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Revue de presse française

A la Une : le collège sera réformé

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AFP

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Le gouvernement n’a pas tardé : après la mobilisation en demi-teinte des enseignants mardi, le décret sur la réforme du collège a été publié hier au Journal officiel. La réforme devrait entrer en vigueur dès la rentrée 2016.
« Le décret de la colère », s’indigne Le Figaro.
« Réforme du collège : ça passe ou ça casse », lance Le Parisien.
« Collège : Hollande passe en force », s’exclame Le Monde.
En effet, constate le quotidien du soir, « entre la précipitation et la provocation, la frontière est parfois poreuse. En publiant, hier mercredi, soit au lendemain même d’une journée de mobilisation des enseignants, le décret et l’arrêté portant sur la réforme du collège, le gouvernement n’a pas manqué de crisper encore davantage les opposants à son projet. Manuel Valls avait pourtant prévenu dès mardi : la réforme serait bien 'mise en œuvre' et le décret 'publié le plus rapidement possible', avait assuré le Premier ministre. Il n’empêche : nul ne s’attendait à ce que le calendrier soit autant raccourci. »

Pour Le Parisien, le gouvernement a fait deux erreurs : « la première erreur a sans doute été de croire que la gauche, professeurs en tête, applaudirait à leur réforme. (…) La deuxième est de ne pas écouter les professeurs. Pas seulement pour des histoires de tambouilles électorales, relève le quotidien, mais parce qu’ils sont au centre de l’école et que l’avenir de nos enfants repose sur eux. Les profs en ont marre d’être les mal-aimés de la République, chahutés en classe, mal payés, incompris et maintenant méprisés, heurtés par la violence de ce décret d’application qui leur impose, au risque de rallumer la guerre scolaire, une réforme qu’ils voulaient encore discuter. Le pire dans cette affairee le journal, conclut Le Parisien, c’est que personne n’en sort gagnant. Surtout pas les élèves. »

Levée de boucliers

Le Figaro s’étrangle : « quel est le sens de ce geste, sinon, une nouvelle fois, la démonstration que l’exécutif est aux abois ? Empêtré dans une impopularité tenace, contesté par une partie de sa majorité qu’il manie à coups de 49-3, sanctionné par les électeurs, il se cabre. Et nie l’évidence. Dans cette affaire, pointe Le Figaro, l’évidence aurait dû conduire Najat Vallaud-Belkacem à remiser prudemment un projet contesté de toute part. On a tant vu de ministres enterrer de bonnes réformes qu’on ne lui aurait pas reproché de renoncer à une mauvaise. »

« Alors là, il fallait oser !, fulmine La Voix du Nord. Oser publier au Journal officiel le décret d’application d’une réforme du collège au lendemain d’une journée de grève et de manifestations suivie par au moins un quart des professeurs concernés. La méthode à la hussarde porte plus la marque de Manuel Valls que celle de la ministre Najat Vallaud-Belkacem qui va devoir maintenant gérer les conséquences de cet affront aux syndicats et aux enseignants déjà très remontés contre ses projets ! Le 'passage en force' dénoncé hier par les syndicats n’est jamais la marque d’un gouvernement en position de force. »

Enfin, Le Journal de la Haute-Marne accorde quelques circonstances atténuantes au gouvernement : « dans les faits, l’exécutif a voulu battre le fer tant qu’il était chaud, rendu confiant par l’échec relatif de la mobilisation d’avant-hier. Dans la foulée, il y a sûrement aussi la volonté de se dépêtrer de l’image d’hésitation ou d’immobilisme qui colle à la peau de ce quinquennat. Le pari est risqué, tempère le quotidien champenois. L’attitude du gouvernement peut passer plus pour de l’intransigeance mal placée que pour de la fermeté. Elle peut même radicaliser contre lui les enseignants, qu’ils aient fait grève ou non. »

La fin des 35 h dans les hôpitaux de Paris ?

A la Une également, un autre sujet de friction : la question du temps de travail des personnels hospitaliers à Paris qui appellent à la grève ce jeudi… « Avis de gros temps de travail sur l’hôpital », s’exclame Libération. « Les syndicats de la santé se mobilisent, ce jeudi, sur la question de la 'réorganisation' des horaires portée par le patron des établissements parisiens, Martin Hirsch. Un dossier explosif dans un secteur à bout. »

Pour le sociologue, spécialiste de la santé, Frédéric Pierru, interrogé par Libération, la mise en place des 35 heures à l’hôpital « fut une erreur. Tout le monde est d’accord, affirme-t-il, voilà une réforme qui a été mal pensée, faite pour des raisons politiques, sans prendre en compte des données essentielles comme la démographie des professions de santé, ou l’évolution des prises en charge. Les 35 heures ont débarqué brutalement à l’hôpital et elles ont percuté de plein fouet une politique défaillante de régulation des professions de la santé. Au final, on voit le résultat : une forte désorganisation. »

Alors, va-t-on vers une « remise en cause des acquis sociaux ? C’est toute la question, pointe Libération. Marisol Touraine, la ministre de la Santé, jure ses grands dieux qu’on ne touchera pas au totem des 35 heures. Ces fortes déclarations sont accueillies dans le scepticisme général : quand les crédits sont en baisse, les exigences en hausse et les effectifs à peine suffisants, on voit mal comment, estime le journal, l’équation pourrait se résoudre autrement que par un allongement - négocié - des plages horaires. Alors même que l’intensité du travail à l’hôpital - quiconque y a passé quelque temps le sait - laisse peu de place à la détente ou à la pause-café. Eternel face à face de la gauche et du réel… »

Un congrès du PS sans surprises ?

Le 77e congrès du parti socialiste : les militants vont devoir choisir ce jeudi parmi quatre textes celui censé définir l’orientation de leur parti. « Les 131.000 militants à jour de cotisation départageront ce soir les quatre motions en lice et détermineront la ligne du Parti socialiste pour les deux ans à venir, relève La Nouvelle République du Centre-Ouest. Uniques incertitudes : la mobilisation et le score final du patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis. De l’un et de l’autre dépendront l’ambiance de ce congrès, mais surtout le partage des postes pour la gouvernance du parti. En fonction des chapelles, bien plus nombreuses que les motions. »

« Pour les militants, qui se prononcent ce soir, la question est d’une simplicité toute bête : stop ou encore ?, s’exclame La Dépêche du Midi. Mais l’heure est-elle vraiment choisie pour ouvrir un nouveau front à l’intérieur de la maison socialiste, faire pression sur Manuel Valls et, à travers lui, défier François Hollande ?, s’interroge le journal. Les désavouer publiquement pour satisfaire les délices éphémères d’un congrès, ce serait alors courir vers une aventure incertaine qui en définitive affaiblirait tout le monde. »

Enfin, on revient à Libération avec cette enquête sur l’avocat Arnaud Claude, associé d’un autre avocat… Nicolas Sarkozy. Maître Claude, d’après Libération, aurait orchestré l’évasion fiscale des Balkany, le maire de Levallois et son épouse. Libération qui s’appuie sur plusieurs documents. Affaire à suivre…

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