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Aujourd'hui l'économie

La Côte d’Ivoire, une économie en plein essor frappée par le terrorisme

Audio 03:30
Plage vide à Grand-Bassam en Côte d'Ivoire avec l'attaque qui a visée cette station balnéaire, le 13 mars 2016.
Plage vide à Grand-Bassam en Côte d'Ivoire avec l'attaque qui a visée cette station balnéaire, le 13 mars 2016. REUTERS/Luc Gnago

La Côte d'Ivoire, frappée dimanche 13 mars 2016 dans l'après-midi par un attentat islamiste à Grand-Bassam, est un pays en pleine renaissance économique. Le terrorisme peut-il compromettre sa trajectoire ?

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Parlons d'abord de ce qui va bien en Côte d'Ivoire, car vu de l'extérieur, c'est d'abord un pays qui fait envie sur le plan économique. Avec une croissance de l'ordre de 9 % depuis trois ans et des perspectives du même ordre pour les trois ans qui viennent, une inflation maîtrisée, et une relative stabilité politique, la locomotive de la sous-région attire de plus en plus les investisseurs. A en croire le cabinet Nielsen, c'est même devenu cette année le pays d'Afrique subsaharienne le plus attractif ; le Nigeria assis à la première place l'année dernière a été rétrogradé à la 4e et le Ghana voisin souvent cité en bon exemple du continent n'est que 9e. La Côte d'Ivoire a connu dans les années 1960 un vrai miracle économique. Après une décennie de guerre civile, elle serait en train de vivre un deuxième miracle, l'aube d'une nouvelle période de prospérité. L'équipe du président Ouattara y croit et a fixé le cap dès 2010 : faire de la Côte d'Ivoire un pays émergent d'ici 2020.

L'agriculture est toujours le principal moteur de l'économie

Avec le cacao qui remplit les caisses de l'Etat et fournit de copieux revenus d'exportations. La Côte d'Ivoire en est le premier producteur mondial. Mais elle pourrait faire beaucoup mieux encore si elle transformait elle-même une plus grande part de sa production. Cette conversion vers l'industrie est en cours. C’est l'un des principaux axes de son développement, appliqué à toute la production agricole. Le gouvernement a par ailleurs relancé l'activité minière. Avec bonheur. Malgré la chute des cours, les revenus miniers ont fortement augmenté l'année dernière grâce à la hausse de la production d'or. Enfin, en facilitant la création d'entreprises, en investissant dans la construction des routes, des chemins de fer détruits par la guerre, en installant la fibre optique à grande échelle, la Côte d'Ivoire se dote des infrastructures indispensables pour soutenir, accélérer son essor, la Côte d'Ivoire a priori souffre à peine du ralentissement chinois, contrairement aux autres pays africains producteurs de matière première.

Mais les Ivoiriens profitent peu de cette spectaculaire embellie

D'après les statistiques de la banque mondiale, 46 % de la population ivoirienne est considérée comme pauvre en 2015. D'après la même source, le produit intérieur brut réel a pourtant bien augmenté de 20 % entre 2012 et 2014. Mais les fruits en sont mal ou peu répartis. En termes d'emplois comme en termes de revenus. Cette croissance pour l'instant n'a pas suffisamment rejailli sur le bien-être de la population, surtout dans les campagnes. « Or, la pauvreté fait partie des terreaux pouvant nourrir le terrorisme fait remarquer ce matin l'éditorialiste ivoirien Alafé Wakili. Lutter contre le terrorisme, poursuit-il, c’est d’abord lutter contre la pauvreté ».

L'attaque menée hier dans la station balnéaire de Grand-Bassam va-t-elle remettre en cause la trajectoire de l'économie ?

Elle peut avoir des conséquences sur des secteurs ou des personnes précises. Sur le tourisme que la Côte d'Ivoire cherche à développer, ou encore sur la présence des expatriés qui peuvent redouter de nouveaux attentats. En règle générale, le terrorisme a une incidence relativement faible, et brève sur les performances économiques d'un pays. Il est encore trop tôt pour évaluer l'impact économique de l'attentat perpétré hier.

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