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Chronique des matières premières

Les entreprises de l'acier chinois poussées à la fusion

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Une pile de tuyaux en acier  dans une usine basée dans la province de Hebeï, en Chine.
Une pile de tuyaux en acier dans une usine basée dans la province de Hebeï, en Chine. REUTERS/Kim Kyung-Hoon

Deux géants publics de l'acier chinois, Baosteel et Wuhan, sont appelés à fusionner. Objectif de Pékin : moderniser le secteur chinois de l'acier.

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L'acier chinois va-t-il réussir sa restructuration ? En tout cas, les annonces de fusion se multiplient. Dernière en date et pas des moindres, Baosteel, le numéro deux chinois, et son concurrent Wuhan ont confirmé avoir entamé des discussions. Leur tandem formerait le numéro deux mondial de l'acier, derrière ArcelorMittal.

Ces deux groupes sont des entreprises d'Etat et donc pilotés par les autorités. Pékin a pour objectif de réduire la production chinoise d'acier, devenue excédentaire : sur 800 millions de tonnes annuelles, il y a 200 millions de tonnes d'excédents, écoulés sur le marché mondial, au grand dam des aciéristes américains et européens.

Opérer une mutation profonde de l'industrie

Le président chinois a redit son engagement lors du G20 à supprimer jusqu'à 150 millions de tonnes d'acier d'ici 2020, dont 45 millions de tonnes d'ici la fin de l'année. Mais il s'agit aussi d'opérer en Chine une mutation profonde de cette industrie.

La sidérurgie chinoise est jusqu'à présent majoritairement tournée vers les produits d'acier longs, pour construire toutes les infrastructures du pays, les routes, les ponts. Elle doit maintenant s'orienter vers les produits plats, ceux qu'on utilise pour fabriquer les carrosseries des voitures, et tous les biens de consommation domestiques : lave-linge, réfrigérateurs et autres.

Des conséquences sur l'emploi

Cette migration des produits longs au produits plats, que l'on a connue en Europe dans les années 1970-1980, à la fin des Trente glorieuses, est à peine entamée en Chine, explique un expert de l'acier. Et comme en Europe, elle aura des conséquences sur l'emploi. C'est pour cela que les provinces chinoises résistent à la restructuration en cours. Pour cela, et par peur de perdre des rentrées fiscales.

La fusion de Baosteel avec Wuhan sera donc un très bon test, d'autant que les deux groupes sont basés dans des provinces différentes, avec une concurrence frontale sur certains produits d'acier. Des entreprises de cette taille n'ont pas besoin de fusionner pour diminuer leurs capacités, souligne l'expert, mais elles serviront d'exemple. La démarche semble très politique.

 

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