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Atelier des médias

Informer sous l’état d’urgence

Audio 49:30
Photo par "Nantes Révoltée"
Photo par "Nantes Révoltée" CC by-SA Nantes Révoltée

Depuis le 14 novembre 2015, la France vit sous le régime exceptionnel de l’état d’urgence. Proclamé le soir des attentats de Paris et de Saint-Denis, il a été prorogé jusqu’au 26 février 2016 et pourrait être prolongé de nouveau pour trois mois. Le projet de loi dit « de protection de la nation », débattu depuis vendredi 5 février à l’Assemblée nationale, propose également de l’inscrire dans la Constitution. L’Atelier des Médias a choisi de s’interroger sur les conséquences de cet état d’exception, en termes de liberté de la presse et de liberté d’expression.Comment couvrir l’état d’urgence ? Quelles limites impose-t-il à la liberté d’expression ?

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C’est la sixième fois en France que l’état d’urgence est appliqué depuis son inscription dans la loi, en 1955. Ce dispositif, prévu en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public ou de calamité publique, est dérogatoire aux libertés publiques. Son application, en 2015, vise « à renforcer les pouvoirs des autorités administratives et restreindre les libertés publiques » avec deux dispositions essentielles : les assignations à résidence de «suspects» et les perquisitions sans l’autorisation d’un juge.

Pour aborder la dimension informationnelle de cette mesure d’exception, nous avons invité Laurent Borredon et Camille Bordenet, journalistes au Monde, ainsi qu’Adrienne Charmet-Alix, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.

Pour une écoute de meilleure qualité, écoutez «Informer sous l’état d’urgence» sur Soundcloud.

"Informer sous l’état d’urgence" sur Soundcloud

Laurent Borredon et Camille Bordenet animent, depuis le 23 novembre 2015, un «observatoire de l’état d’urgence» sur le blog Vu de l’intérieur. En relatant l’application des mesures liées à l’état d’urgence, telles que les assignations à résidence et les perquisitions, ils rendent compte au quotidien de ce dispositif d’exception.

Depuis le 14 novembre 2015, La Quadrature du Net, association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet, recense les «joies (ou pas) de l’état d’urgence en France» et milite contre cette mesure. Ils ont publié le 27 janvier 2016, aux côtés de juristes, d’associations et d’universitaires, un document intitulé «L’urgence d’en sortir !». Le 30, ils étaient dans les rues de Paris pour manifester leur opposition à sa prolongation et son inscription dans la Constitution.

L’Atelier des Médias a également recueilli le témoignage de Mathieu Magnaudeix, journaliste à Mediapart et auteur du billet de blog «Les Censeurs», quelques jours à peine après les attentats du 13 novembre 2015. Il y relate comment des députés socialistes ont déposé un amendement visant à réactiver une disposition de contrôle de la presse, lors des débats en Commission pour actualiser la loi sur l’état d’urgence de 1955.

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