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Revue de presse française

A la Une: Le Pen contre Le Pen

Audio 06:05
AFP

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C’est la guerre au sein du Front national.
« Front national : guerre ouverte entre Marine Le Pen et son père », s’exclame Le Monde. « Guerre ouverte chez les Le Pen », renchérit Sud Ouest. « La guerre des deux FN », lance La Croix. « Front national : la rupture », constate Le Figaro. « Rupture au FN : à qui père gagne », ironise Libération.

Paris Normandie résume l’affaire : « la rupture semble consommée entre Jean-Marie et Marine Le Pen. Après une énième provocation dans l’hebdomadaire d’extrême-droite Rivarol, dans lequel entre autres abjections le père défend Pétain, la fille le désavoue et s’oppose à sa candidature comme tête de liste FN en Provence-Alpes-Côte d’Azur aux élections régionales. La présidente du parti en a informé le président d’honneur hier. »

« Mort au tyran !, s’exclame Le Midi Libre. Tel Jules César au milieu de la Curie romaine, Jean-Marie Le Pen a eu droit à un assassinat politique en règle. À un complot de première classe. Voulant laver l’honneur bafoué du Front national, les conspirateurs sont venus, tour à tour, poignarder le pater familias. »

France Antilles renchérit : « Marine Le Pen le sait et les dernières élections l’ont confirmé : si elle veut inscrire durablement son mouvement – premier ou deuxième parti de France ! – dans la vie politique française, elle n’a d’autre alternative que de le décharger de son histoire, particulièrement pesante, liée à l’extrême droite. Dusse-t-elle pour cela tuer le père ! »

« Longtemps, insiste L’Est Républicain, le Front national ne fut qu’un parti d’opposition, agitateur de parole. Il rêve aujourd’hui d’un autre destin et doit donc se défaire de l’encombrante ombre du père fondateur et de ses relents d’un autre temps. »

Un parti comme les autres ?

Cette éviction de Jean-Marie Le Pen s’inscrit finalement dans la stratégie de dédiabolisation du Front national, chère à Marine Le Pen depuis qu’elle est aux commandes du parti.

Toutefois, s’interroge Libération, « en rompant avec son fondateur – encore qu’il reste à ce jour président d’honneur…– le Front national devient-il un parti comme les autres ? Non, répond le journal.[…] Le Front national se garde, dans ses instances dirigeantes, de toute déclaration raciste. Il n’en devient pas pour autant républicain. Ceux qui en doutent doivent lire son programme. Désigner l’immigration comme la source principale des maux du pays, prévoir d’abolir le droit du sol comme on l’avait fait sous Vichy, fermer les frontières à toute immigration illégale, ce qui suppose de recourir à un appareil policier décuplé, instaurer la priorité nationale pour le logement et l’embauche, interdire toute manifestation de solidarité avec les sans-papiers, n’est-ce pas, finalement, désigner un bouc émissaire national à la crise ? C’est-à-dire fonder sa politique sur l’éternel préjugé xénophobe. »

La Croix est sur la même ligne : « les analyses des discours soulignent à quel point, malgré quelques ruptures stylistiques, Marine Le Pen continue de porter haut et fort bien des logiques du fondateur du FN. Elle sait s’inscrire, malgré quelques adaptations rhétoriques, dans une continuité parfaite avec l’histoire de l’extrême droite en mobilisant les peurs et stigmatisant l’étranger. »

Attention, prévient également Le Figaro, « le Front national de Marine Le Pen n’est certes plus celui de son père. Il ne cultive plus la nostalgie de Vichy ou de l’Organisation de l’armée secrète. Et sa direction sanctionne toutes références douteuses ou relents d’antisémitisme. Mais il n’en est pas moins dangereux… Si, de scrutin en scrutin, des centaines de milliers d’électeurs supplémentaires votent pour ce parti, c’est qu’ils y trouvent un intérêt. Pas dans la personnalité de son fondateur, mais bien dans le programme de sa fille dont il faut dénoncer les risques qu’il ferait courir à notre pays : sortie de l’euro, retour à la retraite à 60 ans, augmentation du smic, du nombre de fonctionnaires… » Et Le Figaro de conclure : « Marine Le Pen ne manquera sans doute pas de faire de ce psychodrame familial le symbole de la dédiabolisation de sa formation. Mais le diable se cache désormais ailleurs au FN. C’est dire si la vigilance reste de mise. »

Fausses naïvetés…

A la Une également : l’ouverture des archives de l’Elysée sur le Rwanda… Plusieurs journaux reviennent ce matin sur cette décision des autorités françaises, prise mardi soir, au moment où le Rwanda entamait la commémoration du 21e anniversaire du génocide de 1994. « Que peuvent révéler ces archives ? », s’interroge Libération. « Il n’est pas certain que la déclassification des archives de l’Elysée permette de découvrir “le document miracle qui va révéler du neuf”, selon les termes de l’historien Jean-Pierre Chrétien. “Un historien est toujours content d’avoir accès à des archives. Donc c’est une bonne nouvelle ! Mais il faut se méfier des fausses naïvetés, explique-t-il. Comme si on faisait semblant de se poser encore la question de l’implication française, alors que depuis la mission parlementaire de 1998, il a été reconnu officiellement que la France a au minimum fait preuve d’aveuglement”. “On veut nous faire croire qu’il y a encore un mystère alors que tout le monde sait que la France était du côté des génocidaires”,renchérit le journaliste Jean-François Dupaquier, toujours interrogé par Libération, c’est l’auteur de Politiques, militaires et mercenaires français au Rwanda, l’un des meilleurs ouvrages sur la désinformation et l’implication française dans cette tragédie. Cet enquêteur chevronné aimerait, lui, savoir à quel moment la France glisse réellement vers “le consentement à un possible génocide et accepte l’hypothèse de l’inéluctable”. »

Pour Le Figaro aussi, malgré l’ouverture des archives de l’Elysée, « la lumière ne sera que partielle. S’il est prévu que les archives de l’Assemblée nationale et des ministères de la Défense et des Affaires étrangères soient aussi prochainement déclassifiées, celles des services de renseignements, notamment militaires, note le journal, resteront fermées, arc-boutées sur leurs secrets d’État. L’association Survie redoute une “déclassification en trompe l’œil” qui ne répondra sans doute pas aux questions essentielles concernant les livraisons d’armes pendant le génocide ou la formation du gouvernement génocidaire dans les locaux de l’ambassade de France à Kigali. “Sur le fond, on n’apprendra sans doute pas grand-chose”,ajoute Antoine Glaser, le directeur de La Lettre du continent. Sauf, peut-être, “la manière dont François Mitterrand, déjà malade, a sous-estimé ce qui se passait au Rwanda et laissé les militaires décider”. Pour que la vérité, l’entière vérité triomphe, conclut Le Figaro, il faudra sans doute attendre encore un peu… »

Même pas mal !

Enfin, le PSG a encore frappé… 4 à 1 contre Saint-Etienne hier soir, les Parisiens se sont facilement qualifiés pour la finale de la Coupe de France de football. « Avec un Z comme Paris », lance L’Equipe en première page. Avec cette photo de Zlatan Ibrahimovic, à genoux, les bras en croix, après son triplé.

« Ils ne sont même pas fatigués », sourit Le Parisien. « Après la victoire à Marseille dimanche, avant d’affronter Bastia en finale de la Coupe de la Ligue samedi et Barcelone en Ligue des champions mercredi, il fallait hier soir franchir l’écueil d’une demi-finale de Coupe de France. La mission est réussie. »

 

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