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Aujourd'hui l'économie

Le chômage endémique, la plaie de l’Espagne

Audio 03:10
Quatre millions d'Espagnols sont aujourd'hui à la recherche d'un emploi.
Quatre millions d'Espagnols sont aujourd'hui à la recherche d'un emploi. REUTERS/Andrea Comas

Le chômage continue à baisser en Espagne, en avril, il a reculé de 2 % par rapport au mois de mars. Une bonne nouvelle à relativiser, car le taux de chômage demeure anormalement élevé.

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Parmi les cinq régions de la zone euro les plus touchées par la crise de l'emploi figurent une région grecque et tout de suite derrière, quatre régions espagnoles. Avec la reprise, la croissance a été très forte l'année dernière, de 3,5 %, et bien sûr la réforme du marché du travail, le chômage baisse régulièrement en Espagne, mais il concerne encore trop d'actifs, depuis trop longtemps. Quatre millions d'Espagnols sont aujourd'hui à la recherche d'un emploi.

En fait depuis plus de 5 ans, le taux de chômage dépasse la barre des 20 % de la population active. C'est une anomalie dans le paysage européen, où seule la Grèce fait pire encore. Le chômage structurel sera un boulet pour de longues années encore, à moins que le futur gouvernement ne prenne le taureau par les cornes et fasse de nouvelles réformes nécessaires pour rendre le marché de l'emploi plus efficace.

Le premier ministre sortant, le conservateur Mariano Rajoy, a pourtant déjà beaucoup assoupli le marché du travail

Il en a fait un argument électoral, considérant que le marché de l'emploi s'est amélioré grâce à ses réformes. La gauche socialiste d'un côté, Podemos de l'autre lui reprochent en choeur d'avoir un peu plus précarisé l'emploi. Ce débat a été central pendant les élections législatives de décembre et il va sans doute repartir de plus belle avec le nouveau scrutin organisé fin juin pour sortir de la paralysie gouvernementale actuelle. Mais cette controverse sur les réformes récentes fait complètement l'impasse sur les dysfonctionnements historiques du marché de l'emploi.

À l'époque de Franco, une partie des salariés ont bénéficié d'un statut en or leur garantissant quasiment un emploi à vie. Ils ont conservé ces rentes de situation tandis que les emplois précaires ont prospéré. Ce marché à deux vitesses est l'un des blocages persistants du marché. L'économiste espagnol Marcel Jansen, spécialiste des questions d'emploi préconise d'octroyer plus de droits aux précaires tout en abaissant le niveau de protection des emplois en durée indéterminée. Pour le moment aucun parti n'a repris ses propositions, sans doute contre-productive en terme électoral.

Le nombre de chômeurs de longue durée est une autre dimension préoccupante de la crise de l'emploi

Un million d'Espagnols, le quart des chômeurs inscrits, n'ont pas travaillé depuis au moins deux ans. Et beaucoup d'entre eux ont un faible niveau d'éducation. Quels emplois offrir à ces inactifs contraints ? Le bâtiment qui a absorbé la masse des travailleurs peu qualifiés jusqu'à la crise de 2008 n'est plus en mesure de remplir cette fonction et ne le sera pas avant longtemps.

Un vaste programme de formation pourrait remettre ces inactifs dans le circuit. Mais dépenser de l'argent public ne paraît pas vraiment compatible avec les exigences de Bruxelles. L'année dernière les comptes ont légèrement dérapé et la Commission demande de nouveaux efforts au gouvernement espagnol.

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