Accéder au contenu principal
Invité du matin

Nathalie Goulet : «Aucune raison de stigmatiser 7 millions de musulmans de France pour 2000 personnes qui dévoient l’Islam»

Audio 08:22
Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne et présidente de la commission d’enquête au Sénat sur l’organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux jihadistes en France et en Europe
Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne et présidente de la commission d’enquête au Sénat sur l’organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux jihadistes en France et en Europe nathaliegoulet.fr

Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne, présidente de la commission d’enquête au Sénat sur l’organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux jihadistes en France et en Europe est l'invitée du matin sur RFI. Elle revient au micro de Frédéric Rivière sur la proclamation il y a tout juste un an du califat du groupe État islamique et les derniers actes terroristes commis ces derniers jours.

Publicité

Sur l’efficacité du dispositif de surveillance et la récente loi française sur le renseignement :

« On se pose des questions, on se pose tellement de questions qu’on fait voter une loi qui, à mon avis, ne servira à rien dans ce genre de situation. On a des renseignements sur les gens en question puisqu’ils sont déjà fichés comme des gens dangereux et finalement, on a des gens fichés dont on a lâché la surveillance. Ca veut dire en clair qu’il faut améliorer ce fichier. On a demandé et répété à plusieurs reprises qu’il fallait un fichier de ces personnes en lien avec le terrorisme sur le modèle du fichier des délinquants sexuels : une fois que les gens sont fichés, on ne les lâche plus. Il faut que le fichier soit à jour et interconnectable [entre les différents services], ce qui aujourd’hui n’est pas le cas. »

« La réalité c'est qu'on manque beaucoup d'hommes et de moyens pour traiter les dossiers fichés «S». Le nombre de dossiers augmentant, les gens sont débordés et priorisent les dossiers. Des dossiers plus anciens ne sont plus traités ou suivis... »
 « En dehors d’un contrôle 24H/24, on pourrait très bien faire comme nos voisins britanniques et d’autres, quand ils ont été fichés « S », ils doivent se présenter tous les 10 jours ou 15 jours dans un service de police pour qu’on vérifie ce qu’ils font, où ils ont et physiquement aussi la façon dont ils se comportent. Il n’y a  aucune raison de stigmatiser 7 millions de musulmans de France pour 2000 personnes qui dévoient l’Islam mais ces 2000 personnes là il faut les surveiller. »

Nathalie Goulet ne partage pas du tout l’expression employée par Manuel Valls "la guerre de civilisation" : « Ca peut être une "guerre de modèle de civilisation" mais surement pas une guerre de civilisation : on n’est pas en guerre contre le monde arabo-musulman ni contre les musulmans de France c’est absurde », d’autant plus « quand on a des milliards de contrats avec l’Arabie Saoudite ou alors ce n’est pas très cohérent... »

« Je crois que les chaines d’informations en continue jouent un rôle qui est peut-être un peu dangereux [en diffusant] en permanence des  informations sans valeurs additionnelles parce que, dans les gens qui se radicalisent entre ceux qui se radicalisent et ceux qui passent à l’acte le déclencheur est tout à fait inconnu et parfois, la répétition de ce type d’images peut aussi déstabiliser des personnes. L’information et nécessaire et la liberté d’expression aussi (…) mais je crois qu’il faut une réflexion globale sur la façon dont on traite l’information. Aux Etats-Unis quand on attrape un terroriste, on en montre pas la photo, on ne lui fait pas de publicité on évite d’interviewer sa sœur, sa belle-mère sa grand-mère ou son oncle. »

Sur le nucléaire iranien :

« Je pense qu’il faudrait réintégrer l’Iran dans le concert des Nations. En ce qui concerne le nucléaire (..) je crois qu’il faut trouver un accord avec des très grosses garanties d’exécution, c'est-à-dire notamment un possibilité de retour en arrière si jamais l’Iran ne respecte pas l’échéancier qui lui est fixé mais je crois qu’il faut faire très attention de ne pas refermer une porte entrouverte qui politiquement est importante, économiquement est essentielle parce que c’est un marché énorme et qui, en plus d’un point de vu de la sécurité régionale serait extrêmement dommageable. »

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.