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Revue de presse Afrique

A la Une: crispations à Entebbe

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Les pourparlers inter-burundais ont débuté hier dans la cité ougandaise dans une ambiance plutôt glaciale. « Le président Yoweri Museveni a réussi à faire asseoir autour d’une même table la plupart des frères ennemis burundais dans le State House d’Entebbe, note le site d’informationGuinée Conakry Infos. La centaine de participants, représentant quelque quinze partis et organisations de la société civile, se sont retrouvés pour amorcer difficilement cet incertain dialogue, sous la présidence ougandaise. Des débuts poussifs, pointe encore Guinée Conakry Infos, chacun voulant faire entendre avec véhémence sa différence et imposer son point vue, sinon sa vision des choses. Les délégués de Pierre Nkurunziza, notamment ceux du CNDD-FDD, ont ignoré le Conseil national pour le respect de l’accord d’Arusha et la restauration d’un Etat de droit au Burundi (Le CNARED), composé à leurs yeux de putschistes et de félons prêts à déstabiliser le pays. L’opposition dans son ensemble a pourfendu le pouvoir burundais coupable, selon elle, de violences gratuites, d’assassinats ciblés et de surenchère politico-ethnique tous azimuts. »

Ledjely.com, toujours en Guinée, constate également ce dialogue de sourds : « toujours habités par une certaine mauvaise volonté, les représentants de Pierre Nkurunziza et ceux de son parti, le CNDD-FDD, sont arrivés à Entebbe, munis du récurent argument de la souveraineté et de nombreuses autres conditions et exigences dont l’objectif réel est de gripper la machine du dialogue. Le camp d’en face, conduit par le CNARED, la coalition anti-troisième mandat, ne s’est pas laissé démonter par les faux-fuyants du pouvoir burundais. Du coup, conclut le site guinéen, autour de Yoweri Museveni, dont la capacité à gérer la crise est de plus en plus remise en cause, le rendez-vous s’est vite transformé en un vaste dialogue de sourds, avec en perspective un nouvel échec quasi certain. »

Le quotidien Aujourd’hui au Burkina est plus optimiste… « Certes, reconnaît-il, il y a eu des fléchettes lancées de part et d’autre, mais assurément, la méthode Museveni a produit un déclic, et il faut s’y accrocher, surtout dans une crise aussi profonde que meurtrière dans laquelle est engluée le Burundi. Les accusations de rébellion et d’exécutions extrajudiciaires ont fusé, mais ce premier round est de bon augure. Et on peut parier que, malgré ses réticences, le pouvoir burundais sera au prochain rendez-vous du 6 janvier 2016 à Arusha en Tanzanie. Quant au CNARED, la coalition des oppositions, elle ne demande qu’à dialoguer, et à trouver une place dans ce pays. Y parviendra-t-on ?, s’interroge Aujourd’hui, avec d’un côté, un président qui a déjà entamé son troisième mandat controversé, et de l’autre, une opposition qui n’en démord pas ? Museveni, le Bismarck des Grands Lacs, a plus d’un tour dans son sac. »

Justice et réconciliation au Burkina

A la Une également, l’investiture ce mardi au Burkina, du nouveau président Roch Marc Kaboré… « Un nouveau pouvoir sur du Roch », s’exclame le site d’information Fasozine. « En conduisant plus ou moins à bon port, et en une année, sa transition, le Burkina Faso, estime Fasozine, vient de donner la preuve que ce pays dispose de ressources internes suffisantes pour écrire une nouvelle page de son histoire politique. »

« Ce mardi, sous la coupole du palais des Sports, va se produire une grande première dans l’histoire institutionnelle de ce pays, lance L’Observateur Paalga. La première passation de pouvoir dans les pures traditions républicaines entre deux civils et suite à des élections, au-dessus de tout soupçon. Et la Transition, il faut le dire, n’a pas réussi que cela. […] Elle a fait bien plus que ce qu’attendaient d’elle le peuple souverain du Burkina et la communauté internationale. »

Première priorité pour le président Roch Marc Kaboré, estime le quotidien Le Pays : la réconciliation et la justice… Le nouveau président « aura la lourde tâche de réconcilier les Burkinabè entre eux, pointe en effet le quotidien ouagalais. On le sait, le long règne de Blaise Compaoré et sa triste fin ainsi que la tentative de putsch, pour ne retenir que cela, ont profondément meurtri et divisé les Burkinabè. Il est impératif que le nouveau président s’attelle à colmater les brèches pour espérer restaurer et consolider l’unité nationale. Mais, cette réconciliation a un préalable : la justice. En effet, pour être vraiment sincères, pointe Le Pays, le pardon et la réconciliation ne peuvent faire l’économie d’une justice impartiale. Lorsque les coupables identifiés reconnaissent leurs crimes et sont sanctionnés comme il se doit, les victimes et/ou leurs ayants droit peuvent envisager le pardon. Le nouveau président du Faso devra donc s’atteler à faire régner une société de justice et de vertu. Cela doit se traduire dans sa gouvernance quotidienne et devra passer nécessairement par un choix judicieux des hommes qui seront commis à la tâche. »

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