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Revue de presse Afrique

A la Une: avalanche de critiques après la réélection d’Ali Bongo

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Trois jours après la confirmation par la Cour constitutionnelle gabonaise de la victoire d’Ali Bongo à l’élection présidentielle, c’est un sentiment de dépit, voire de colère, qui anime la plupart des médias du continent ce matin.

A commencer par les sites d’informations gabonais. « La rue ne manifeste pas de joie, soupire GabonEco, c’est dire que beaucoup de Gabonais n’ont pas adhéré au projet de société du président sortant ! Ali Bongo, lui-même, l’a ouvertement reconnu. C’est pourquoi il s’est engagé pour ce nouveau septennat à ne ménager aucun effort pour rendre à ses compatriotes leur dignité longtemps réclamée. Ce qui suppose qu’il lui faut aujourd’hui plus que jamais travailler à la réalisation de son projet de société, lequel a pendant sept ans tardé à prendre ses marques. »

GabonReview, autre site gabonais, hausse le ton : « comme à chaque élection présidentielle, le dernier mot est revenu à une Cour constitutionnelle qui n’a de sens que pour ceux qui croient encore aux institutions gabonaises bien que foncièrement corrompues. […] Les Gabonais n’ont jamais été aussi décidés à reprendre leur pays, s’exclame encore Gabonreview, et ceux qui ne l’ont pas compris finiront par comprendre qu’il n’y a pas eu de mot d’ordre, que c’est au fond de nous que “Ça suffit” résonne. Nous ne sommes pas une génération de moutons. »

Coup de semonce

Les critiques fusent également dans la presse ouest-africaine… Le quotidien Aujourdhui au Burkina renvoie dos à dos les deux protagonistes de la crise : « en vérité, écrit le journal, opposants et gens du pouvoir gabonais se disputent le gâteau national, qui s’amenuise du reste, depuis que le baril de pétrole a quitté les 100 dollars pour descendre à 50 dollars. Le septennat de Bongo fils, dont chaque jour s’apparentera à un chemin de croix, devra être réservé à tracer les sillons d’une gouvernance vertueuse et à l’avènement d’une nouvelle classe politique, dont les Bongo, Ping et Cie ou leurs rejetons ne devront pas nécessairement jouer les premiers rôles. Le Gabon est malade de toutes ces familles dont le métier est la politique et dont le pays a tout fait pour eux, mais qui, se sont avérés de véritables sangsues pour la patrie. »

Pour Ledjely.com en Guinée, « c’est maintenant que les choses sérieuses commencent pour Ali Bongo. Ayant volé la légalité, il devra se préparer à affronter le manque de légitimité. D’ailleurs, c’est comprenant ce handicap congénital de son second mandat qu’il s’empresse de solliciter le dialogue et de proposer un gouvernement d’union nationale. Sauf que rien de tout cela ne saura combler le vide laissé par l’adhésion authentique des électeurs. »

En tout cas, pointe LObservateur Paalga à Ouga, qu’« Ali Bongo ait vaincu à la régulière ou pas, que son challenger soit un mauvais perdant ou pas, une chose est sûre, ça ne peut pas continuer comme ça, surtout que la contestation de la confiscation du pouvoir, et de l’avoir par un clan s’accompagne d’une lame de fond sociale et économique qui rend le cocktail encore plus explosif. Et Ali aurait tort de prendre ce coup de semonce à la légère. »

L’influence de la Françafrique ?

Une autre voix, une autre opinion, celle de Mutations au Cameroun : « beaucoup de personnes ont fait l’amalgame entre Bongo père et Bongo fils. Ils portent le même nom certes, mais ils sont de tempérament opposé, estime le quotidien camerounais. Ali gère le patronyme, mais pas les options politiques d’Omar. Il a la volonté de faire ses marques, de prendre ses distances avec le paternalisme français au plan économique et au plan politique. Ce souci déplait à Paris, et il enthousiasme les masses africaines, affirme encore Mutations. Elles créent de par le continent des tribunes pour encourager et soutenir Ali Bongo. […] Personne ne voulait d’une alternance voulue par la Françafrique. La France, une fois de plus, n’a rien compris de l’Afrique, conclut le quotidien camerounais. Elle a trop misé sur le cheval Ping, maladroit et irrespectueux. La France a fait d’Ali “le résistant” au diktat colonial. C’est pour cela qu’il a été soutenu partout en Afrique. »

Enfin, à  egrés, cette charge de Liberté au Togo : « à la suite du coup de force électoral spectaculaire perpétré par Ali Bongo, est-il encore nécessaire, s’interroge le quotidien togolais, d’organiser des élections dans certains pays d’Afrique, surtout francophones ? […] La mascarade électorale gabonaise est typique, poursuit Liberté, de ce qui se passe dans nombre de pays africains francophones : le Togo, le Congo, le Tchad, le Cameroun etc. où les institutions impliquées dans l’organisation des élections sont toutes aux ordres du Palais. »

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