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Invité du matin

Georges Katrougalos, ministre grec: «On ne veut pas réformer de façon brutale»

Audio 08:23
Georges Katrougalos, ministre grec de la Réforme administrative, au cours d'une intervention au Parlement grec, le 5 juin 2015 à Athènes.
Georges Katrougalos, ministre grec de la Réforme administrative, au cours d'une intervention au Parlement grec, le 5 juin 2015 à Athènes. George Panagakis/Getty Images

Georges Katrougalos, ministre grec de la Réforme administrative, est l'invité du Matin sur RFI. Il intervient en direct sur la question de la dette publique grecque au lendemain de la réunion des ministres des Finances européens au Luxembourg. Il répond aux questions de Frédéric Rivière.

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« La probabilité d’un accident sur la dette est dangereusement proche », s’est exclamé jeudi soir le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis.Pour sa part, le ministre grec de la Réforme administrative Georges Katrougalos « continue d’être optimiste ». « Les deux côtés ont intérêt à un compromis viable. Une faillite des négociations sera contre les intérêts de tous. Nous avons déjà fait beaucoup de concessions. Nous attendons que nos partenaires fassent la même », dit-il. « Lundi soir, un accord n’est pas seulement possible, mais souhaitable pour tout le monde. Et c’est le plus probable scénario. »

Pour le ministre, une sortie de la Grèce de la zone euro « serait une catastrophe pour le projet de l’unification européenne, parce jusqu’à maintenant, on a considéré que c’était un projet irréversible. Si on commence à envisager qu’on peut aller vers l’arrière, ça ne s’arrêtera pas à un pays parce qu’il ne s’agit pas seulement de la Grèce, il s’agit vraiment de ce qu’il va se passer au niveau européen. Ce n’est pas une question grecque, c’est une question européenne. »

La Grèce est prête à faire un certain nombre de concessions sur des demandes qui lui sont faites. « Nous avons déjà fait plusieurs concessions dont les privatisations qui, pour nous, étaient sur le plan idéologique très importantes, sur les impôts aussi. Mais on ne peut pas faire tout ce qui nous est demandé. Par exemple, on ne peut pas accepter des nouvelles réductions des pensions de retraites parce que déjà plus de la moitié des pensionnaires sont en-dessous du seuil de pauvreté ! Nous ne pouvons pas accepter des mesures additionnelles d’austérité, parce qu’elles vont léser sérieusement notre économie, qui est déjà victime des mesures prises ces cinq dernières années. »

« On ne veut pas réformer de façon brutale, et d'une façon qui va léser les plus faibles. Donc, nous voulons réformer tout notre système étatique et administratif, pas seulement parce nos partenaires européens nous le demandent, mais parce que notre Etat a besoin de réformes considérables. Il y a réforme et réforme ; par exemple, nous ne pouvons pas être d’accord avec une dé-régularisation additionnelle du droit du travail. Par contre, on veut réinstaurer les conventions collectives (…) »

Sur la déclaration de Christine Lagarde, « l’urgence est de rétablir le dialogue avec des adultes dans la salle », Georges Katrougalos tranche : « Vous comprenez que ce n’est pas l’esprit d’un dialogue sincère entre partenaires quand on fait des allusions comme ça. Nous voulons négocier avec des partenaires, pas avec une partie qui se sent plus fort que nous. »

Un audit sur la dette de la Grèce par des experts internationaux a été rendu hier. Il recommande très clairement à la Grèce de ne pas rembourser une dette jugée « illégale, illégitime et odieuse ». « Nous avons choisi de négocier avec nos partenaires, donc de ne pas prendre de décisions unilatérale. Mais une explication pareille est utile […] afin de connaitre ce qui s’est passé », décrypte notre invité. Quant à la question de la fuite des capitaux de Grèce, « certains médias internationaux donnent l’impression qu’ils veulent créer une prophétie " auto réalisatrice ", dénonce M. Katrougalos. Donc, il faut être très conscient qu’il ne faut pas parler légèrement pour des choses si sérieuses. Il faut avoir du sang froid. »

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