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Revue de presse Afrique

A la Une: les médias gabonais redonnent de la voix

Audio 04:46
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Les connexions internet ont été rétablies hier partiellement au Gabon, puis coupées à nouveau… Le temps tout de même pour les médias numériques de pouvoir s’exprimer.

« La presse assommée par la crise post-électorale », s’exclame ainsi le site d’information GabonActu. GabonActu qui revient sur le saccage de plusieurs médias, dont le quotidien pro-gouvernemental L’Union qui n’a toujours pas pu reparaître. GabonActu pointe également la paralysie d’internet. « La presse en ligne, très active et concurrentielle, est demeurée inactive. La rupture de la fourniture d’internet a paralysé toutes les rédactions des médias en ligne. Le retour progressif de la connexion est donc la meilleure des choses. A cause de toutes ces difficultés, les journalistes gabonais ont vécu la crise post-électorale en simples spectateurs. Laissant le terrain libre aux envoyés spéciaux des médias étrangers arrivés dans la capitale avec des moyens appropriés. »

GabonEco, autre site d’information gabonais, hausse le ton… « Impossible d’envoyer un sms et d’utiliser les applications de messagerie et les réseaux sociaux depuis la proclamation des résultats de la dernière présidentielle ! Tel est le supplice vécu par la population gabonaise pendant de longs jours. Surtout que les autorités gabonaises ou les sociétés de téléphonie mobiles n’ont daigné fournir aucune explication quant au préjudice subi par les populations. Du coup, poursuit GabonEco, on ne peut s’empêcher de voir dans un tel acte une volonté manifeste de museler l’opinion publique. D’ailleurs, certains observateurs du landerneau politique assimilent cette coupure à une atteinte pure et simple à la liberté d’expression. »

La démission du Garde des Sceaux

Avant la nouvelle coupure, les médias gabonais ont eu le temps de répercuter l’info de la journée : la démission du ministre de la Justice… « Séraphin Moundouga démissionne du gouvernement et du PDG, le parti présidentiel », s’exclame ainsi le site GabonReview.

Pour les commentaires, il faut aller les chercher dans la presse ouest-africaine. Et ils sont cinglants… Ainsi pour Le Pays à Ouaga, « Séraphin Moundouga préfère prendre le parti du peuple plutôt que de défendre un président mal élu. C’est à peine s’il n’accuse pas le pouvoir gabonais de mauvaise foi quand il affirme, qu’en sa qualité de ministre de la Justice, la loi organique de la Cour constitutionnelle lui permet, entre autres, de faire annuler une élection, “si les résultats annoncés ne sont pas conformes à la réalité”. […] Cette démission est la preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que le président Bongo veut opérer un passage en force. Espérons donc, conclut Le Pays, que d’autres défections suivront dans les jours à venir pour in fine laisser totalement nu le roi Bongo. »

« Les rats commencent à quitter le navire Bongo », renchérit Aujourd’hui, toujours au Burkina. « En empoignant son baluchon pour quitter la galaxie Bongo hier, le Garde des sceaux a pris une décision courageuse et a indiqué la voie à d’autres qui suivront nécessairement. […] Assurément, pointe encore le quotidien ouagalais, le spectre de l’interminable cahotement politico-militaire ivoirien s’installe au Gabon : deux présidents, des morts, des emprisonnements à la pelle, un pouvoir désormais recroquevillé sur les amis ou la famille, et une économie qui décélère. »

Silence pesant ?

Enfin, L’Observateur Paalga dénonce pour sa part, je cite, « l’indécent silence des Africains. Excepté le communiqué aussi laconique qu’ambigu de la Commission de l’Union africaine invitant au respect des institutions et des résultats, l’Afrique et les Africains observent un inconcevable mutisme face au drame d’un “pays frère”, pour reprendre cette expression bien galvaudée de chez nous. Le président tchadien, Idriss Deby Itno, pourtant président en exercice de l’organisation panafricaine ? Motus et bouche cousue. La Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale dont relève le Gabon ? Chuuuut ! » Et L’Observateur de s’exclamer : « pouvait-il en être autrement dans cette sous-région qui fait figure de trou noir démocratique où la quasi-totalité des présidents sont des champions olympiques en matière de tripatouillage de la Constitution ? Sur le reste du continent, pas le moindre murmure, poursuit le journal. Où sont donc passés les Macky Sall du Sénégal, Patrice Talon du Bénin, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Ibrahim Boubacar Kéita du Mali et leurs homologues d’Afrique australe ? […] Quand on voit l’indécent silence des Africains face à la tragédie qui se joue au Gabon, conclut L’Observateur Paalga, on ne peut que comprendre le tropisme français de Jean Ping. »

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