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Revue de presse française

A la Une: terrorisme, aux sources du cancer

Audio 06:15
AFP

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Il n’y a pas si longtemps encore, cette question, rares sont les journaux français qui auraient osé la poser. Comme le souligne La Nouvelle République, la ligne éditoriale en vigueur dans les rédactions en France pouvait à grands traits se résumer à la pusillanime sagesse orientale des trois singes « Ne rien dire, ne rien entendre, ne rien voir ».

Mais là, comme prise d’effarement, une partie de la presse française semble vaciller sur sa réserve. Hier après-midi déjà, le journal Le Monde, qui a eu accès aux procès-verbaux d’auditions de Salah Abdeslam par la justice belge, promettait en manchette des « révélations en cascade sur les failles des enquêteurs belges ». Dans la nuit, on apprenait qu’un des terroristes de Bruxelles avait été fiché par les Etats-Unis AVANT les attentats du 13 novembre dernier à Paris. Alors, ce matin, même si Libération, « en Une », souligne que les « jihadistes » sont « acculés » à Palmyre, en Syrie, et « sous pression » à Mossoul, en Irak, quelques journaux français clament ce qui s’apparente à un vrai « ras-le-bol » éditorial.

Il faut dire que cette question est, à tout le moins, délicate en France. Comme l’admet de façon on ne peut plus claire La Nouvelle République, nous autres journalistes avons « longtemps cru pouvoir nous en tenir à cela, considérant la question de l'islam et ses dérives incontrôlées dans nos sociétés. Nier l'évidence du mal et contenir la progression du cancer nous menaçant par des prêchi-prêcha, de la bonne conscience en granulés, des lieux communs confortables, beaucoup de paresse intellectuelle et une abyssale lâcheté ».

Seulement voilà, égrène le confrère, « il y a eu les attentats aboutis ou laissés en pointillés, Charlie, Villejuif, le Bataclan, le Thalys, Bruxelles, ces jours derniers. (...) Ces tragédies en rafale ne nous avaient pas complètement dessillés. Débats, slogans, mot d'ordre repris et reconduits, cérémonies mémorielles et bougies, nous tournions en rond puis retournions à nos petites destinées », confesse donc La Nouvelle République.

Plus maintenant. Et ce matin, après avoir souligné qu’en « fouillant dans le passé des assassins du 13 novembre à Paris et du 22 mars à Bruxelles, on retrouve la trace de ceux de Charlie Hebdo, de Mohamed Merah, de ceux du commandant Massoud en 2001, de Khaled Kelkal, chef du commando des attentats commis en France en... 1995 », le journal Le Figaro évoque « en Une » ce qu’il appelle « les origines du mal ». Mettant les pieds dans le plat, ce quotidien conservateur dresse ce constat : « La pieuvre islamiste est géante. Et elle ne cesse de se régénérer, de plus en plus vite. Elle grignote les quartiers délaissés par les pouvoirs publics. Elle y impose ses règles, sa loi, son idéologie. L'islam étant la première religion carcérale, elle est chez elle en prison. Là, elle recrute ses tueurs, petits ou grands voyous. Le passage de l'école de la délinquance à celle du djihadisme se fait sans mal, la seconde ayant besoin de l'argent de la première pour s'armer. (…) Les causes du mal sont également chez nous », bucheronne Le Figaro.

Terrorisme : la pieuvre

Une inflexion éditoriale qui fait débat dans la presse française. Avec en effet des nuances, et des appels à la prudence, comme celui de Sud-Ouest ce matin. « C’est comme si la capture d'Abdesslam puis les attentats de Bruxelles avaient créé un électrochoc pour s'attaquer vraiment aux réseaux djihadistes et accélérer une coopération européenne qui était restée jusqu'à présent scandaleusement insuffisante. Restons prudents, enjoint ce quotidien du sud-ouest de la France. (…) Mais, admet-il à son tour, il apparait désormais clairement à tous que les islamistes radicaux ont déclaré la guerre à nos sociétés démocratiques et à notre civilisation ».

Nuance également pour L'Alsace, mais les évidences sont là. Et ce quotidien de l’est du pays constate que la « toile d'araignée tissée entre la France et la Belgique prouve que l'État islamique a patiemment construit un véritable front militaire dans ces deux pays. (…) Les quartiers où l'islam radical a bénéficié d'une incroyable tolérance ont permis aux terroristes d'évoluer sans trop de soucis ».

Alors même si « d'Argenteuil à Palmyre, de Mossoul à Schaerbeek, Daech aurait perdu du terrain ces dernières heures, L'Est Républicain le martèle, comme la mafia, Daech est une pieuvre qui renaît de façon fratricide et protéiforme ».

Congo : le mouton enragé

En Afrique, la réélection de Denis Sassou N’Guesso, président du Congo, n’est pas du goût, c’est le moins que l’on puisse dire, de Loïk Le Floch-Prigent. C’est en homme libre de sa parole que l’ex-PDG de Rhône-Poulenc, Elf-Aquitaine, Gaz de France ou encore de la SNCF, et qui avait ensuite amorcé une vertigineuse descente aux enfers de la justice carcérale, s’indigne dans Libération contre Denis Sassou N’Guesso, qui vient en effet d’être réélu au premier tour.

N’ayant pas de mots assez durs contre le président congolais et ses proches, c’est surtout le « silence de toute la communauté internationale » qui navre Loïk Le Floch-Prigent. « Aucun député ou ministre ne s’est indigné. C’est ahurissant ! », s’étrangle-t-il dans Libé. « Ce qui est préoccupant dans l’immédiat, insiste-t-il, c’est la passivité de la communauté internationale. Si elle persiste, (les) jeunes (Congolais) la jugeront coupable de ce qui se passe dans leur pays. Il ne faudra alors pas s’étonner qu’ils soient un jour séduits par un groupe extrémiste qui conteste l’Occident, affirme celui à qui l’on avait affublé le sobriquet de « mouton noir » de la République. Ce qui se passe au Congo-Brazzaville pèsera sur la perception de l’Occident en Afrique », prédit l’auteur de La bataille de l’industrie, son dernier livre, édité chez Jacques-Marie Laffont.

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