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Revue de presse française

A la Une: Obama à Cuba

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Le président américain Barack Obama à son arrivée à Cuba, avec sa femme Michelle et ses filles, le 20 mars 2016.
Le président américain Barack Obama à son arrivée à Cuba, avec sa femme Michelle et ses filles, le 20 mars 2016. REUTERS/Enrique De La Osa

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Une nouvelle page d’histoire s’est écrite hier, estime Libération : « En posant le pied sur le tarmac de l’aéroport de La Havane, Barack Obama devait ressentir le poids de l’histoire et savourer le symbole de l’instant. Pour la première fois depuis la visite de Calvin Coolidge en 1928, un président américain en exercice se trouve à Cuba. Une visite de trois jours pour sceller le rapprochement entre les deux voisins ennemis de la guerre froide. »

L’impact politique pour les cubains est considérable et dans le même temps très risqué pour les dirigeants du pays. C’est ce que pointe Richard Feinberg, spécialiste de l’Amérique latine à la Brookings Institution, interrogé par Libération. « Vous avez Barack Obama, un dirigeant jeune, vigoureux et métissé qui ressemble au Cubain moyen. La comparaison est gênante pour la classe dirigeante cubaine, vieillissante, distante et majoritairement blanche. » Qui plus est, poursuit Richard Feinberg, « le paradigme de sécurité nationale à Cuba était basé sur la peur de l’impérialisme américain. C’était leur excuse pour le manque de pluralisme et les pénuries économiques. Quand vous recevez le président des Etats-Unis, qu’advient-il de ce paradigme ? Il s’évapore. Et cela, à mon sens, est une réussite majeure pour l’administration Obama. »

Le « soft power » des Etats-Unis…

En effet, renchérit Le Figaro, Obama « espère rendre l’ouverture irréversible. (…) Pierre blanche dans l’histoire heurtée des deux voisins que sépare un mince bras de mer de 150 kilomètres, mais surtout un océan idéologique, cette visite vise pour Washington à renouer le contact avec le peuple cubain, sans légitimer un régime castriste bien trop répressif pour être "fréquentable", malgré le rapprochement spectaculaire engagé en 2014. (…) Barack Obama place sa foi dans le "soft power" (la puissance douce) de l’Amérique, » poursuit Le Figaro, « et c’est essentiellement ce qui le différencie de ses détracteurs : lui préconise une ouverture du régime castriste par capillarité, à coups de devises étrangères, de flux touristiques, de visas simplifiés, d’échanges commerciaux et culturels. Persuadé que l’Etat policier bâti par les frères Castro, vermoulu jusque dans ses fondations, corrompu jusqu’à la moelle, va s’effondrer sous les coups de boutoir du "roi dollar". »

L’Humanité n’a pas la même analyse. « Ce revirement à l’égard d’un gouvernement cubain longtemps diabolisé, agressé, est une victoire pour Cuba, estime le quotidien communiste, et une défaite cuisante pour tous les prédécesseurs d’Obama, qui, malgré leur toute puissance, ne seront jamais parvenus à faire plier le peuple cubain et sa volonté d’indépendance. »

Survie économique

En tout cas, la porte est désormais entrouverte pour les investisseurs américains. « Les milieux économiques américains, eux, n’ont pas d’état d’âme, souligne Le Journal de la Haute-Marne. Ils commencent déjà à investir dans l’hôtellerie et la téléphonie. Tout est à refaire à Cuba, y compris le parc automobile composé essentiellement de belles américaines des années 50. Le régime castriste ne pouvait éternellement gérer un pays transformé en musée à ciel ouvert. Il ne faut pas être dupe : il cherche à assurer sa propre survie économique, tout en maintenant l’emprise du parti. Mais dans ce jeu subtil, ce n’est pas lui qui gagnera à long terme, pronostique le quotidien champenois : l’idéologie d’un communisme ranci n’a aucune chance de faire des convertis aux Etats-Unis. En revanche, le vent de la démocratie a de bonnes chances de s’engouffrer, peu ou prou, par la porte qu’entrouvre Raul Castro. »

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