a pas évoqué les présidentielles censées se tenir au plus tard fin 2016. Pourquoi annoncer un recensement si près des prochaines échéances électorales ? N'est-ce pas un moyen de prolonger son mandat sous prétexte de recensement, pour éviter d'avoir à modifier la constitution, comme le craint l'opposition ? (puisqu'il n'a théoriquement pas le droit de se présenter) ? Pourquoi Joseph Kabila n'a t-il rien dit pour l'instant officiellement sur ses intentions ? Sébastien Luzanga Shamandevu, porte-parole de la majorité présidentielle congolaise répond aux questions de RFI.

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RFI : Le président Kabila a annoncé dans ses vœux à la Nation, la tenue d’élections locales, municipales et provinciales mais aussi la tenue d’un recensement. Est-ce qu’il pourra être terminé avant le scrutin annoncé ?

Sébastien Luzanga Shamandevu : Je crois que le recensement et l’identification seront terminés en temps utile pour que nous ayons de bonnes élections. Ça fait partie des conditions sine qua non pour que nous ayons vraiment de bonnes élections, des élections qui n’apporteront pas de contestations.

Est-ce que conditionner l’élection au recensement, ce n’est pas à aller vers un retard de la date du prochain scrutin et de la présidentielle, est-ce que ce n’est pas un glissement garanti et une prolongation du mandat de Monsieur Kabila ?

De quel glissement vous voulez parler, il n’y a pas de glissement. Cessez de nous prêter des intentions ! Nous voulons organiser cette identification et ce recensement, qu’est-ce qu’on peut nous reprocher ! Qu’est-ce que ça à voir avec le glissement du mandat du président de la République ? Je vous vois venir Madame, tout le temps [d'un] mandat prolongé du président de la République, il n’en est pas question. Joseph Kabila avec sa famille politique ont reçu du peuple congolais un mandat de cinq ans, il reste deux ans et ces deux ans, c’est ça qui intéresse le président de la République. Tout ce qui se fait aujourd’hui, ce ne sont que des procès d’intentions que vous prêtez au président de la République et que vous prêtez à sa famille politique.

Est-ce que justement pour couper court aux rumeurs, aux spéculations, est-ce que Joseph Kabila n’aurait pas intérêt à clarifier sa position et ses intentions ?

Non Madame, quel intérêt ? Le moment venu, en décembre 2016, le président de la République se prononcera. Soyez tranquille ! Vous cherchez à nous distraire ou l’opposition cherche à distraire la majorité présidentielle et le président de la République.

Vous savez bien qu’il n’y a pas que l’opposition, au sein même de la majorité présidentielle, dont vous faites partie, il y a notamment le président du Sénat, le gouverneur du Katanga monsieur Moïse Katumbi, qui ont laissé entendre qu’il ne fallait pas modifier la constitution. Donc il y a un vrai débat au sein de la majorité présidentielle déjà à l’heure qu’il est ?

Oui Madame. C’est tout à fait normal, c’est encore la démocratie, le président du Sénat l’a dit il y a quelques jours. Mais le 20 mars, le président Kabila, quand il a reçu sa famille politique, nous a donné des injonctions. Il a dit textuellement ce que je vais vous dire : tout ce qui se fera sous son leadership se fera conformément à la constitution. Du premier article jusqu’à l’article 229 qui est le dernier article, tout ce qui va se faire, va se faire conformément à la constitution.

Donc si je comprends bien, vous pouvez nous dire aujourd’hui, en tant que représentant de la majorité présidentielle, qu’il n’y aura pas de modification de la constitution et que le Président Kabila ne sera pas candidat pour un troisième mandat ?

Madame, tout ce que vous êtes en train de dire là, ce n’est pas dans nos intentions : réviser la constitution, le mandat… Laissez cette histoire de mandat du président de la République ! Pourquoi vous voulez qu’il se prononce aujourd’hui ? La République Démocratique du Congo n’est pas le Burundi, n’est pas le Rwanda, n’est pas le Congo en face, n’est pas le Togo, n’est pas le Gabon. Nous avons des problèmes particuliers à nous. Troisième mandat ou pas troisième mandat, aujourd’hui n’insistez pas, c’est hors contexte.

Sébastien Luzanga Shamandevu quelles leçons avez-vous tiré au sein de la majorité présidentielle de ce qui s’est passé au Burkina Faso ?

Le Burkina Faso a ses réalités et ses problèmes, à son peuple, je n’ai pas de leçons à tirer de ce qui s’est passé au Burkina Faso.

Vous dites que le Congo n’est pas le Burkina Faso, est-ce que ce qui s’est passé à Ouagadougou vous a laissé insensible ?

[Concernant] ce qui s’est passé à Ouagadougou, je veux dire que l’ex-président avait au moins franchi le Rubicon : il devait ce jour-là voter la loi pour changer la constitution. Mais nous n’en sommes pas là ! Madame, s’il vous plaît, nous n’en sommes pas là !

Mais la question d’un troisième mandat aussi se pose chez vous ?

Troisième mandat de qui ? Nous nous sommes jamais prononcé là-dessus et moins encore le président de la République.

Monsieur Shamandevu, est-ce que Blaise Compaoré a commis des erreurs qu’il ne faut pas répéter, même dans un contexte différent ?

Je ne voudrais pas porter un jugement. Je vous l’ai dit tout à l’heure : ils ont franchi le Rubicon, il s’est passé ce qui s’est passé mais le contexte est différent, laissez le tranquille. Laissez Kabila tranquille, travailler pour son peuple.

Vous, vous ne franchirez pas le Rubicon ?

Le moment venu, la famille politique à laquelle appartient le président de la République Kabila se prononcera.

Le mandat du Président Kabila se termine le 19 décembre 2016 et, selon les textes, des élections doivent avoir lieu trois mois avant, c’est un délai tenable ?

Attendez ces trois mois-là, il se prononcera, nous n’en sommes pas encore là, c’est trop tôt. C’est trop tôt ! Remarquez que nous avons, jusque-là, respecté la constitution. La consigne que nous avons du président de la République [c'est que] tout ce qui va se faire sous sa direction, sous sa houlette, se fera conformément à la constitution.

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