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Revue de presse Afrique

A la Une: le RSP fait de la résistance

Audio 04:36
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« Quand va-t-on vraiment respirer ? », s’interroge le site d’information burkinabè Lefaso.net . En effet, certains ex-putschistes du RSP, le régiment de sécurité présidentielle, refusent de déposer les armes, alors que l’unité a été dissoute par décret et les personnels réaffectés dans d'autres unités de l'armée burkinabè.

N’a-t-on pas voulu aller trop vite ?, s’interroge encore Lefaso.net : « les autorités ont voulu rattraper ce qu’elles auraient dû faire depuis longtemps, avec une batterie de mesures, prises peut-être sous le coup de l’émotion. (…) N’aurait-il pas fallu y aller par étape ? Désarmer en attendant la dissolution dans un contexte plus ou moins apaisé ? (…) Peut-être poussées par la pression, les autorités de la transition ont accéléré le processus de liquidation du corps. Ce qui peut tout naturellement froisser des hommes super armés qui n’ont plus rien à perdre. Ce qui est sûr, pointe encore Lefaso.net, c’est que le RSP, avec les derniers événements, s’est lui-même livré sur un plateau d’argent. Mais avec sa puissance de feu, il aurait fallu y aller avec tact. (…) On ose espérer, conclut le site burkinabé, que le drame qui semblait inévitable se conjugue désormais au passé. A ceux qui ont joué et ont perdu de savoir faire preuve de sagesse pour éviter le chaos. Aux vainqueurs aussi de se départir de tout orgueil, en voulant piétiner un adversaire déjà à terre. »

Complot extérieur ?

Pour leur part, les autorités de transition dénoncent la résistance du RSP et contre-attaquent en accusant les ex-putschistes de mobiliser des forces étrangères et des groupes jihadistes. Le général Gilbert Diendéré est une nouvelle fois montré du doigt, de même que le général Djibrill Bassolé, ex-chef de la diplomatie burkinabè sous Compaoré. Tout deux sont accusés d’intelligence avec l’ennemi extérieur pour déstabiliser le pays.

Le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou reste perplexe… « En attendant que le gouvernement apporte les preuves de ce qu’il avance, si d’aventure, c’était vrai, on se demande alors à quoi jouent ces deux généraux ? Pour le pouvoir ? L’un pour se venger d’avoir échoué au coup d’Etat, l’autre d’avoir été écarté par le Conseil constitutionnel dans sa course à la présidentielle ? Quoiqu’il en soit, soupire Aujourd’hui, lorsqu’un pays glisse dans cette situation où l’info côtoie l’intox, lorsqu’un pays a mal à sa transition, et qu’on conjecture sur son avenir à court et moyen terme, (…) c’est que l’heure est grave, et que le pays glisse vers un ravin. (…) Le Burkina Faso est, de nos jours, à la croisée des chemins, conclut le journal, avec, d’un côté des putschistes (ou ce qui en reste), de l’autre l’armée régulière et la majorité des Burkinabè, et au milieu, le pouvoir suprême, car c’est de cela qu’il s’agit. Qui pour bénéficier de cette dévolution du pouvoir ? Qui pour succéder à Blaise ? Les calculs machiavéliques foisonnent et dans ce Burkina de savane, beaucoup essayent d’avancer masqués, pour le malheur de tout le pays. »

En finir avec « Diendéré la terreur » ?

Pour Le Pays, autre quotidien burkinabé, il faut en tout cas en finir avec le général Diendéré : « comment se fait-il que celui qui avait fondé son 'prestige' et sa 'gloire' sur la répression féroce du peuple burkinabè et ce, pendant trois décennies, bénéficie encore du statut de citoyen libre ?, s’insurge le quotidien ouagalais. Sous d’autres cieux, Diendéré serait, dans le meilleur des cas, en train de réfléchir sur sa forfaiture en lieu sûr, dans l’attente de comparaître devant une cour martiale pour félonie et homicide volontaire. (…) Le service minimum que la République aurait dû assurer était de le mettre aux arrêts de rigueur et ce d’autant plus qu’il a reconnu toute sa responsabilité dans le malheur qui vient de frapper le pays et qui a traumatisé bien des Burkinabè. Certes, il a demandé solennellement pardon, mais cela ne suffit pas. »

Et Le Pays de conclure : « il ne faut traiter l’après putsch ni avec légèreté ni avec sentimentalisme. Le Burkina pourrait le payer très cher un jour. Car, le prochain coup de force de Diendéré ou d’un de ses compagnons d’armes pourrait être plus dévastateur. C’est pourquoi l’on ne doit pas se contenter de tuer le serpent sans en trancher, comme il faut, la tête. Tout le monde est prévenu, en tout cas, à commencer par les autorités de la Transition, qui ont l’ultime occasion de débarrasser notre pays de 'Diendéré la terreur'. »

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