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Invité Afrique

RDC : «pas de combines pour un autre mandat de Kabila» pour le MLC

Audio 05:15
La députée nationale Ève Bazaiba Masudi, secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo, MLC à Kisangani en RDC
La députée nationale Ève Bazaiba Masudi, secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo, MLC à Kisangani en RDC mlc-rdc.org

La question d'un éventuel troisième mandat de Joseph Kabila après novembre 2016 provoque un vif débat. Hier à la même heure, vous avez entendu un partisan de cette option, le ministre congolais des Relations avec le parlement, Tryphon Kin-Kiey Mulumba. Voici aujourd'hui le point de vue d'une figure de l'opposition. La députée nationale Eve Bazaiba Masudi est la secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo (MLC), dont le numéro 1, Jean-Pierre Bemba, avait mis le président Kabila en ballotage en juillet 2006. En ligne de sa circonscription de Bassoko, dans la nouvelle province de la Tshopo, dans l'est du Congo, la numéro 2 du MLC répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

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RFI : Dans la majorité présidentielle, beaucoup disent que Joseph Kabila doit rester au pouvoir au-delà de novembre 2016 pour garantir la paix et la stabilité au Congo ?

Eve Bazaiba Masudi : Le fait pour Kabila de rester au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat, conformément à la Constitution, constitue une cause de l'insécurité.

L’argument des partisans d’un troisième mandat, c’est de dire que votre pays est immense, il y a plusieurs centaines d’ethnies et il n’y a que lui pour garantir la paix et la stabilité ?

Il n’y a pas que lui pour garantir la paix et la stabilité. C’est un argument qui ne tient pas debout face au délai constitutionnel. Kabila dirige ce pays de la manière que l'on sait. Il est venu d’abord par une succession qui ressemble à un coup d’Etat, et deux fois il a été très mal élu. Maintenant ça fait cinq ans qu’il dirige avec 46%, mais là, s’il doit aller au-delà du mandat tel que le lui permet la Constitution, c’est ça, la création de troubles dans notre pays.

Autre argument des partisans de Joseph Kabila, le pays est en train de décoller sur le plan économique grâce aux cinq chantiers lancés par le président ?

Le pays ne décolle pas, au contraire, le pays ne fait même pas du sur place. Il y a un nivellement vers le bas. Des cinq chantiers, Kabila n’en a réalisé aucun. Moins de 1% de la population congolaise a accès à l’eau potable, a accès à l’électricité, il n’y a pas l’accès aux soins de santé, non plus. Donc il n’y a rien qui a été réalisé par Monsieur Kabila. Les inaugurations qu’il est en train de faire aujourd’hui, c’est l’œuvre des ONG. Il a inauguré la piste de l’aéroport de Goma, ça a été réhabilité par des ONG.

Craignez-vous une tentative de révision de la Constitution ?

Ils ont commencé les stratégies de révision de la Constitution depuis longtemps. La majorité au pouvoir a tenté d’organiser des pétitions pour réviser la Constitution, ils ont tenté d’introduire dans la loi électorale des alinéas qui devaient nous amener au-delà du mandat du président Kabila, tout ça a été contré par le peuple congolais, même la stratégie actuelle d’avoir un dialogue politique à la recherche d’un accord qui va l’amener dans une période de transition pour aller au-delà de son mandat.

Il ne réussira pas, parce que le peuple congolais est debout comme un seul homme au respect de la Constitution. Finie, cette affaire de combines des partis politiques. Nous ne sommes pas d’accord à un dialogue qui va nous amener à des combines politiques pour prolonger le mandat de Kabila et violer ainsi la Constitution.

Et si le pouvoir ne l’entend pas de cette oreille, qu’allez-vous faire ?

Nous allons appliquer la Constitution parce que l’article 63 dispose que le peuple congolais a les droits de s’opposer à quiconque qui veut prendre le pouvoir par la force et gérer le pouvoir en violation de la constitution. Si le président de la République ose violer la Constitution en allant au-delà de son mandat constitutionnel, il va être poursuivi pour haute trahison conformément à la même Constitution.

L’opposition semble très affaiblie aujourd’hui. Côté UDPS, Etienne Tshisekedi est malade et séjourne en Europe depuis un an. Côté MLC, votre leader Jean-Pierre Bemba est en prison à la Cour pénale internationale, peut-être encore pour de longues années. Comment pouvez-vous faire face au pouvoir ?

L’opposition ne peut pas être réduite seulement à deux individus au-delà de leur charisme politique. Nous connaissons le charisme du président Tshisekedi de l’UDPS, nous reconnaissons le charisme du président Jean-Pierre Bemba du MLC. Mais actuellement pour cette question de ne pas aller au-delà du mandat présidentiel constitutionnel, c’est l’intérêt du peuple congolais qui est mis en jeu.

Souvenez-vous du mois de janvier 2015, comment le peuple congolais dans son ensemble, a dit non au fait d’aller au-delà du mandat du président Kabila en essayant de faire du subterfuge à réviser la loi électorale avant l’organisation des élections.

Etre une femme au milieu de tous ces hommes politiques, cela est-il difficile au Congo ?

Ce n’est absolument pas difficile. Eve Bazaiba a une très longue expérience politique d’une trentaine d’années, donc j’ai de très bonnes relations avec tous mes collègues hommes avec qui je travaille au sein du MLC.

Certains vous manquent-ils de respect parce que vous êtes une femme ?

Cette étape là, en ce qui concerne Madame Bazaiba, au Congo, est révolue depuis longtemps. Je préside aussi une commission parlementaire à l’Assemblée nationale. On ne met pas la question de la femme au premier plan, on met plutôt mes compétences.


En RDC, suite aux déclarations sur RFI du ministre chargé des relations avec le Parlement, Kin Kiey Mulumba faisant état d’un possible glissement du calendrier électoral et du possible maintien au pouvoir de Joseph Kabila, le 3e parti d’opposition l’UNC s’insurge. Dans un communiqué, l’UNC rappelle les délais constitutionnels auxquels est lié le président sortant et alerte la communauté internationale sur la volonté manifeste, selon le parti, du régime en place de se maintenir au pouvoir.

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