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Revue de presse Afrique

A la Une : l’accord d’Alger

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« L’accord de paix et de réconciliation au Mali a donc été signé hier à Alger, constate le quotidien algérien La Tribune, mais sans la Coordination des mouvements de l’Azawad, la CMA, qui a demandé un délai de quelques jours " pour expliquer la teneur de ce document aux populations du Nord-Mali ". (…) Le porte-parole de la CMA, Mouloud Ramdane, poursuit le journal, a expliqué que les mouvements belligérants tenaient à leur principale revendication qu’est la " reconnaissance de l’appellation de l’Azawad " par le gouvernement malien. " Nous n’avons pas pris les armes pour rien, a-t-il affirmé. Nous voulons une définition claire du statut de l’Azawad et une reconnaissance politique et juridique" de ce territoire du Nord-Mali. Interpellé à ce propos, maître Harouna Toureh, le porte-parole des mouvements pro-Bamako de la Plateforme d’Alger, a répondu qu’il était " impossible d’introduire le moindre article en ce sens dans le document". » Conclusion, constate La Tribune : la CMA pourrait ne pas signer cet accord. Ce qui pourrait ouvrir la voie à un nouveau cycle de violences armées.

Que vaut un accord sans le MNLA ?

La presse à Bamako est partagée entre soulagement et inquiétude. Pour le quotidien L’Indépendant, « il n’est pas étonnant que les séparatistes kidalois n’aient pas paraphé l’accord de paix proposé à Alger. La question est de savoir maintenant s’ils pourront conserver ce comportement totalement négatif longtemps. (…) Il n’est assurément pas dans leur intérêt de s’enfermer dans l’isolement, de s’exclure de la dynamique de paix portée par la communauté internationale. Une telle conduite ne leur laisserait d’autre choix que la poursuite de la guerre, affirme encore L’Indépendant, dont ils ont de moins en moins les moyens, à en juger par les nombreux revers subis ces dernières semaines face aux groupes armés dédiés à la sauvegarde d’un Mali un et indivisible. »

« Que vaut un accord sans le MNLA ? », s’interroge pour sa part Le Prétoire, toujours à Bamako. « Aujourd’hui, le Malien lambda se pose la question de savoir si ce bienveillant accord obtenu mettra fin aux supplices des populations du nord. L’affirmative est trop osée pour peu qu’on fasse preuve de réalisme, car il est évident qu’un accord sans le MNLA est très différent d’un accord impliquant celui-ci. Au gouvernement malien de capitaliser au mieux cet acquis, estime Le Prétoire, cela avec la bienveillante implication de l’Algérie et de la communauté internationale très souvent prise en flagrant délit de duplicité. Egalement en travaillant le MNLA au corps afin de l’amener, dans un bref délai, à endosser l’accord. De même, pointe encore le journal, la vigilance doit rester de mise en ce qui concerne les velléités sécessionnistes des Touaregs de Kidal qui pourraient astucieusement profiter de ce repli stratégique pour se faire oublier un tant soit peu pour conforter leur position, dynamiser leur diplomatie et au final, se faire adouber par une communauté internationale à la versatilité légendaire. Alors, c’est le Mali qui se sentirait floué. Touchons du bois ! »

Premier palier…

Pour le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou, il faut malgré tout positiver… « Après sept mois à ahaner à Alger, tel l’éternel Sisyphe avec sa pierre sur la montagne, les protagonistes du dialogue intermalien ne pouvaient pas s’attendre à mieux, à savoir, une sorte de premier palier, avant peut-être un accord définitif. En refusant pour l’instant, d’apposer leur paraphe, la CMA veut se donner un délai, le temps de consulter en quelque sorte, sa base et de soupeser les tenants et les aboutissants du document. Car si bien sûr, du côté d’Alger, on a discuté, pinaillé sur de nombreux détails, tous ramenant à l’autonomie du Nord-Mali, sur le terrain justement, les choses ne sont pas aussi simples. (…) En dépit donc de l’absence de la signature du mouvement de l’Azawad sur le texte, il faut positiver, estime Aujourd’hui, car palier après palier, on parviendra un jour à trouver une solution à cet épineux problème malien qui est vieux de plusieurs décennies. »

Enfin, le site d’information Fasozine exprime son impatience : « A l’allure où vont les choses, on a l’impression que plus les pourparlers durent, moins on se rapproche du bout du tunnel. Or, il faudra bien siffler la fin des négociations pour passer aux actions concrètes de développement dont les populations ont besoin pour recommencer à croire aux vertus du vivre-ensemble dans un seul et indivisible Mali. »

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