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Revue de presse Afrique

A la Une: tempête politique à Madagascar

Audio 04:25
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Après 16 mois à la tête de l’Etat, le président Rajaonarimampianina a été déchu hier de ses fonctions après un vote des députés. Les députés qui lui reprochent d’avoir violé la Constitution à plusieurs reprises.

« Par un vote secret, 121 députés sur les 125 présents à l’Assemblée nationale se sont prononcés pour la déchéance du président Rajaonarimampianina, s’exclame La Gazette de la Grande Ile. Cette requête sera transmise ce jour à la Haute Cour constitutionnelle… » Plusieurs députés, cités par le quotidien malgache, estiment que le chef de l’Etat « a violé d’une manière grave et répétée la Constitution en ignorant notamment la disposition transitoire de la loi fondamentale l’enjoignant à mettre en place la Haute Cour de justice dans les 12 mois suivant son investiture. »

Le président malgache est également accusé de non-respect de la séparation du pouvoir entre exécutif et législatif, de non-respect du délai de promulgation des lois, d’ingérence dans les affaires de l’Assemblée nationale, de menace de dissolution de cette même Assemblée, et d’obstacle à l’instauration d'une commission électorale indépendante.

Et « si la Haute Cour constitutionnelle se prononçait pour la déchéance du chef de l’Etat, précise encore La Gazette de la Grande Ile, en l’absence du Sénat, l’intérim à la tête de l’Etat reviendrait au chef du gouvernement suivant les dispositions de la Constitution et suivant la jurisprudence de 1996 lors de la destitution d’Albert Zafy. » Qui plus est, « Hery Rajaonarimampianina ne pourrait pas se présenter à sa propre succession. »

Coup d’Etat institutionnel ?

Pour L’Express de Madagascar, autre quotidien malgache, il s’agit là d’un véritable coup d’Etat institutionnel. […] « Rajaonarimampianina avait signé son arrêt de mort, estime le journal, depuis qu’il avait signé les résolutions de la réconciliation nationale recommandant la dissolution des institutions dont l’Assemblée nationale. Le Premier ministre a eu beau expliquer aux députés il y a une semaine qu’il s'agissait juste de propositions dont l’application était facultative, les parlementaires ont préféré prendre les devants et couper l’herbe sous le pied du président. »

En tout cas, rien n’est encore fait officiellement, pointe L’Express de Madagascar : la Haute Cour constitutionnelle doit encore se prononcer. Mais, « même s’il est vrai que les motifs de déchéance paraissent tirés par les cheveux et n’ont qu’une petite chance d’être considérés par la Haute Cour, il faudra s’attendre à tout. Pour l’Assemblée nationale, c’est un quitte ou double. […] Et le pays est de nouveau dans l’impasse, soupire le journal, avec cette décapitation au sommet de l’Etat. Il n'y a pas encore de vide et le président détient encore la plénitude de son pouvoir mais il est évident que sa crédibilité, sa notoriété et son autorité en ont pris un sacré coup. »

Transparence ?

A la Une également, l’exhumation des restes supposés de Thomas Sankara et de ses compagnons d’armes au Burkina… La tombe de l’ex-chef de la révolution burkinabé a été ouverte hier. « A 45 cm sous terre, des restes d’ossement et de vêtements ont été découverts : ouf, s’exclame le quotidienAujourd’hui, on a au moins retrouvé un corps. » Reste maintenant à déterminer s’il s’agit bien de Thomas Sankara. Reste aussi à savoir si l’examen du corps pourra déterminer les causes de la mort de l’ancien homme du fort du Burkina.

Cette exhumation s’est déroulée dans une discrétion absolue. Les curieux et les journalistes ont maintenus à l’écart. Attention, prévient Le Pays, autre quotidien burkinabé, la justice doit absolument communiquer : « entre le droit légitime des Burkinabè à être informés de bout en bout sur les opérations d’exhumation des restes de Thomas Sankara et de ses compagnons et les mesures qui doivent être observées dans le cadre d’une instruction judiciaire digne de ce nom, les autorités de la justice doivent trouver une formule qui rassurerait au quotidien le peuple burkinabè, estime Le Pays. Elles doivent d’autant plus le faire que le dossier est à la fois judiciaire et politique et que les Burkinabè attendent depuis 28 ans d’en connaître les tenants et les aboutissants. D’où l’intérêt qu’il suscite au pays et au-delà, en Afrique et dans le monde. C’est pourquoi il faut communiquer pour éviter surtout les suspicions, martèle encore Le Pays. Car, tel que les choses se passent, il pourrait se trouver des gens qui croiront dur comme fer que si la presse a été tenue très loin des exhumations, c’est parce que l’on veut leur cacher la vérité et ce malgré la présence des avocats et des ayants-droit des victimes. »

 

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