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Aujourd'hui l'économie

Le marché de l’art toujours en pleine euphorie

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Le tryptique de Francis Bacon, vendu aux enchères pour 142,4 millions de dollars à New York, en novembre 2014.
Le tryptique de Francis Bacon, vendu aux enchères pour 142,4 millions de dollars à New York, en novembre 2014. REUTERS/Shannon Stapleton

Le marché mondial de l'art poursuit sa trajectoire exponentielle. En 2014, les échanges ont augmenté de 25 % par rapport à 2013 selon le baromètre publié par Artprice.

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Le marché de l'art, décrit dans le rapport annuel d'Artprice, pèse aujourd'hui 15 milliards de dollars. Les échanges progressent sans discontinuer depuis les années 1990. En dix ans, ce marché a fait un bond de 300 %. On ne parle là que de la partie la plus médiatique du marché : les ventes aux enchères. De tableaux, de sculptures ou de dessins, où les signatures d'Andy Wahrol, Picasso et de Francis Bacon sont cette année encore celles qui s'arrachent à coups de millions de dollars.

Plus de 1 600 ventes ont dépassé le seuil du million de dollars. On a vu un Gauguin emporté par le Qatar à 300 millions de dollars. Pourquoi pas bientôt des ventes dépassant le milliard de dollars ? C'est plausible selon le fondateur d'Artprice.

Comment expliquer une telle explosion du marché ?
 
La courbe du marché de l'art suit celle des grandes fortunes de ce monde, c'est-à-dire toujours en phase ascendante. On mise aujourd'hui sur l'art comme on investissait hier dans une mine d'or ou un puits de pétrole. Par ailleurs, devenir collectionneur est presque un passage obligé pour les nouveaux nababs de l'entreprise mondialisée. C'est vrai aussi bien en Chine, le premier pays acheteur, qu'aux Etats-Unis ou en Europe.

La prospérité du marché de l'art s'explique aussi par l'essor mondial des musées. On a ouvert plus de musées ces quinze dernières années que pendant les deux derniers siècles du deuxième millénaire. Avec un nouveau musée créé chaque jour en Asie, on est passé à l'ère industrielle de l'art. Or pour être crédible, une institution doit posséder plusieurs milliers d'oeuvres dans sa réserve, ces acteurs sont donc des clients importants.

Cette effervescence est-elle durable ?

Les ventes aux enchères dont rend compte le rapport annuel d'Artprice représentent le pôle le plus dynamique et le plus spéculatif du marché. Celui où les prix grimpent en continu. D'où l'argumentaire décliné par les opérateurs sur la stabilité, la fiabilité dans le temps et la rentabilité de ce marché.

Mais le marché de l'art recouvre en fait des réalités très diverses. 60 % des échanges se déroulent ailleurs. Dans les galeries, par exemple, qui donnent des informations sur leur chiffre d'affaires mais certainement pas sur les prix des oeuvres vendues. Il y a des lieux encore plus discrets pour faire le commerce de l'art : les ports francs, créés à l'origine pour faciliter la circulation des oeuvres, et domiciliés dans des pays précédés de leur réputation de paradis fiscal. Les transporteurs de tableaux génèrent un quart de leur activité seulement.

Le reste provient de la conservation sur place de tableaux achetés confidentiellement et qui échappent ainsi à l'impôt. Les prix de vente dans ce type d'enceinte relèvent de l'arrangement privé, avec des commissions et des évaluations subjectives. Des pratiques révélées au grand jour avec les poursuites judiciaires engagées la semaine dernière contre le Suisse Yves Bouvier. L'administrateur des ports francs de Genève, Singapour et Luxembourg est accusé par une richissime famille russe d'avoir surfacturé des tableaux de maître.




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