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Revue de presse française

A la Une: le rétropédalage de François Hollande

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AFP

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Naufrage, désastre, gâchis, flop, fiasco, déroute, reculade, revers… Les journaux ne mâchent pas leurs mots ce matin pour qualifier la décision hier de François Hollande d’abandonner la révision constitutionnelle qu’il avait appelée de ses vœux après les attentats de novembre.

« On aura rarement vu cela, dans l’histoire de la République, soupire La Croix. Une débauche de déclarations, de prises de position, de débats dans la presse, de joutes parlementaires, tout cela pour aboutir à… rien. […] Tout se sera ligué contre ce projet, pointe le quotidien catholique. Le manque d’autorité du chef de l’Etat, les coups de menton du Premier ministre, les cassures au sein du gouvernement, les grandes divisions de la majorité et les petites habiletés tactiques de l’opposition. Au bout du compte, les dégâts sont considérables. […] Il est plus que temps maintenant de passer à autre chose. Parler un peu moins, agir concrètement un peu plus. »

« Un désastre, renchérit Libération. Jamais peut-être dans l’histoire politique française une initiative d’un président de la République n’aura atteint un résultat aussi éloigné de l’objectif affiché. Après les attentats du 13 novembre, François Hollande a souhaité une unité nationale au-dessus des partis, pour ressouder une France traumatisée. Il a récolté l’opprobre de son propre camp et le spectacle désolant du petit jeu politicien. […] Pendant des semaines, poursuit Libération, la France a débattu d’une invraisemblable question : faut-il mieux rompre l’égalité des Français devant la loi ou bien créer des apatrides, quitte à contredire l’article 15 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ? Hollande est évidemment le premier perdant de ce feuilleton. Il pensait qu’il y avait peu de risque à proposer une mesure souhaitée par son opposition et soutenue par l’opinion. Il s’est trompé en oubliant l’essentiel : on ne touche pas à la Constitution sans principes ni convictions. Il y avait dans ce pari trop d’arrière-pensées et de calculs. »

Comprenne qui pourra…

« Déchéance d’autorité », titre pour sa part Le Figaro. « Le premier – et principal – coupable est évidemment à chercher à l’Élysée, affirme le quotidien d’opposition. Que ne nous a-t-on pas seriné à propos du prétendu “génie manœuvrier” de François Hollande, le docteur honoris causa de la miraculeuse “synthèse” ! Il souhaitait contraindre les Républicains à lui assurer une éclatante victoire au Congrès. Le chef de l’Etat a simplement oublié – phénoménale bévue – qu’en allant sur les terres de la droite il s’exposait à la révolte de ses propres troupes. Ce qui arriva. Le PS nous a alors offert ce qu’il y a de pire en lui : des bavardages inutiles, des incantations outrées et de minuscules calculs. Il ne souhaitait pas être d’accord avec la droite, laquelle était d’accord avec François Hollande… Comprenne qui pourra. »

Mais attention, prévient Le Figaro, « après cette étrange bataille à fronts renversés, à laquelle les Français n’ont probablement pas compris grand-chose, les Républicains devraient s’abstenir de triompher trop bruyamment. Car il est à craindre que l’opinion publique mette dans le même sac tous ceux qui ont applaudi le discours du 16 novembre à Versailles – la gauche et la droite réunies – puis qui ont mis quatre mois pour gâcher ce rare moment d’unité nationale. Le Front national se délecte de tels signes d’impuissance. »

Non candidature en 2017 ?

Nouveau coup dur donc pour François Hollande ; son avenir politique s’en trouve d’autant plus hypothéqué… « François Hollande devrait commencer à envisager une retraite plus rapide que souhaitée, lance Le Courrier Picard. Même si cela implique une année législative quasi blanche et une non-candidature en 2017. »

En effet, le président serait en mauvaise posture s’il se représentait. C’est du moins ce que constate Le Monde au travers d’un sondage qu’il publie dans sa dernière édition et dont voici les grandes lignes : « François Hollande ne serait pas présent au second tour de l’élection présidentielle, quels que soient les candidats choisis à droite. Il n’obtiendrait que 14 % des suffrages face à Juppé, 16 % contre Sarkozy. Au premier tour, Marine Le Pen, avec 27 % des voix, arriverait en tête face à Nicolas Sarkozy et serait deuxième face à Alain Juppé. »

En fait, conclut Ouest France, François Hollande est « un Président sans majorité. Il n’a pas été élu pour créer des apatrides, pour installer une République sécuritaire, pour faciliter les licenciements, pour vendre des armes à des pays douteux. Il ne s’agit surtout pas ici de contester ce qui renforce la sécurité, dégrippe l’économie, nourrit l’exportation. Il s’agit juste de montrer la méprise entre ce pour quoi une partie de la gauche a cru élire François Hollande et la politique qu’il mène effectivement. […] Ce qu’il faut craindre, au sortir de cet épisode, affirme encore Ouest France, ce n’est pas que le pouvoir s’enlise, c’est que toute la politique, spécialement la fonction présidentielle, en sorte encore affaiblie. »

La loi El Khomri à l’épreuve de la rue

A la Une ce jeudi également, nouvelle journée d’action contre le projet de loi Travail… « La journée va être longue », promet Le Parisien. « Dans les airs, sur terre et sous terre, il faudra être patient aujourd’hui. La journée de grève contre le projet de loi El Khomri sur la réforme du Code de travail va perturber les transports. »

« La loi El Khomri à l’épreuve de la rue », s’exclame Le Figaro pour qui« la journée s’annonce suivie, beaucoup plus que celle du 9 mars, qui avait réuni entre 200 000 et 450 000 manifestants, selon les sources. Ce jeudi, la CGT prévoit près de 250 rassemblements, soit le double d’il y a trois semaines. Le mouvement de grève touchera la RATP, la SNCF, le trafic aérien, la télévision publique, les transports publics, les écoles et crèches à Paris et dans les villes de province… »

Pourtant, rappelle Le Figaro, « le projet de loi a été amendé une première fois par Manuel Valls. Se conformant aux lignes rouges de la CFDT, le Premier ministre a rééquilibré son texte vers les salariés, au grand dam du patronat. Malgré cette réécriture, la nouvelle version ne plaît toujours pas aux contestataires, car le cœur de la loi reste préservé : il permet aux accords d’entreprises, dans certains cas précis, de primer sur l’accord de branches et même sur la loi. »

Tourisme en Méditerranée : la panne…

Enfin cette enquête à lire dans Le Monde sur le tourisme méditerranéen… Et ce constat : « après avoir fui l’Egypte et la Tunisie, les vacanciers européens se détournent désormais de la Turquie. » En effet, précise Le Monde, « depuis un an, la vague d’attentats liée à la guerre en Syrie et à la reprise du conflit kurde complique considérablement les affaires. […] En février, le nombre de visiteurs étrangers en Turquie a chuté de 10 % par rapport à 2015. Et ce n’est sans doute qu’un début. […] De l’autre côté du bassin méditerranéen, la Tunisie est confrontée aux mêmes difficultés. Le nombre de touristes européens venus visiter la Tunisie a plongé de plus de 50 % en 2015 et les recettes de l’industrie touristique ont chuté de 35 %. »

Enfin à Paris, la fréquentation est également en baisse. Les Chinois, notamment boudent la capitale française. Avec des demandes de visas pour l’Hexagone « en recul de plus de 30 %. »

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