Accéder au contenu principal
Aujourd'hui l'économie

Le Brésil s'enfonce dans la crise

Audio 03:31
L'économie brésilienne s'est contractée de 1,9% au deuxième trimestre par rapport au premier, entrant ainsi en récession.
L'économie brésilienne s'est contractée de 1,9% au deuxième trimestre par rapport au premier, entrant ainsi en récession. REUTERS/Paulo Whitaker

Après Standard and Poor's en septembre 2015, l'agence de notation Moody's envisage à son tour d'abaisser la note souveraine du Brésil en catégorie spéculative. Le ministre brésilien de l’Economie a estimé que si l’agence mettait sa menace à exécution, s’il n’y avait pas d’union trouvée, la note brésilienne serait alors un reflet de la réalité.

Publicité

Finies les années bénies, les années Lula commencées sous les meilleurs auspices. En 2003, le prix des matières premières explose, et le Brésil en est riche. Il a du pétrole, du soja, des minerais brigués par la Chine devenu l'un de ses premiers partenaires commerciaux. Pendant plus d'une décennie, le pays s'est donc retrouvé assis sur un tas d'or et a profité de cette manne pour en faire profiter tout le monde.

De grands programmes sociaux ont été mis en place, des millions de Brésiliens ont été sortis de la pauvreté, ont eu accès à la consommation. Un accès bien souvent à crédit cependant. Une classe moyenne a émergé. Mais la croissance brésilienne n'a pas su se diversifier. Le pays a tout misé sur les matières premières, et a oublié d'adopter une politique industrielle digne de ce nom. Le taux d'investissement dans le secteur industriel n'est que de 18 % du PIB au Brésil alors qu'il est de plus de 30 % en inde, 50 % en Chine.

Réveil brutal

Tant que la croissance était au rendez-vous, les Brésiliens ont pu jouer les cigales. Cumuler crédit à la consommation, et crédits immobiliers, s'endetter sans s'inquiéter, avec la bénédiction du gouvernement et sans rencontrer de difficulté pour rembourser leurs dettes.

Mais la croissance ralentit depuis 2012, le Brésil est même entré en récession cette année, la chute du produit intérieur brut devrait friser les 4 % en 2015. Avec ses effets en cascade : moins d'accès au crédit, moins voir plus de consommation, baisse de production, hausse du chômage... 8 % aujourd’hui, alors que le taux de chômage était de 4,8 % l'an dernier. Le pays est entré en récession et les prix s'envolent : l'inflation atteint les 10 %, du jamais vu depuis 2002.

Seul secteur épargné : l'agriculture

La devise brésilienne (le real) a perdu 30 % de sa valeur face au dollar en 1 an, ce qui a eu 2 effets : d'un côté les importateurs ont augmenté leurs prix, de l'autre, la faiblesse du réal a dopé les revenus des exportations provenant de l'agriculture. Du soja, du café du sucre, du maïs du bœuf qui s'arrachent sur les marchés, parce que vendus moins chers. Selon les prévisions du gouvernement, les revenus de l'agriculture devraient encore être record cette année, et pour la 6e année de suite.

Tout indique qu'il en sera de même en 2016. Une consolation. L'agriculture est un pilier de l'économie brésilienne, c'est 23 % du PIB, 40 % des exportations et c'est un secteur en croissance : 2,1 % sur les 9 premiers mois de l'année 2015. Les revenus de l'agriculture devraient atteindre les 128 milliards de dollars cette année selon le ministère brésilien de l'Agriculture. Mais la bonne santé de ce secteur ne suffira sans doute pas à sauver l'économie brésilienne.

Le Brésil le regard tourné vers les Etats-Unis et la Fed

Après de longs mois de tergiversation, la Réserve fédérale américaine devrait relever ses taux d'intérêt pour la première fois en près de 10 ans. Les conséquences de cette décision pour le Brésil pourraient s'avérer néfastes. Le relèvement des taux entrainerait une nouvelle chute du réal, un regain de l'inflation, des mouvements de capitaux vers les Etats-Unis, et aurait un impact sur la dette. Elle atteignait au début de cette année 65% du PIB brésilien, et le service de la dette, les intérêts payés représentent une très grande partie de la dépense publique au Brésil aujourd'hui.

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.