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Chronique des matières premières

L’Ecosse reçoit son premier bateau de gaz de schiste américain

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Forage d'exploitation du gaz de schiste, au Texas, le 22 juin 2010.
Forage d'exploitation du gaz de schiste, au Texas, le 22 juin 2010. Eddie Seal/Bloomberg via Getty Images

L’Ecosse produit de moins en moins de gaz, alors elle vient de recevoir sa première livraison de gaz de schiste liquéfié des États-Unis, par bateau. Ce GNL américain ne bouscule pas seulement la donne gazière au Royaume-Uni, mais dans toute l’Europe.

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L’Ecosse reçoit son premier bateau de gaz de schiste américain. Un comble pour cette nation qui tire une bonne partie de ses revenus des hydrocarbures. Mais les réserves de la mer du Nord s'épuisent et sont de plus en plus coûteuses à extraire. Quant à l’exploitation du gaz de schiste en Ecosse, elle est soumise à un moratoire. 27 500 m3 d’éthane liquéfié aux Etats-Unis ont donc été livrées au port de Grangemouth ce mardi 27 septembre, une commande sur le long terme de l'entreprise pétrochimique Ineos.
Après la Norvège, le Portugal et l’Espagne au printemps, le gaz liquéfié américain rejoint donc le Royaume-Uni.

L’Europe est redevenue un débouché intéressant pour ce GNL des Etats-Unis. Le coût de transport est amorti alors qu’il ne l’est pas en direction de l’Asie plus lointaine, où les prix du gaz se sont effondrés. Les infrastructures américaines de liquéfaction déjà construites, comme Sabine Pass en Louisiane, sont rentables : le prix du gaz de schiste américain reste très inférieur au prix européen. Pas sûr que de nouveaux projets de liquéfaction du gaz américain voient le jour, faute d'investissements, parce qu'on anticipe une remontée des prix du gaz américain. Le GNL américain restera donc marginal en Europe, 15 % peut-être de l'approvisionnement gazier.

Pourtant, avant même de traverser l’Atlantique, il aura complètement changé la donne gazière sur le Vieux Continent. En poussant le grand fournisseur russe Gazprom à s’ajuster, pour conserver 30 % du marché européen, son premier débouché. Le géant russe du gaz est entré dans une guerre des prix en Europe. Avec ses surcapacités de production et de transport, il peut se le permettre. Dans ses contrats à long terme, Gazprom a diminué voire supprimé l'indexation aux prix du pétrole, qui ont de toute façon plongé. Depuis l’automne, le géant russe vend une partie de son gaz aux enchères. Gazprom investit aussi dans le stockage du gaz en Europe et il mise plus que jamais sur le doublement de son gazoduc Nord Stream, malgré les obstacles à Bruxelles. Tout cela pour empêcher l’Europe de recourir davantage au gaz naturel liquéfié des Etats-Unis.

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