Accéder au contenu principal
Revue de presse Afrique

A la Une: on a voté dans le calme en Centrafrique

Audio 04:10
© AFP/Pius Utomi Ekpei

Publicité

Premier pari réussi pour ce double scrutin présidentiel et législatif. « Malgré quelques difficultés enregistrées dans certains bureaux de vote de la ville de Bangui, les élections groupées de ce 30 décembre ont connu une forte participation des électeurs, pointe le RJDH Centrafrique, le site du Réseau des journalistes pour les droits de l’Homme. (…) Contrairement au vote référendaire du 13 décembre perturbé par des tirs et qui a connu peu d’engouement, les élections d’hier ont mobilisé plus d’électeurs et se sont déroulées sans coup de feu. Catherine Samba Panza, chef d’Etat de transition s’est félicitée de la tenue de ce scrutin, qui résulte l’attente de la population. »

Reportage de Jeune Afrique dans le quartier musulman du PK5 : « 'Regardez : je suis un citoyen, un vrai ! ' Sous le soleil de midi qui irradie la terre ocre de l’école Koudoukou, au quartier PK5 de Bangui, Mahamat lève son index où sèche l’encre qui a servi à prouver qu’enfin, il a voté. 'On nous enferme dans ce quartier, certains nous considèrent comme des étrangers, mais aujourd’hui nous avons prouvé que nous sommes centrafricains', s’exclame-t-il. Autour de lui, des centaines de personnes s’agglutinent en-dehors des bureaux de vote installés dans la grande cour de l’école. Femmes portant des bébés dans de larges tissus colorés, vieillards tâtonnant du bout de leurs bâtons de marche, jeunes profitant de l’occasion pour bavarder à l’ombre… Voici trois semaines, rappelle Jeune Afrique, des violences entravaient le vote référendaire dans cette même école. Mais pas de quoi apeurer les habitants : 'Si on ne vote pas, rien ne changera. Alors, on n’a pas le choix. Et puis, on n’a pas peur', martèle Fatima, mère de cinq enfants. Les Casques bleus qui fouillent à l’entrée, les patrouilles de véhicules blindés des Nations unies et de la force française Sangaris la rassurent… Ainsi que les groupes d’auto-défense qui ont pris le parti de sécuriser le quartier. Le quartier est à l’image de la capitale, relève encore Jeune Afrique, et selon les premières informations remontées des provinces, à l’image du pays : les gens se sont mobilisés en masse pour élire leur nouveau président et les quelque 140 députés qui siégeront à l’Assemblée nationale. »

« Les Centrafricains voulaient ces élections ! »

Et la presse ouest-africaine applaudit ce scrutin. A l’instar du site guinéen Ledjely.com : « Bravant appréhensions, peurs et ressentiments, les Centrafricains se sont puissamment mobilisés hier pour les élections présidentielles et législatives censées couronner un processus de transition qui n’a pas été des plus stables. (…) Le peuple de ce pays, à l’histoire mêlée aux coups d’Etat, mérite d’autant salutation et hommage qu’il a par ailleurs voté dans le calme et la discipline. (…) Il y a quelques mois, pointe Ledjely.com, on aurait pu voir dans la pression que la communauté internationale exerçait en vue de l’organisation de ces élections, une démarche potentiellement contreproductive. En contraste avec le climat délétère qui régnait sur place, cette exigence qu’en particulier Paris imposait aux autorités de la Transition, donnait l’impression que les partenaires occidentaux, craignant de s’être embourbés dans la crise centrafricaine, voulaient trouver une excuse électorale pour se retirer du pays sur la pointe des pieds. Eh bien, constate le site guinéen, en ce lendemain de vote, même s’il ne faut pas totalement balayer ces soupçons, il y a quand même lieu de reconnaître que les Centrafricains aussi voulaient de ces élections. Au vu de l’engouement et de la discipline que l’on a notés sur l’ensemble du pays hier, on peut se permettre de conclure qu’ils les désiraient même. »

Le quotidien Aujourd’hui au Burkina renchérit : « la joie des Centrafricains de participer à ces élections faisait beau à voir. Elle rappelle, en un certain sens, qu’il faut toujours placer un espoir dans le peuple africain et que des lendemains meilleurs l’attendent forcément. (…) Au regard des files devant les bureaux de vote sous haute tension, on peut dire que le taux de participation sera élevé. Quant aux résultats, qui ne seront pas connus avant plusieurs jours, des jours qui seront les plus longs de RCA, il faut espérer qu’ils seront acceptés par la trentaine de candidats à la présidentielle. En choisissant de voir la bouteille à moitié pleine, on peut affirmer, conclut Aujourd’hui, que le peuple centrafricain est arc-bouté à ce scrutin, mince et ultime espoir vers d’abord, un retour à la paix et pourquoi pas à une vie constitutionnelle normale. »

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.