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Chronique des matières premières

Côte d'Ivoire: le cacao de la petite récolte difficilement exportable

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Un chargement de cacao en transit au port d'Abidjan.
Un chargement de cacao en transit au port d'Abidjan. AFP PHOTO/ ISSOUF SANOGO

En Côte d'Ivoire, la récolte intermédiaire de cacao a pâti de la sécheresse. Les fèves n'ont pas la taille minimum pour être exportées.

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La petite récolte de cacao n'est pas bonne en Côte d'Ivoire et elle sera difficile à exporter, estime le négoce. Les fèves récoltées depuis le début du mois d'avril sont beaucoup moins nombreuses que l'an dernier et surtout de très petite taille. La faute au manque de pluie après la floraison et à l'harmattan qui a soufflé comme jamais depuis 25 ou 30 ans. Cette année les fèves sont si petites, que pour réunir 100 grammes, il faut 130 à 140 fèves, quand la limite exportable exigée par le Conseil ivoirien du café cacao est de 120, ce qui est déjà une taille très médiocre – la norme est de 100 pour 100 grammes.

Pour obtenir la meilleure marchandise, les exportateurs privilégient les plantations du sud de la Côte d'Ivoire. Elles ont moins souffert de la météo, mais « tout le monde va faire la même chose, confie l'un d'entre eux, nous allons fatalement manquer de cacao exportable ». Même si les exportateurs atteignent la taille minimum imposée par le Conseil ivoirien du café cacao, en tamisant les fèves en amont, ils devront consentir des ristournes à leurs acheteurs étrangers. Car les machines à broyer d'Europe, des Etats-Unis ou d'Asie sont réglées pour des fèves plus grandes, en-deçà, les fèves s'échappent des roulements des broyeurs. Il y a aussi plus de coques, ce qui accroît les risques d'incendie dans les usines de broyage et cela s'est déjà produit dans le passé.

Actuellement pas plus de 20% de la récolte intermédiaire serait en mesure d'être exportée, et les choses ne devraient pas s'améliorer avant le mois de juillet, soit au milieu de la petite récolte. Les usines ivoiriennes de broyage pourraient certes traiter plus de fèves de petite taille, leurs machines sont adaptées à la récolte intermédiaire de cacao. Mais elles ne pourront pas absorber toutes ces petites fèves d'autant que la demande mondiale en produits transformés en Côte d'Ivoire est encore en dessous des objectifs du gouvernement.

Beaucoup de cacao de mauvaise qualité pourrait donc rester en brousse. Une perspective peu réjouissante pour les producteurs, alors qu'ils avaient bénéficié du maintien du prix minimum à 1 000 francs CFA le kilo.
 

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