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Revue de presse française

A la Une: attentats de Paris, l’hommage

Audio 06:24
AFP

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Comme des stèles alignées sur les présentoirs des kiosques à journaux, les Unes du journal Le Parisien et de Libération, qui répertorient les noms des personnes assassinées lors des attentats du 13 novembre, ont tout, ce matin, des monuments aux morts. Au fond noir près, elles sont pratiquement identiques. Mise en page d‘autant plus solennelle que, pour Le Parisien, la cérémonie qui débutera par La Marseillaise à 10h30, heure française, aux Invalides ce matin, en présence du chef de l’Etat, et que vous pourrez suivre en direct sur RFI, est tout simplement « historique ». Cet hommage de la nation, c’est celui de « tout un peuple (qui) s’incline (…) sur 130 cercueils et qui enterre les siens ». Aujourd’hui, se recueille Le Parisien, le temps est « celui de l’union. Dans la douleur, mais aussi autour des valeurs de notre modèle républicain, énonce-t-il. A chacun d’entre nous de se réapproprier ces valeurs, de les défendre, parce qu’elles sont précieuses et fragiles. Et parce qu’on le doit à nos morts », médite le journal.

Piété partagée par Le Figaro, qui rend aussi hommage à « ces vies fauchées, ces destins brisés (lesquels) nous obligent. Demain, prêche le quotidien, si elle veut se montrer digne de ceux qu'elle honore aujourd'hui, la France, sans haine mais sans rien oublier, doit puiser en elle-même le courage de lutter contre la barbarie - et la force de triompher ».

Intitulé « communion », l’éditorial de Libération est du même tonneau, celui dont on tire le vin de messe. Car au cœur du drame, la société retrouve « le sens de la communion, l’instinct de la solidarité, la volonté de rester ferme sur ses valeurs, énonce Libé. (…)Touchée au premier chef, la «génération Bataclan» (…) dans le malheur, (…) reste debout ».

Attentats de Paris : la France pavoise

Deux semaines après les attentats, les Français sont également invités par leur président à pavoiser. Et là, les distinguos apparaissent. Car le présent est une chose, mais, en France, le passé en est une autre, et de taille.

Pour bien planter le décor, le journal L’Humanité fait une piqure de rappel à ses lecteurs (pas sûr, d’ailleurs, que ce soit ceux-là qui en aient le plus besoin). Mais, bon... Voici ce qu’écrit le quotidien communiste : « le drapeau tricolore a souvent été brandi par ceux qui voudraient effacer le bleu et le rouge - qui incarnent l'irruption du peuple de Paris au premier rang de la scène politique à l'aube de la Révolution française - pour ne garder que le blanc, souvenir de la monarchie ». Nous y voilà !

Ça, c’était pour le passé. Et pour le présent, L’Huma regrette ce qu’il appelle « l'injonction » à pavoiser aujourd’hui, car elle lui rappelle « des images des États-Unis ». Or, pour « certains », il n'y a qu'un pas « du patriotisme au Patriot Act », qui a placé les libertés « sous clef » outre-Atlantique, met en garde ce journal.

Taratata, lui répondent ses confrères ! Le drapeau tricolore, c’est « l'étendard de la France et de ceux qui se reconnaissent dans ses plis », lance le journal L'Alsace.

Ce drapeau « nous représente, confirme Le Courrier Picard. (Il) montre l'attachement à notre pays, (il) nous appartient à tous ».

Il a « trop longtemps été oublié par la gauche, banalisé par la droite, confisqué par l'extrême-droite », complète La Dépêche du Midi.

La Presse de la Manche évoque le profond « besoin d'un sens d'appartenance » à la Nation, raison pour laquelle le drapeau français « flotte aujourd'hui aux façades des maisons ».

Les drapeaux tricolores que l’on voit fleurir n’appartiennent pas à ce « registre passéiste et fermé », estime également Libération. Ils sont des « symboles républicains plus qu’identitaires », la marque d’un civisme « qui apparaît peu en temps ordinaire mais qui reste vivant dans l’inconscient collectif et qui se manifeste dans l’épreuve ».

Le Figaro n’écrit pas autre chose, en évoquant ces drapeaux tricolores à nos fenêtres, qui hier encore n'étaient bons « que pour les stades de foot » et ces Marseillaise partout entonnées à gorge déployée, « qu' « avant » on osait à peine fredonner ». Et le journal de se demander s’il faut y voir les prémices d'un « réveil français ».

Attentats de Paris : derniers vœux avant inventaire

Cette cérémonie aux Invalides devrait aussi marquer « la fin du deuil public ». C’est l’anticipation du journal L’Opinion, qui prédit que cette « séquence » sonnera le « réveil d’un peuple » sidéré et figé jusque-là dans l’effroi. Selon ce journal, c’est en effet ce vendredi que commencera le temps du « retour à la vie normale ». Par-là, ce quotidien entend les interrogations des Français sur le « pourquoi » de ces événements tragiques, sur « l’incapacité » du pays à tirer les leçons du passé récent, sur la réponse sécuritaire apportée par le pouvoir. Et, plus généralement, par cette fin de deuil public, L’Opinion annonce la reprise des bagarres politiques et des affrontements partisans. « Ce qui était indécent jusque-là deviendra légitime, prédit le journal. Et personne ne devra s’en offusquer ».

Chômage : le coup de tabac

Justement, déjà des commentaires sur le chômage, qui est en forte hausse en France. 42 000 demandeurs d’emplois de plus en octobre, c’est la « plus forte hausse du chômage depuis janvier 2013 », lance « en Une » Les Echos. Et c’est une « énorme désillusion » pour le gouvernement, souligne le quotidien économique.

C’est une « vraie douche froide », énonce sobrement Le Figaro, qui se garde bien, ce matin, de polémiquer sur le sujet.

Et pourtant, la tentation était manifestement grande, puisque Le Parisien ne manque pas de souligner qu’à dix jours du premier tour des élections régionales, ce résultat « rappelle cruellement la promesse non tenue de François Hollande d’inverser la courbe du chômage ».

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