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Revue de presse Afrique

A la Une: gueule de bois électorale en Centrafrique

Audio 04:09
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« Polémique autour des premiers résultats partiels de la présidentielle », s’exclame Jeune Afrique. « Passé l’euphorie de la mobilisation massive des électeurs centrafricains lors du premier tour, le 30 décembre dernier, la tension est montée d’un cran à Bangui dans l’attente des résultats. » En effet, constate Jeune Afrique, « dénonçant une “mascarade électorale”, une quinzaine de candidats à la présidentielle ont demandé l’arrêt des opérations de dépouillement. »

Pour l’instant, un peu plus d’un tiers des bulletins de vote ont été dépouillés et selon plusieurs sites d’informations, notamment le RJDH Centrafrique, le Réseau des journalistes pour les droits de l’Homme, l’ancien Premier ministre Faustin Archange Touadera serait en tête, avec 146 775 voix, suivraient ensuite Anicet George Dologuélé, Jean Serge Bokassa, Désiré Kolingba et Martin Ziguélé. Des résultats encore partiels donc… Les résultats complets devraient tomber en fin de semaine.

Fausse note ?

En tout cas, pour le quotidien Aujourd’hui au Burkina, « la fausse note tant redoutée est là. » Cette sortie de la quinzaine de candidats déçus « annonce des horizons sombres sur l’épilogue du scrutin. […] Ce comportement, aussi puéril que dangereux, poursuit le quotidien burkinabé, confirme tout le mal qu’on pensait de ces leaders centrafricains prompts à mettre en avant leur panse avant l’intérêt supérieur de la nation. […] Qu’il y ait eu des fraudes, cela est possible et même probable, mais qu’ils demandent l’arrêt des dépouillements, alors qu’on en est qu’à 30 % de l’opération, tout juste parce que l’un des trois outsiders, en l’occurrence Faustin Archange Touadera, a une courte échelle sur les autres, est simplement pitoyable, s’exclame Aujourd’hui. Les insuffisances et l’incompétence de l’ANE, l’organe chargé de ces élections, étaient connues de tous, d’où vient alors qu’on en vienne à voir subitement une “mascarade électorale” ? En quoi un outsider, Touadera, qui est en tête de ce scrutin pour le moment, est-il un mal en soi, pour peu qu’on attende la fin des opérations ? »

« C’est à n’y rien comprendre, renchérit Le Pays, toujours au Burkina. Pourquoi avoir mis autant de temps pour remettre en cause la régularité d’une élection que bien des observateurs ont jugé crédible et apaisée ? Les candidats contestataires auraient parlé d’irrégularités dans les opérations de dépouillement, on aurait pu les comprendre, tant elles traînent en longueur. Toute chose qui est propice aux rumeurs et aux spéculations de tout genre. En tout cas, avec cette polémique autour des premiers résultats de la présidentielle, on peut dire, toutes proportions gardées, que la RCA n’est pas encore sortie de l’auberge. » Et Le Pays de conclure : « le peuple centrafricain ne saurait être l’otage de ses hommes politiques qui, au nom de leurs propres intérêts, sont prêts à tout, quitte à dresser le bûcher contre leur propre pays. Il est donc temps de mettre tout le monde au pas, notamment les pêcheurs en eaux troubles, qui ne veulent pas d’un retour à la normale. »

Cafouillage ?

En tout cas, pointe L’Observateur Paalga, fraude ou pas, il y a tout de même à redire sur les opérations de dépouillement… Des opérations qui semblent « on ne peut plus laborieuses, pour ne pas dire bordéliques », s’exclame le quotidien ouagalais. « Ainsi, relate le journal, à l’intérieur du Centre de traitement des données, là où sont réceptionnés, validés et enfin saisis sur ordinateur les résultats des élections présidentielle et législatives, on pouvait ces jours-ci entendre s’invectiver des membres de l’ANE et des représentants de candidats criant à la fraude. Autre tableau navrant : la cour de ce bâtiment, protégé par des soldats des Nations unies, où on pouvait apercevoir des urnes pleines entreposées pêle-mêle et autant de procès-verbaux de décompte des voix dispersés sur des bureaux et laissés à la merci du moindre coup de ventilateur si ce n’est pire. Un vrai capharnaüm dans lequel même une vache ne saurait retrouver son veau. […] Dans de telles conditions, s’interroge L’Observateur, par quelle sorte de prodige espère-t-on que le verdict des urnes, quel qu’il soit, puisse être accepté par les différents acteurs de la scène politique centrafricaine ? Décidément le pays de Barthélémy Boganda court vers des lendemains électoraux houleux et susceptibles de faire rechuter le convalescent. »

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