Accéder au contenu principal
Revue de presse française

A la Une: Français et jihadistes…

Audio 06:16
AFP

Publicité

Quatre jours après l’arrestation à Bruxelles de Salah Abdeslam, Libération a mené l’enquête sur ces français qui partent faire le jihad auprès de Daech. Libération a réuni une base de données concernant 68 des 168 Français morts en Syrie et en Irak depuis 3 ans. Et « ce qui frappe » d’emblée, pointe le journal, « c’est la diversité des profils et des parcours. […] Des ados et des pères de familles, des Franciliens et des provinciaux, des jeunes en échec scolaire et des travailleurs, des personnes de culture musulmane et des convertis. »

Alors, s’interroge Libération, « le djihadisme, produit de l’exclusion sociale ? » Et bien pas forcément… « Une grande partie des combattants recensés avaient trouvé une place modeste mais honorable dans la société française. Certains étaient même des salariés qualifiés gagnant correctement leur vie et disposant de perspectives professionnelles. […] Le jihadisme, phénomène purement idéologique, culturel, simple dérive de la religion musulmane ? », s’interroge encore Libération. Et bien pas forcément… « Une fraction des partants pour la Syrie étaient des convertis, il y en a même un de père juif… et plusieurs autres étaient surtout de petits délinquants sans formation intégriste. »

Bref, pour Libération, « il faut se méfier du simplisme explicatif : il repose toujours sur une arrière-pensée. Ceux qui ne parlent que religion et culture veulent en fait incriminer l’islam en général, et donc l’immigration, alors que les musulmans sont eux aussi victimes du terrorisme, et de bons citoyens dans leur immense majorité. Ceux qui expliquent tout par les inégalités noient le poisson islamiste dans le sociologisme vague et veulent avant tout accuser les sociétés démocratiques, coupables d’on ne sait quel “post-colonialisme”. Ils oublient le rôle autonome des idéologies, et notamment celui de l’intégrisme islamiste, ennemi acharné de la liberté et de l’égalité des droits. »
 
Réformer l’islam

En tout cas, « la déradicalisation est un chantier prioritaire », s’exclame La Croix en première page. Hier, « le gouvernement a annoncé que les cellules de lutte contre la radicalisation associeraient des imams. » La Croix s’en félicite. Mais pour le quotidien catholique, « il reste un gros travail à faire au sein de l’islam pour couper l’herbe sous le pied à tous les prédicateurs de violence religieuse. Cet effort pour ouvrir l’islam à la modernité, contextualiser le Coran, introduire l’apport des sciences humaines, commence à se développer. On en veut pour preuve, relève La Croix, l’importance de la production intellectuelle de tous ces “nouveaux penseurs de l’islam”, qui commencent à se faire un nom en France. Mais ce n’est pas le rôle de l’État de s’impliquer dans un tel processus, tempère le journal. La tentation pour le gouvernement, constante en France, de peser sur l’organisation interne de l’islam est grande. Elle est contre-productive, tant elle est vue par les musulmans eux-mêmes comme une volonté de clientélisme, ou bien d’arrangements diplomatiques. C’est aux musulmans eux-mêmes de faire ce travail, conclut La Croix. Et cela nécessitera du temps. »

François Hollande va-t-il renoncer au Congrès ?

C’est dans ce contexte de lutte contre le terrorisme et de déradicalisation que le débat sur la réforme de la constitution, avec la déchéance de la nationalité et l’état d’urgence, ressurgit ce mardi.

En effet, pointe Le Figaro, « après le vote du Sénat, qui aura lieu aujourd’hui, François Hollande doit décider du sort de sa révision constitutionnelle. Trois options s’offrent à lui : limiter la réforme au seul état d’urgence, engager une navette parlementaire entre l’Assemblée et le Sénat ou renoncer purement et simplement à convoquer le Congrès de Versailles, où une majorité des trois cinquièmes est nécessaire. »

Au final, estime Le Figaro, « faute de majorité sur la déchéance, François Hollande pourrait renoncer au Congrès » et faire ainsi « aveu d’impuissance ».

« Assez ! », s’exclame pour sa part L’Humanité. « Ce projet de loi constitutionnel de protection de la Nation reste ce qu’il est, dangereux, porteur de divisions et sans rapport avec son objet. Il revient donc à François Hollande de le retirer. »

En fait, remarque La Dépêche du Midi, « à peine quatre mois sont passés depuis le discours de François Hollande devant le Congrès et chacun s’en est retourné à ses oppositions de principe : la déchéance de nationalité serait suspecte au regard des droits de l’homme et d’une partie de la gauche ; quant à la droite, pas question qu’elle approuve aujourd’hui ce qu’elle applaudissait hier, tout simplement parce que la proposition vient d’un gouvernement auquel elle ne veut surtout pas faire le moindre “cadeau”.Et La Dépêche de s’interroger : « marchons-nous sur la tête ? Sommes-nous aveugles et sourds ? N’entendons-nous pas le rire de Daech qui, décidément, se moque de nos pannes de mémoire ? »

Politique business…

On revient à Libération qui propose une double page sur la présidentielle au Bénin. Et sur la victoire de Patrice Talon. « Le business a pris le pouvoir au Bénin, s’exclame Libé. A l’issue du second tour, c’est un self-made-man, millionnaire en euros, qui a remporté la victoire. » Et le journal de s’interroger : « le pedigree de Talon, la success story personnelle de ce fils d’un simple cheminot, seront-elles suffisantes pour donner un nouvel élan à ce petit pays qui vit dans l’ombre de son immense voisin anglophone, le Nigeria ? Talon, qui a fait sensation en se présentant au bureau de vote lors du premier tour avec sa Porsche, n’a jamais caché sa puissance et sa fortune. Mais, pointe encore Libération, son CV quelque peu opaque ou sulfureux inquiète aussi certains observateurs, qui voient son arrivée au pouvoir comme l’achèvement d’une prise de contrôle total du pays aussi bien qu’une façon de parer à ses démêlés judiciaires en France ou en Suisse. »

Les Français à l’étranger : plus nombreux, plus jeunes

« Ils partent à l’étranger pour trouver un emploi » : c’est le grand titre du Parisien qui se penche sur ces Français, expatriés économiques… « 3 millions de Français vivent à l’étranger, près de 3 fois plus qu’il y a 25 ans », constate Le Parisien. « Le cliché de l’expat – un homme d’âge mûr, cadre d’une grande entreprise, envoyé loin de l’Hexagone dans des conditions très avantageuses avec femme, enfants, chauffeur – a du plomb dans l’aile…, affirme le journal. Aujourd’hui, de nombreux jeunes partent, presque baluchon sur le dos, dans l’espoir de décrocher sur place des contrats locaux. » Avec un écueil important, la protection sociale inexistante, relève Le Parisien.

« Côté destinations, 40 % des expatriés choisissent l’Europe et 15 % l’Amérique du Nord – Suisse, Etats-Unis, Royaume-Uni, Belgique et Allemagne constituent le top 5 des pays d’accueil. L’an passé, Cuba et la Birmanie (+15 %) ont néanmoins effectué une belle percée. »

Trois millions de Français qui vivent à l’étranger, donc, avec parmi eux de plus en plus de jeunes… « La France ne parvient plus à répondre aux aspirations de sa jeunesse, commente Le Parisien. La crise économique n’explique pas tout. Ce manquement est aussi le symptôme d’une société bloquée qui doit se réinventer pour trouver sa place dans le nouveau monde. »

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.