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Revue de presse Afrique

A la Une: l’exhumation des restes de Thomas Sankara

Audio 04:31
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« Une autre étape décisive vient de débuter dans l’affaire Thomas Sankara, souligne le site d’information Lefaso.net. Après l’audition de son épouse Mariam la semaine dernière, place à l’exhumation des restes de l’ancien Chef d’Etat révolutionnaire assassiné le 15 octobre 1987 et probablement enterré au cimetière de Dagnoën avec 12 de ses compagnons. »

« Les travaux se sont déroulés loin des regards de la population et de la presse ameutées pour la circonstance, relève le quotidienSidwaya. L’impressionnant dispositif sécuritaire composé des éléments de la gendarmerie et de la police n’a pas permis aux journalistes et autres chasseurs d’images d’être des témoins-clés de cet instant solennel. Seules les personnes qui avaient un lien avec le dossier ont eu accès aux tombes. Il s’agit, entre autres, des parents et des avocats des victimes, de la police scientifique, du service des pompes funèbres, du juge d’instruction et des médecins légistes. »

Pour l’heure, deux tombes ont été ouvertes. Les travaux d’exhumation devraient se poursuivre ce mardi et sans doute encore demain mercredi.

Vers la lumière ?

Alors, « petit à petit, coup de pioche par coup de pioche, pointe le quotidienAujourd’hui, l’on s’approche de la lumière sur ce qui s’est passé, lors de ce virage décisif de l’histoire du Burkina. En effet, cette expertise génétique vise à se faire définitivement une religion de qui véritablement repose dans ces tombes depuis cet après-midi sanglant du 15 octobre 1987. Cette expertise devrait permettre également de connaître les causes et les circonstances du décès de Thomas Sankara et de ses “12 apôtres”, s’il s’agit bien d’eux. Pelletée après pelletée, on saura via les ADN, si ce sont bien les Patrice Zagré, Babou Paulin Bamouni, Gouem Abdoulaye… et bien sûr l’homme du 4 août 1983, qui ont été ensevelis dans ce cimetière. »

Toujours est-il, souligne encore Aujourd’hui, « que l’on retrouve les restes mortels de Sankara ou pas, on s’achemine vers la vérité historique : où repose véritablement l’ex-président du Faso ? Qui a tiré sur lui et ses camarades au Pavillon Haute-Volta du Conseil de l’Entente ? Qui est le commanditaire de ce régicide ? C’est seulement à ce prix, que les fantômes du passé pourront s’estomper et la vérité et la réconciliation tant serinées voir le jour. Les Burkinabè en ont besoin. »

Blaise a-t-il la conscience tranquille ?

Le Pays, autre quotidien burkinabé, rappelle que « cette affaire passionne et cristallise l’attention des Burkinabè depuis bientôt trois décennies. » Et « si Blaise Compaoré avait toujours été aux affaires, ce n’aurait pas été demain la veille que la lourde dalle de questionnements et de zones d’ombre qui pèse sur la tombe de son ex-compagnon et frère d’armes aurait été ouverte pour les besoins de l’enquête. On se rappelle que le 30 avril 2014, sous l’ancien régime, la justice burkinabè avait fini par se déclarer incompétente pour décider de l’exhumation ou non des restes de Thomas Sankara. Une “incompétence”, souligne Le Pays, qui avait de quoi renforcer beaucoup de personnes dans leur conviction que Blaise Compaoré n’a pas la conscience tranquille dans la mort de son frère et ami Thomas Sankara. […] Dans tous les cas, conclut Le Pays, si les expertises confirment que c’est bien Thomas Sankara et ses compagnons qui ont été enterrés à Dagnoën, ce sera un pas important vers la manifestation de la vérité. Dans le cas contraire, ce sera un gros pavé jeté dans la marre pour rien. En attendant, il faut croiser les doigts pour ne pas avoir de surprise qui viendrait compliquer davantage la situation. Mais il est vrai que l’accès à la vérité n’a pas de prix. »

Enfin, L’Observateur Paalga salue les autorités de transition : « le fait que cette exhumation tant attendue ait lieu constitue en soi un pari gagné à mettre à l’actif de la Transition. On se rappelle que le président Michel Kafando lors de la cérémonie de passation des charges avait promis d’autoriser l’exhumation des restes du leader de la Révolution burkinabè du 4 août 1983. Chapeau bas donc à l’actuel locataire de Kosyam, qui aura réussi en sept mois à faire sortir de terre un corps enfoui sous près de trois décennies de mystères. »

Toutefois, prévient L’Observateur Paalga, « de l’exhumation de la dépouille de Sankara à l’identification formelle des doigts qui ont appuyé sur la détente, il y a loin. Le nouveau pouvoir qui sera issu de la présidentielle d’octobre prochain marchera-t-il dans les sillons qui viennent d’être tracés par les autorités de la Transition ? Maintenant que la parole est aux tombes, chacun retient son souffle. »

 

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