Accéder au contenu principal
Chronique des matières premières

Le nouveau contrat mondial de coton fait la part belle à l’Afrique

Audio 01:53
Récolte du coton au Burkina Faso, l'une des principales ressources économiques du pays.
Récolte du coton au Burkina Faso, l'une des principales ressources économiques du pays. AFP/ISSOUF SANOGO

C’est aujourd’hui lundi qu’est lancé le nouveau contrat multi-origines de coton, à la Bourse de New York. Il inclut les cotons africains et concrétise la fin de la domination du coton américain sur le marché mondial.

Publicité

Le nouveau contrat multi-origine de coton voit enfin le jour sur le marché à terme ICE de New York et il fait la part belle au coton africain. C’est la fin d’une domination plus que séculaire du coton américain sur la formation des prix mondiaux, une domination qui ne reflétait plus l’état réel du commerce mondial, puisque le coton américain, s’il est encore le plus exporté, ne représente même plus 30% des échanges mondiaux.

Pourtant c’est le coton américain qui avait dicté des mouvements de prix aberrants à tout le coton mondial, comme la hausse vertigineuse des cours à plus de 2 dollars la livre en 2011, et leur rechute aussi violente. Certains négociants ne s’en étaient pas remis.

Le nouveau contrat mondial WCT proposé à partir d’aujourd’hui en plus du traditionnel contrat «Cotton n°2» américain, inclut désormais non plus une mais neuf origines de fibre : aux côtés du coton américain, seront couverts avec une décote ou une prime les cotons indien, australien, brésilien, et de cinq pays ouest-africains : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte-d’Ivoire et Mali, soit les trois quarts des exportations mondiales. Douze points de livraison sont prévus, non plus uniquement aux Etats-Unis, mais en Australie, en Malaisie, et à Taïwan, plus près du véritable centre de gravité de l’industrie textile mondiale.

Malgré la plus grande adéquation de ce contrat au marché international actuel, on ne peut pas prédire à l’avance s’il sera un succès : « les grands du négoce vont y aller prudemment dans un premier temps, commente Gérald Estur, expert du secteur, et les petits vont observer ce que font les gros ; il faudra aussi que ce contrat emporte l’adhésion des spéculateurs, qui servent de contrepartie. Les sociétés cotonnières africaines pourraient en théorie s’arbitrer avec ce contrat qui leur permet de livrer en Malaisie, mais le risque financier, en particulier des appels de marge, reste très grand. » C’est quoi qu’il en soit un meilleur instrument pour tous les opérateurs qui veulent s’arbitrer sur la fibre africaine. Et c’est une belle reconnaissance des origines africaines de coton.

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.