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Revue de presse française

A la Une: Terrorisme, fin de cavale pour Salah Abdeslam

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AFP

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« Capturés » ! C’est ce mot, lapidaire, le seul qui compose ce matin, la manchette du journal Le Parisien, au-dessus de la photo d’identité de Salah Abdeslam, l’homme le plus recherché d’Europe depuis les attentats du 13 novembre dernier à Paris, et d’une photo plus large prise durant l’assaut dans une rue de Molenbeek, où le terroriste présumé, arqué, tête baissée dissimulée par une sorte de cagoule blanche, avance sous la conduite de trois hommes en treillis, casqués et cagoulés, et qui le tiennent fermement sous la menace de leurs armes, couverts à l’arrière par un autre policier belge posté à l’abri d’une voiture, canon de son fusil d’assaut pointé vers une cible en hauteur de l’autre côté de la rue.
Même scène d’assaut policier, mais en plan plus large, à « la Une » du journal Le Figaro, sous ce titre, moins concis, plus complet que le précédent : « Abdeslam capturé : une victoire contre le terrorisme ».
A « la Une » de Libération, sur la dernière en date des photos de Salah Abdeslam, prise dans une station-service à la frontière franco-belge alors que le fugitif regagnait ses bases arrières une fois commis les attentats de Paris, un autre mot, le mot « bouclé », plus commun, moins académique que « capturé », mais qui a le mérite à lui seul de suggérer qu’avec cette arrestation, la cavale d’un des principaux auteurs de ces attentats est bouclée.

Terrorisme : le mystère Abdeslam

Qui est au juste Salah Abdeslam et quel rôle a-t-il vraiment joué lors des attentats de Paris ? La presse, ce matin, est tout sauf unanime. Même si tous les journaux sont d’accord sur son implication dans ces attentats, à la lecture de la presse, les avis, c’est flagrant, divergent à son sujet, entre ceux qui sont catégoriques au sujet du rôle d’Abdeslam dans les attentats de Paris. Ainsi, pour Le Figaro, il est « au minimum le “logisticien” du groupe Abaaoud (…) Sans doute même “l’artificier” ». Pour Libération, en revanche, le rôle « exact » de Salah Abdeslam dans les attentats de Paris « demeure extrêmement nébuleux », et évoque « l’énigme » Abdeslam.
De son côté, Le Parisien ne fait pas de détail. Selon ce quotidien, c’est un « salaud » qui a été capturé hier à Molenbeek. Carrément !
Les journaux français brossent aussi le portrait d’Abdeslam. Le Parisien lui reproche de manier « avec brio l’art de “la taquiya”, se fondant dans cette société “impie” dont il est autorisé à adopter les vices pour se dissimuler aux radars de l’antiterrorisme ». Ce quotidien rappelle aussi le comportement « suffisamment discret (d’Abdeslam) pour éviter d’être suivi par le service de prévention de Molenbeek chargé de détecter d’éventuels départs vers les zones djihadistes ».
A l’inverse, là encore, Libération souligne le caractère « flambeur » voire « un peu bling-bling » de Salah Abdeslam.

Terrorisme : victoire et soulagement

« On a envie de crier victoire, s’exclame en effet Le Figaro. Il faut pourtant raison garder tant la lutte contre le terrorisme islamiste est loin, très loin, d'être terminée. Mais l'arrestation de Salah Abdeslam est un incontestable succès. Quatre mois après les attaques de Paris, on n'osait l'imaginer, habitués que nous étions à voir les terroristes se jouer des frontières et des polices ». Mais ce quotidien ne mégote pas sa satisfaction. Car la capture de Salah Abdeslam « récompense le travail acharné et difficile des forces de l'ordre et des services de renseignements, dont on dit souvent qu'ils coopèrent mal. Belges et Français, œuvrant main dans la main, ont prouvé le contraire, se réjouit Le Figaro. Ensuite, rares sont les djihadistes appréhendés en vie ». Et sans attendre, le journal espère que le procès de Salah Abdeslam « permettra sans doute d'en savoir plus sur ces islamistes fanatisés, surarmés, organisés et déterminés ». Car, souligne le confrère, ces terroristes ne sont pas des « loups solitaires », mais au contraire, ils bénéficient de « bases arrière fortes de complices, qui les aident à préparer leurs crimes, à les accomplir puis à en protéger les auteurs ».

Victoire, c’est aussi le cri de L'Est Républicain« Victoire de la coopération policière franco-belge sur les fous de Dieu ». Victoire et « soulagement » également, donc. Ce qui n’empêche pas ce journal de l’est de la France de déjà se poser une « foule » de questions. « Comment, pendant plus de quatre mois, l'homme le plus recherché de France, d'Europe, voire du monde, a-t-il pu échapper à la gigantesque traque lancée à ses trousses ? (...) Cette arrestation est-elle le résultat d'une enquête minutieuse ou d'un simple coup de chance ? (...) Le destin s'est-il retourné contre lui ? En elles, toutes ces énigmes portent (au moins) une certitude : l'homme, qui a bénéficié d'un vrai soutien logistique et avait préparé son repli, est un pion important de l'Internationale de la terreur ».

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