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Revue de presse française

A la Une: Sahel, l’appel de la France

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AFP

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Le ministre français de la Défense ne l’a pas dit tel quel lors de sa tournée (qui se poursuit) aux troupes de l’opération militaire française « Barkhane ». Mais c’est bel et bien un appel à la « mobilisation internationale » que lance la France dans le Sahel. Et la presse quotidienne française résonne en écho de toute l’urgence de cet appel.

C’est la Libye qui est « dans le collimateur » de Le Drian, explique Le Parisien. Car plusieurs Etats de la région, dont le Niger et le Tchad, réclament une intervention militaire internationale afin de stopper la « contagion jihadiste » vers le sud, explique le quotidien. Certes, Jean-Yves Le Drian plaide avant tout pour une solution « politique », concède le journal. Mais « certains » hauts gradés n’excluent pas la possibilité de frappes aériennes « coordonnées », pour peu que l’Egypte et l’Algérie « donnent leur feu vert », complète Le Parisien.

En attendant (c’est vraiment le cas de le dire), le confrère offre à ses lecteurs une visite guidée du camp militaire nigérien de Madama, où 200 militaires français sont désormais postés pour traquer les terroristes. Une fournaise au confort « sommaire » où la douche est « glacée » et où, la nuit, les températures chutent « vertigineusement », le thermomètre passant largement « en dessous de zéro ». Balayé par l’harmattan qui rend même les chèvres « folles », cet univers « minéral » est immense et « difficile à surveiller », souligne, très lyrique, Le Parisien.

A cette tentation littéraire digne du « Désert des Tartares », Le Figaro se garde bien de céder. Car, pour lui, ce qui compte, c’est l’urgence de l’appel de la France. Et le journal y consacre son éditorial ainsi qu’une page intérieure entière plus une photo de une.

Depuis qu’elle a été livrée aux milices, la Libye est devenue le « dernier théâtre de la compétition entre al-Qaida et Daech », souligne-t-il, un sanctuaire terroriste « au balcon de l'Europe ».

La Libye « livrée » aux milices ? Le Figaro omet de préciser le nom du livreur. Mais en écho au ministre français de la Défense, qui, depuis plusieurs mois, « sonne le tocsin » face au désordre libyen, le quotidien préfère alerter ses lecteurs sur l’urgence à agir. Et pour ce faire, il n’hésite pas à convoquer « l’honneur de la France ».

Il est en effet, écrit-il, « tout à l'honneur de la France de tirer la sonnette d'alarme quand d'autres regardent ailleurs ». C’est le sens de la tournée dans le Sahel du ministre Jean-Yves Le Drian.

Mali : les bons et les méchants

En attendant, Le Figaro plaide une fois de plus pour un « accord de paix » au Mali entre le pouvoir de Bamako et les Touaregs. Fidèle à une constante, depuis des décennies, de la politique française dans la région, le journal prend soin de faire le distinguo sémantique entre ce qu’il appelle les « groupes terroristes » (les djihadistes) et les « groupes rebelles » (les Touaregs). Nuance.

« Il y a les groupes terroristes, contre lesquels tous les acteurs entendent lutter. Et il y a les groupes rebelles, menés par les Touaregs du MNLA », énonce-t-il. On sait bien qu’à Bamako, cette rhétorique ancienne a l’heur d’en irriter plus d’un, mais le journal n’en a cure. Car pour lui, et sans surprise, l’accord de paix qui doit être discuté à Alger ce mois-ci entre le pouvoir malien et les Touaregs « devra permettre de redéployer l’armée malienne dans le Nord, et d’unir les différentes parties contre un ennemi commun : le terrorisme djihadiste », énonce Le Figaro.

Hollande : le guerrier africain

Pour autant, cet appel, relayé pleine page par Le Figaro, à la « mobilisation internationale », signifie, pour l’armée française, une guerre de plus. Et, du coup, Le Figaro se demande si François Hollande ne va pas livrer « une guerre par an ? ». Car avec déjà « deux guerres africaines à son compteur », le président français semble s'installer dans le rôle de « gendarme des immensités sahéliennes », remarque-t-il. En lançant son appel à la « mobilisation internationale », Jean-Yves Le Drian promet que « la France y prendra évidemment toute sa part ». Et Le Figaro trouve que, si le président compte livrer une guerre par an, « la moindre des choses serait d'annoncer la couleur aux Français ».

Afghanistan : échec occidental

En Afghanistan, en revanche, une page se tourne, avec le retrait des troupes combattantes de l’Otan. Et La Croix s’en inquiète, car elles laissent un pays « toujours divisé et menacé » par les fondamentalistes. C’est ainsi, regrette le quotidien catholique, la présence militaire occidentale de treize ans « n’a pas réussi à stabiliser le pays ». Pendant deux ans, quelques 12 500 militaires, dont environ 5 000 Américains, vont continuer à « former, conseiller et assister » les forces de sécurité afghanes. « Mais ils ne participeront pas à des opérations de combat, souligne le journal. Qui se souvient opportunément du « jour où l’Armée rouge se retira » d’Afghanistan. C’était le 15 février 1989. C’était il y a un quart de siècle. L’histoire bégaie. Que réserve l’avenir ? Le régime pro-occidental « ne devrait pas s’effondrer rapidement, prédit La Croix, du moins aussi longtemps que les Occidentaux continueront à le financer ».

Foot : arnaque sur gazon

C’est l’info du jour dans la presse française ce matin, cette nouvelle histoire de match de football truqué. Un match de Ligue 2, l’an dernier, entre Nîmes et Istres. Etant rappelé que les dirigeants du club de foot de Nîmes sont déjà empêtrés dans six autres affaires de matchs truqués, Le Parisien en rajoute une en publiant le fac-simile d’un courrier envoyé notamment à la police et à justice par le club de foot d’Istres et dans lequel on peut lire qu’un de ses joueurs, du nom de « Cyril Jeunechamp », a été approché par un « intermédiaire », du nom d’« Abdelnasser Ouadah », aucien joueur lui-même, reconverti dans la télé comme consultant.

Ce dernier aurait proposé au joueur d’Istres un « contrat » à Nîmes, « à condition   on peut l’imaginer   de lever le pied à l’occasion de cette rencontre », explique Le Parisien. « Tentative d'arrangement », que le joueur d’Istres a « refusée », s’empresse de compléter le quotidien. Résultat : Nîmes, ce jour-là, a battu Istres un but à zéro. Et Istres, en fin de saison dernière, a été relégué en National, championnat dans lequel il figure aujourd’hui dans les profondeurs du classement. Football business, as usual.

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