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Revue de presse Afrique

A la Une: le nouveau gouvernement ivoirien

Audio 04:37
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Tout ça pour ça, s’exclame L’Infodrome. « Trois semaines de suspicions. La Côte d'Ivoire était comme arrêtée après le dernier Conseil des ministres de 2015, d’où est partie la rumeur, finalement fondée, d’un remaniement ministériel annoncé bouleversant. Et à la fin, rien que des mutations. (…) A la vérité, poursuit L’Infodrome, il n’y a rien de nouveau dans ce nouveau gouvernement qui consacre la sortie de quelques " vieux " ministres devenus quasi indéboulonnables et l’entrée de quelques jeunes gens, notamment des technocrates. Presque les mêmes têtes sont là. Sur 32 membres qu’ils étaient dans l’ancien gouvernement, seulement cinq sont sortis pour permettre à neuf autres dont quatre femmes de faire leur rentrée. On pourrait affirmer effectivement, qu’on " ne change pas une équipe qui gagne ". »

« Le président de la République et son Premier ministre n’auront pas opéré grand changement, renchérit L’Inter. Ils ont opté de faire du neuf avec du vieux en reconduisant la même équipe, à l'exception de cinq ministres sortants, remplacés par neuf entrants. (…) Outre ces cinq ministres débarqués, le reste du réaménagement n’aura été qu’un simple jeu de chaise musicale. »

C’était prévisible…

Finalement, rien d’étonnant, pointe L’Inter : « Au regard du contexte, en effet, il ne pouvait en être autrement dans l'option du chef de l’exécutif ivoirien qui annonce pour les prochaines semaines des challenges politiques déterminants. Alassane Ouattara a besoin d'une forte cohésion autour de lui pour réussir le référendum (sur la réforme de la Constitution) qu’il a lancé dès le renouvellement de son mandat. Idem pour le projet de " parti unifié " qu’il peaufine savamment dans l’ombre avec son " ainé " Henri Konan Bédié, le président du PDCI‐RDA, son principal allié. » Et il y a aussi « les élections législatives à venir. (…) Tous ces challenges ont certainement pesé dans le schéma des présidents Bédié et Ouattara qui, malgré leur volonté affichée d’un rajeunissement de la classe politique en opérant une cure de jouvence dans l’équipe dirigeante, ont dû se résoudre à recomposer avec les caciques de leurs formations politiques au gouvernement. Toute chose qui pourrait laisser entrevoir un autre véritable remaniement à la fin de cette année ou en début de l'année prochaine. »

« Espoirs déçus ! », s’agace de son côté La Tribune Ivoirienne. Espoirs déçus quand « Alassane Ouattara maintient à leurs postes, des ministres tels que Patrick Achi, Allah Kouadio, Adjoumani Kobenan, Mabri Toikeusse, qui totalisent entre 8 et 16 ans de présence de gouvernement. Eux, on peut simplement les considérer comme des intouchables. » Espoirs déçus, poursuit La Tribune, quand on voit le nombre de portefeuilles distribués, 36, « installant ainsi un gouvernement pléthorique, là où le chef de l’exécutif avait, sans doute, besoin de resserrer les rangs, de regrouper certains ministères. Cette équipe gouvernementale ne se distingue vraiment pas de celles qu’on a l’habitude de voir dans les pays africains endettés et pauvres. » 

Pied cassé ?

Dans la presse de la sous-région, les avis sont partagés… « L’éléphant attendu est arrivé avec un pied cassé », ironise Le Pays à Ouaga. Certes, reconnait le quotidien burkinabè, « le nouvel exécutif enregistre l’entrée de quatre femmes, portant ainsi le nombre de la gente féminine à neuf. L’on peut donc, sans risque de se tromper, dire qu’ADO a tenu sa promesse, en termes de renforcement du genre. Cela est à son honneur. »
Toutefois, au final, aucun opposant n’a rejoint l’équipe, comme certains s’y attendaient : « ADO ne semble pas se soucier trop de la réconciliation nationale », commente encore Le Pays. Le quotidien Aujourd’hui, toujours au Burkina, est plus indulgent : « Le capitaine Ouattara entend être un marin avisé (…). Et il est sur la bonne voie. Reste à concrétiser l’introuvable réconciliation, seul vrai grain de sable dans cette machine huilée. »

Péché mignon ?

En fait, pointe Ledjely.com en Guinée, « si on persiste à trouver un véritable bouleversement par rapport au gouvernement démissionnaire, on ne peut le trouver que dans le double départ de Gnenema Coulibaly et de Charles Koffi Diby, respectivement ministres de la Justice et des Affaires étrangères dans l’équipe sortante. Or, pour ces deux, le péché mignon aura été les ennuis judiciaires en France de Guillaume Soro. Que la négligence des deux ministres ait failli conduire à l’arrestation du protégé du président, voilà qui n’était visiblement pas pardonnable. Le président de l’Assemblée nationale et très probable successeur au sommet de l’Etat est décidément de ces personnalités sur lesquelles il convient de veiller avec une extrême vigilance. Pour avoir failli à cette mission de la plus haute importance, les deux ministres sont débarqués du navire. Ce qui devrait servir de leçon à ceux qui viennent de prendre la relève. Ainsi, les points sont sur les i. »

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