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Afrique économie

Impact Sourcing: une coalition pour l’embauche des jeunes en Afrique

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Getty Images/commerceandculturestock

La fondation américaine Rockefeller vient d’annoncer le lancement d’une coalition pour favoriser l’emploi des jeunes aux origines sociales modestes dans le monde et en particulier en Afrique. Les entreprises signataires s’engagent à étendre leurs recrutements aux quartiers périphériques pauvres et aux milieux ruraux, dans le secteur de la sous-traitance, pour des emplois d’auxiliaires comptables ou de techniciens pour les transactions numériques. Impact Sourcing, c’est ainsi que Rockefeller a baptisé cette démarche. Il n’est pas seulement question de philanthropisme et de charité.

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Offshoring, dumping, outsourcing : de nombreuses pratiques commerciales qui riment en « ing » sont raillés par une partie de l’opinion publique en Occident, mais l’Impact Sourcing que prône la fondation Rockefeller est une aubaine pour les communautés modestes d’Afrique. C’est tout du moins l’avis de Mamadou Biteye, le directeur Afrique de la fondation Rockefeller. « La démarche Impact Sourcing offre plus d’opportunités aux jeunes pour accéder à l’emploi, et surtout au premier emploi qui est extrêmement important pour développer des compétences transférables, et leur permettre d’avoir une mobilité tant horizontale que verticale ».

Selon Biteye, l’Impact Sourcing permet aussi aux entreprises de stabiliser le coût de la masse salariale. « L’objectif n’est pas de payer ces jeunes à des salaires moins élevés que les employés traditionnels, mais le problème des entreprises est que le pool de talents est très exigu. Et cela tend à alimenter la hausse des salaires. Elargir ce pool de talents permet de contenir cette tendance à la hausse. »

Un financement de 100 millions de dollars

La coalition pour l’Impact Sourcing s’inscrit dans le programme « Digital Jobs Africa Initiative ». Lancé par la fondation Rockefeller en 2013, il est doté d’un financement de 100 millions de dollars sur sept ans.

L’opérateur téléphonique Vodacom, présent dans une demi-douzaine de pays en Afrique, a choisi de rejoindre la coalition. L’initiative permet à Vodacom de remplir une partie de ses obligations sociétales, alors qu’un jeune sur deux est sans emploi en Afrique du Sud. Elle permet aussi à Vodacom de dégager des économies. Les jeunes d’origine modestes sont souvent plus fidèles. Des études montrent que les salariés issus de l’Impact Sourcing permettent de réduire de 50 % le turn-over dans les entreprises.

Cela compte beaucoup, explique Vuyani Jarana, patron de Vodacom business. « Lorsqu’il y a beaucoup de roulement et de départs, il faut lancer des recrutements et former les nouvelles recrues, tout cela coûte cher ! Et puis ce turn-over a un impact négatif sur la qualité du service clients, car les clients doivent sans cesse s’habituer à de nouveaux interlocuteurs. Les employés recrutés par le biais de l’Impact Sourcing restent bien plus longtemps dans l’entreprise et cela soulage nos finances. »

Participer au financement d'académies

Vodacom s’engage dans le cadre de la coalition pour l’Impact Sourcing à participer au financement d’académies pour permettre aux jeunes d’acquérir un minimum de connaissances. « L’univers numérique est aujourd’hui plus simple et à la portée d’un plus grand nombre. Il n’est plus restreint aux ingénieurs informatiques. Mais il faut tout de même un minimum de connaissances et il faut savoir gérer les clients. En Afrique du Sud, des académies sont déjà en place, mais la coalition doit créer des répliques dans le reste du continent, et s’assurer que le secteur privé participe, car c’est un impératif pour notre business. »

Une quarantaine d’entreprises ont déjà rejoint la coalition. Leurs adhésions n’impliquent aucun engagement contraignant.

 

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